‹ De l'Hystérie chez les enfantsChapitre 14 sur 34 · Richer. Loc. cit., p. il · texte numérisé non relu

Richer. Loc. cit., p. il

les formes les plus légères de cetle variété de l’hystérie, ces troubles psychiques ne marchent pas seuls. Toujours ils sont accompagnés de phénomènes somatiques plus ou moins accusés et dont nous allons parler maintenant.

Ceux-ci consistent en une sensation vague de boule qui, remontant du creux épigastrique, viendrait étreindre la gorge des malades, en fourmillements dans les bras ou les jambes, en sensations de froid ou de brûlure courant dans les membres. Quelquefois apparaissent des plaques d’anesthésie disséminées ça et là, sans ordre ni symétrie, apparaissant brusquement, disparaissant de même pour revenir ensuite. C’est, chez la petite fille, un point douloureux dans la région de l’ovaire droit ou gauche, souvent au même endroit chez le jeune garçon, c’est-à-dire dans la fosse iliaque ; quelquefois, chez lui, c’est le testicule qui est douloureux. A ces symptômes se joignent des crampes, des hoquets convulsifs, des spasmes pharyngiens, une légère dyschromatopsie et là se bornent les phénomènes somatiques.

L’affection peut se limiter là. c’est-à-dire que c’est aux phénomènes psychiques que revient le premier rôle, ils sont au premier plan sur la scène pathologique. C’est ce premier degré de l’hystèrie infantile qui n’a pas été assez étudié, c’est lui qu’on a nié longtemps et c’est pour cela qu’on a été si longtemps à reconnaître la présence de l’hystérie chez l’enfant. Ajoutons que la névrose peut passer telle qu’elle chez l’adulte, sans s’aggraver et c’est encore parce qu’on ne l’avait pas étudiée à cet état embryonnaire pour ainsi dire, à cet état de larve, qu’on n’a pas vu le nombre considérable d’hystériques dont on est

Peugniez ^

entouré dans le monde. Le jour où l’hystérie, à cette période d’ébauche, a été connue, les yeui qu’on avait appris a regarder se sont ouverts et ont vu, et alors on s est écrié :

« mais jamais on n’a vu tant d’hystériques ! » Hélas î ü y en a probablement toujours eu à peu près autant ; seulement autrefois on passait à côté sans les voir, puis petit a petit on a appris à distinguer ces malades, les plus bruyantes, les plus tapageuses d’abord, et maintenant nous savons découvrir la névrose à peu près partout où elle se cache, même lorsqu’elle s’abrite le plus modestement et dans le plus profond silence.

L’hystérie non convulsive peut cependant emprunter aux caractères somatiques une gravité plus grande que celle que nous avons décrite tout à l’heure. Nous avons voulu procéder du simple au complexe et nous avons dépeint d’abord la forme la plus atténuée de l’hystérie non-convulsive : mais on peut voir s’ajouter aux symptômes précités tous les désordres que nous décrirons tout à l’heure au chapitre intitulé : « phénomènes intermédiaires aux attaques » sans pour cela qu’une seule attaque soit venu mettre le cachet sur la maladie. C’est ainsi cpie la symptomatologie de cette variété larvée de la névrose peut revêtir toutes les formes possibles : anesthésie, hémianesthésie, paralysie, contractures, spasmes, vomissements, péritonisme, achromatopsie, amblyopie, etc., etc. Nous décrirons tous ces accidents au chapitre indiqué plus haut; mais nous ne saurions trop y insister : l’hystérie non convulsive peut exister sans eux chez l’enfant comme chez l’adulte et elle y est -beaucoup plus fréquente, surtout chez la petite fille, qu’on ne le croit généralement. Tous ces accidents ne constituent que le fond

— Al —

et comme le décor changeant de la scène. Les vrais acteurs du drame pathologique, ce sont les troubles de l’intelligence ou de l’affectivité.

Page 1