‹ De L'Hystérie PulmonaireChapitre 22 sur 24 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

Le traitement devra comprendre une médication générale s'adressant à l’état névropathique, et une médication spéciale destinée à combattre les localisations de l’hystérie sur les viscères.

Nous interviendrons pour notre part d’une façon constante, que l’hystérie soit seule ou qu'elle soit associé à la phtisie : nous ne comprenons ni n’admettons que dans, ce dernier cas, « le traitement intempestif de l'élément nerveux amène une tuberculose aiguë généralisé ou une phtisie galopante (Monneret).

Partant de l’idée universellement adoptée de nos jours que toute maladie débilitante favorise l'apparition d’une autre, nous nous adresserons aux divers moyens thérapeutiques préconisés contre l’hystérie : hydrothérapie, isolement, électrothérapie.

Contre l’hémoptysie elle-même nous aurons recours aux médications employées en pareille occurrence, glace, ergotine, repos, etc. ; elles sont malheureusement souvent inefficaces.

Mais une thérapeutique nous semble surtout devoir s’imposer, c'est la thérapeutique hypno-suggestive. Des expérimentateurs ont pu provoquer des hémorragies de la peau par somnambulisme (Bourru et Burd, Société de Biologie, 1885).

Un malade dont l'observation est rapportée par Mabille et Ramadier pouvait se donner des hémorragies sous-cutanées

par auto-suggestion. Pareille expérience fut souvent faite. par Pickmann sur lui-même dans ses représentations d’'hypno- .

tisme.

De ce que la suggestion peut produire des troubles aussi

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variés, il nous paraît logique d'admettre qu’elle puisse, dans d’autres conditions, produire l'arrêt de ces troubles. En effet Bernheim (1), Gascard (2), Journée (3), ont réalisé cette conception en rétablissant le flux menstruel ou en arrêlant des métrorragies par suggestion. Huchard (4), Gelibert (5) ont guéri des hémoptysies et des hématémèses par le sommeil hypnotique.

La suggestion est donc la seule médication réellement capable de donner des résultats et, quoiqu’elle ait été assez rarement essayée, c'est à elle que nous devons recourir quand l’hémoptysie par sa ténacité, sa répétition, peut amener une profonde perturbation dans l’état général du malade. Nous emploierons la suggestion sous ses différentes formes : les pilules de mica spanis ont souvent donné des résultats surprenants ; les pilules de bleu de méthylène seraient encore plus merveilleuses pour M. Pitres (6), « parce que d’abord elles portent un beau nom, résonnant bien à l'oreille ; ensuite la coloration bleue qu’elles communiquent aux urines contri-. bue pour une part à donner aux malades l'illusion qu'elles agissent profondément sur leur organisme. »

Mais c'est surtout la suggestion dans le sommeil hypnotique qui donnera les résultats les plus sûrs. Nous éviterons les sérieux inconvénients qu’on lui reproche parfois de provoquer en ne la tentant que sur des malades dont on aura fait une étude approfondie, et en ne l'employant qu'avec les plus grand ménagements, ayant toujours à l'esprit ces belles et judicieuses paroles de M. Pitres: « Soyons médecin,

nesoyons pas charlatan. »

(1) Bernheim, Congrès de Toulouse, 1887.

(2) Gascard, Congrès de l’hypnotisme. Paris, 1889.

(3) Journée, Revue de l'hypnotisme, 1889.

(4) Huchard, Traité des névroses.

(5) Gelibert, Thèse de Paris. De l'hemosialémèse,

(6) Pitres, Archives cliniques de Bordeaux, 7 juillet 1894.

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