CHAPITRE V
Marche. — Terminaison. — Traitement.
Gomme on a pu le voir dans le courant de ce travail, l’hystérie, consécutive à la grippe, s’est manifestée de différentes façons et, dans les observations que nous avons relatées, nous trouvons :
1“ Une forme convulsive^ l’hystérie se traduisant par des attaques franches, et cette forme a été fréquente surtout au début de la maladie. Nous trouvons, en effet, cette forme convulsive signalée dans les observations de Grasset, de M^e Sophie Miropolsky et dans nos observations 111, IV et YI ;
2° Une forme douloureuse; chez la malade de notre observation IV, Thypéresthésie au niveau des articulations du membre inférieur, était telle, qu’on dut mettre des cerceaux pour empêcher le contact des draps ;
3“ Des manifestations mentales se traduisant par des hallucinations de la vue, observations I et III, des fugues inconscientes (automatisme ambulatoire).
observations V et IX, des accès de manie et de mélancolie, observation V , de l’hypocondrie, observation YIII ;
4° Des phénomènes de paralysie^ celle-ci affectant la forme de paraplégie, comme dans les cas rapportés dans la communication de M. Bilhaut, ou la forme d’hémiplégie, ou tout au moins d’hémiparésie, comme chez la malade de nos observations l et II ;
5° Des phénomènes d'hémianesthésie , observation I ;
6° Des névroses vaso-motrices , se caractérisant surtout par le phénomène de doigt mort, phénomène que nous avons observé chez les malades de nos observations II et IV ;
T Des phénomènes méningitiqiies que nous trouvons chez la malade de notre observation I, phénomènes qui ont été aussi signalés par MM. Gaucher, Gérin-Roze, Juhel-Remoy, Gomby et Sevestre, à la Société médicale des Hôpitaux ;
8° Du mutisme hystérique, comme les malades des observations III et VII ;
9° Des crises de sommeil, observation IX.
Telles sont les différentes formes qu’a revêtues l’hystérie, provoquée par la grippe ; mais il ne faudrait pas croire que ces phénomènes se soient toujours montrés à l’état isolé; non, le plus souvent, au contraire, ils étaient diversement combinés.
Quant à la date de leur apparition, nous en avons déjà parlé à propos de la pathogénie. Nous avons vu en effet que, dans la majeure partie des cas, l’hystérie
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se développait pendant la convaleseence, pr'oflitant, pour se manifester, de l’état d’affaiblissement du malade.
Quanta la.terminaison de la maladie,.nous pouvons dire qu’elle a été aussi satisfaisante que possible, la guérison survenant dès que l’état général était remonté. Aussi, pour le traitement, a4-on eu recours à la médication sthénique, jointe à une hygiène reconstituante : fer,, quinquina, amers,
douches.A ce traitement rationnel, notre maître,
M Jules Voisin, ajoutait chez les sujets hypnotisables la suggestion, soit à l’état hypnotique, soit même à l’état de veille, et les résultats qu’il a obtenus ont été des plus satisfaisants, comme le montrent les observations IV et V, où la guérison a été obteniue avec une rapidité qui ne peut être rapportée uniquement au traitement tonique.