CAUSES DÉTERMINANTES
Les causes déterminantes à elles seules sont incapables de produire l’hystérie. Il faut que la maladie ait été pour ainsi dire préparée de longue main par la prédisposition pour que leur action devienne manifeste. La cause déterminante est donc de minime importance : c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase, c’est l’occasion plutôt que la cause vraie de l’apparition des premiers symptômes hystériques. Quelquefois même, elles font défaut, et on voit éclater la maladie sans qu’il soit possible d’en trouver une explication légitime ailleurs que dans la prédisposition.
Mais il est certain que le plus souvent, on peut trouver un fait qui a été la cause du début de l’affection, et voici d’après Briquet, quelles ont été les causes déterminantes de l’hystérie chez 79 enfants de moins de treize ans.
Les mauvais traitements infligés par les parents chez 18, la frayeur vive chez 8, l’ennui dans la pension chez 3, les contrariétés et le chagrin chez 3, les émotions morales, la colère chez 2, les cérémonies de la première communion chez 1 ; la chlorose et la saignée chez 2. Et Briquet ajoute :
« Enfin, chez 43 malades, la maladie s’était développée « sans causes déterminantes appréciables, parce que, « d’une part, le début de la maladie s’était fait à un âge « où le souvenir du passé avait dû se perdre, et, d’autre t part, parce que les enfants qui sont atteints d’hystérie « dans leur bas âge, le sont sous l’influence de prédispo-
« sitions héréditaires très prononcées, et en quelque sorte t par le fait seul de leur constitution impressionnable. »
En somme, les causes physiques qui déterminent le plus facilement l’hystérie infantile sont les mauvais traitements des parents : comme autres causes physiques on peut citer, une chute, un accident, un traumatisme chirurgical.
Comme causes morales, les émotions vives et inattendues tiennent la première place, et parmi celles-ci il faut surtout insister sur les émotions pénibles. En voici m exemple : •
Observation I
me de 0 nze ans. Père mort aliéné. - Effroi au moment d’un , incendie.
W. (Claire-Berthe), âgée de onze ans, est entrée à la Salpêtrière le 6 novembre 1880. Son père est mort fou à l’asile de Ville-Evrard. Sa mère est vive, irascible, emportée, violente.
Au moment de son entrée, elle avait depuis deux mois et demi des attaques d’hystérie avec constriction à la gorge, boule hystérique, et rapportait qu’elle n’avait jamais de crises que lorsqu’on l’avait contrariée. Toutefois, c’est à la suite d’une grande frayeur, motivée par la vue d’un incendie, que l’enfant a éprouvé la première manifestation convulsive.
Elle est intelligente, elle a de la mémoire, et s’occupe activement à l’école, mais elle est étrange, capricieuse, mobile, et cherche constamment. à attirer l’attention sur elle, sur sa tenue, ses devons ou ses petits travaux à l’aiguille. Elle se met constamment en scène et minaude en parlant (1).