PERSONNELLE
X..., âgée de vingt-deux, ans domestique, entrée dans le service de M. Moreau, à l'hôpital de Mustapha; père mort à quarante-huit ans, probablement alcoolique ; mère morte en couches ; a deux sœurs dont l’une morte à trente-deux ans, présentant toutes deux un état névropathique manifeste avec crises convulsives.
N'accuse aucune affection dans ces antécédents personnels, a eu des engorgements ganglionnaires à quatorze ans.
La malade, grande, forte, paraît peu intelligente et très faible de caractère ; elle n’a jamais rien présenté au point de vue nerveux, ni migraines, ni changement de caractère, ni crises, cependant des stigmates hystériques existent, les zones hyperesthésiques sont manifestes, surtout la zone paraovarienne.
A la fin de février 1900, bronchite aiguë avec toux; des hémoptysies surviennent dans le cours de l'affection, généralement deux fois par jour, pendant huit jours, à heures fixes, quatre et huit heures. Le médecin qui la soigne pense à une tuberculose commençante et constatant des crépitations à un des sommets pulmonaires, l'envoie à l'hôpital. Mais pendant son séjour tous les symptômes ont disparu et nous n’avons pu faire aucune constatation. Cette observation est ainsi malheureusement incomplète, il nous aurait fallu la possibilité de surveiller la malade pendant quelques mois. Toutefois cette fugacité des signes d’auscultation, la périodicité de l’hémoptysie et la conservation de l’état général nous ont paru suffisants pour éliminer le diagnostic de phtisie et imposer celui d’hystérie pulmonaire.
Observation IV
(M. le professeur RAUZIER. — Inédite)
Cette observation est particulièrement intéressante, elle nous permet de constater chez la personne qui en fut l’objet 35 hémoptysies en trois mois et demi.
X..., âgée de quarante-huit ans, parents morts âgés, mère morte à cinquante-deux ans de pertes de sang ; a perdu une sœur de trente-deux ans de la même maladie.
A eu une grossesse et deux avortements faciles ; a fait une chute qui a déterminé une scoliose ; soumise à de fortes fatigues, elle a eu des malheurs qui ont provoqué en elle des crises d'hystérie ; elle avait déjà eu des hémoptysies à huit ans à la suite d’une émotion.
Elle ressentit, le 15 janvier 1882,à la suite d’un refroidissement, une très forte névralgie trifaciale à exacerbations irrégulières.
Un jour la malade crache du sang en grande quantité : à lauscultation un des sommets paraît suspect, maïs peut-être la respiration sifflante qu’on y remarque tient-elle seulement à une compression produite par la scoliose. La malade présente également un état de surexcitation nerveuse avec des tremblements, de la céphalalgie, un rire nerveux continuel, une agitation constante.
Le 8, nouvelle hémoptysie abondante avec forte excitation: auscultation négative; elle est soumise à une médication qui s'adresse à sa névralgie autant qu’à ses crachements de sang, mais l'excitation est peu amendée. Ses règles surviennent dans cet intervalle.
Le 17, nouvelle hémoptysie pendant la nuit : on trouve quel-
ques râles sous-crépitants dans la fosse sous-épineuse gauche et à la base droite.