OBSERVATION X
Per... Marie, 42 ans, entrée le 22 mai 1889 dans le service de M. le P' Laroyenne. Réglée à 15 ans, toujours d'une manière normale.
a AUS
Mariée à 24 ans, à eu quatre enfants. Après sa dernière couche, c'est-à-dire il y à quatre ans, comme elle avait déjà eu auparavant un peu de prolapsus utérin, elle garda le lit pendant cinq semaines. Mais c'est surtout depuis six mois que l'abaissement de l'utérus est très marqué.
A son entrée dans le service, on constate qu'il fait hors de la vulve une saillie de plusieurs centimètres ; on le réduit facilement mais il ne peut rester maintenu en place par suite du relâchement du plancher périnéal. La peau du périnée ne présente pas de déchirure, mais celui-ci est mince, flasque, sans résistance. Les parois vaginale, vésicale et rectale suivent l'utérus dans son prolapsus, cependant l'abaissement de ce dernier organe reste bien le phénomène prédominant.
L'utérus est gros; sa cavité mesure 12 centimètres.
M. le D' Goullioud fait trois séances de reposition d’après la méthode de Thur-Brand.
On remonte l'utérus très haut près de l'ombilic, ce qui est facile étant donné son volume et on le met en antéversion accentuée. L'utérus ne sort pas tant que la malade est au lit.
14 juin 1889. — M. le P' Laroyenne pratique l'hystéropexie.
Il fait une incision abdominale de 8 centimètres à peine. Un aide avec le gros hystéromètre introduit dans la cavité utérine remonte l'utérus et le fait sailiir au niveau de l’ouverture abdominale. M.'Laroyenne place un premier point de suture sur le fond de l'utérus ; pour cela il embroche successivement avec la grande aiguille d'Emmet le tissu sous-cutané du bord gauche de la plaie, la couche musculo-aponévrotique, le péritoine, 2 à 3 centimètres de la face antérieure de l'utérus en ayant soin de rester dans l’intérieur même de cette paroi, puis à droite le péritoine, la couche musculo-aponévrotique et le tissu sous-cutané.
À ce moment comme on n'avait pas placé de large éponge pour maintenir les intestins en comptant sur une obturation suffisante de la plaie par l'utérus les intestins font issue au dehors ; on les réduit facilement.
On noue alors les fils ; ils sont en catgut chromique ordinaire de moyen volume ; on s'aperçoit qu'ils sont trop faibles ; on les remplace par du catgut plus gros.
On les noue, puis on fait au catgut une simple suture superficielle de la paroi abdominale.
Enfin on place dans le vagin un pessaire en gimblette et un tampon de gaze iodoformée. , DE
15 juin. — On à été, hier soir et ce matin, obligé de sonder la malade. ; 21 juin. — Le cathétérisme uréthral est de nouveau nécessaire.
22 juin. — Apparition des règles. S
5 juillet.— Les suites de l'opération ont été aussi simples que possible ; la malade commence à se lever. |
12 juillet. — La malade quitte le service. Sa cavité utérine ne mesure plus que 9 centimètres; on sent le fond de l'utérus fixé à la paroi abdominale à trois travers de doigt au-dessus du pubis. La malade devant se remettre immédiatement aux travaux des champs, on lui fait garder son pessaire par mesure de prudence. ;