OBSERVATION XX
Prolapsus utérin. — Hystéropexie.
Félicie Barb..., 38 ans, domestique, entrée salle Sainte- Marie, le 5 juillet 1893.
Bonne santé habituelle. Menstruée à 12 ans toujours régu-
lièrement, abondamment, 2 accouchements il y a 18 ans et il y à 7 ans, tous deux absolument normaux, jamais de fausse
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couche. Depuis le mois de janvier dernier, elle aperçoit que son utérus fait saillie à la vulve ; le prolapsus a augmenté peu à peu depuis cette date et actuellement l'utérus fait hors de la vulve une saillie de 6 à 8 cent.
12 juillet. — Hystéropexie par M. le professeur Laroyenne suivant son procédé habituel. 3 fils de catgut fixent l'utérus à la paroi abdominale. Opération simple. Ù
18 juillet. — Depuis deux jours la malade a plus de 39°. Le pourtour de sa plaie est rouge, un peu douloureux. On enlève les fils eutanés. Il sort alors de la paroi abdominale une grande quantité de pus fétide très liquide.
7 août. — La malade va bien, son utérus est Doi contre la paroi abdominale.
Sa plaie suppure encore un peu.
OB3ERVATION XXI
Prolapsus utérin. — Cystocèle. — -Déchirure périnéale. Hystéropexie et colporrhaphie antérieure, puis périnéorrhaphie.
Madeleine Ruch..., 43 ans, entre salle Sainte-Thérèse, le 30 avril 1890.
Réglée à 12 ans. A eu son premier enfant à 24 ans. Deux autres en bonne santé. Le dernier accouchement a été difficile. Rétention placentaire, fièvre puerpérale. Depuis le premier accouchement, chute de l’utérus maisles pessaires remédièrent à cet inconvénient jusqu'à il y a #ans. Depuis cette époque la malade pour marcher était obligée de soutenir son utérus à l’aide d'une large bande de caoutchouc. Maux de cœur. Amaigrissement rapide. Depuis quatre mois aggravation de tous les symptômes. La malade est forcée de garder le lit. La tumeur n'est plus réductible et les douleurs sont très vives.
Actuellement amaigrissement assez marqué. La vulve très dilatée est obstruée par une tumeur rosée, plissée, du volume d'une orange. Cette tumeur est formée par la face inférieure de la vessie, le cul-de-sac antérieur et la lèvre antérieure du col utérin. En effet, l’orifice du col se trouve à la partie postérieure de la tumeur qu'il faut soulever pour faire le cathétérisme de l'utérus. Le cul-de-sac postérieur est fixe et n'a jamais subi de déplacement. La cavité utérine mesure 8 centimètres. Le cystocèle est si accentué qu'il ne peut être maintenu par un pessaire ; si l’on ne continue pas après la réduction ST la tumeur avec la main, elle se reproduit aus-
ILOTC.
OPÉRATION, le 7 mai. — 1° Colporrhaphie antérieure. -— On dissèque sur la tumeur vulvaire à partir de la ligne médiane deux lambeaux de muqueuse en volets. Ablation de la muqueuse sur une surface de 8 à 9 centimètres de long et de 4 ou 5 de large. Affrontement des deux lambeaux cruentés et suture au catgut. La sous-muqueuse est très vasculaire et même après la suture très serrée il se fait un petit suintement de sang.
2° Hystéropexie. -- Incision dela paroi abdominale à partir du pubis jusqu’à deux centimètres de l’ombilic. Section des différents plans. Ouverture du péritoine immédiatement oblitérée par des anses intestinales, qu'on a beaucoup de mal à refouler latéralement à l’aide de larges éponges plates. Un gros hystéromètre remonte l'utérus vers la partie supérieure de l'ineision. On lefixe à la paroi à l’aide de trois grandes aiguilles que l’on laisse en broche pendant la toilette du champ opératoire.
Enfin on pratique trois plans de suture : le premier, trois points au catgut, fixe l’utérus au plan musculaire. Le deuxième plus serré ferme le péritoine et l'aponévrose ; le troisième tout à fait superficiel n’intéresse que la peau.
8 mai. — T. matin, 385. Soir, 38°8.
9 mai. — T. matin, 38°4. Soir, 38°.9.
10 mai. — T. matin, 39°,5, Soir,38°,2.
Rien du côté de la plaie abdominale. On retire du vagin quelques tampons de gaze iodoformée.
11 mai.— T.matin, 38°,5. Soir, 398.
12 mai. — T. matin, 38°1. Soir, 38°8.
18 mai. — T. matin, 38°. Soir, 317°.4.
La température reste normale à partir de cette date.
25 mai. — La plaie abdominale et la plaie vaginale sont complètement cicatrisées.
4 juin. — Périnéorrhaphie par le procédé de Lawson-Tait.
Suture avec trois fils métalliques. Pendant les 5 jours qui suivent, la température oscille entre 37°,6 le matin et 38°8 le soir puis redevient normale.
OBsERVATION XXII
Mme R..., de Mâcon, opérée par M. le docteur Goullioud à la maison des sœurs Sainte-Mathilde.
A eu 2 enfants, plusieurs fausses couches, la dernière il y à 18 ans. À depuis longtemps une rétroversion utérine d'abord bien supportée, mais depuis 6 mois, lui occasionne de vives
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douleurs et l’oblige fréquemment à s'aliter. La réduction à Tl'hystéromètre tentée par M. Goullioud en octobre 1892 a été impossible. Une autre fois elle a pu être faite, mais le pessaire n’a pu être gardé surtout à cause du manque de développement du vagin qui était exceptionnellement court.
L'opération a été pratiquée par M. le docteur Goullioud, le 9 mars 1893. Après laparotomie médiane on. va d'abord: à la recherche des annexes gauches qu'on amène àla plaie. A ce moment un petit kyste ovarique à contenu sanguin crève, el bien que le pavillon de la trompe soit libre, M. Goullioud se décide à l’ablation des annexesde ce côté pour l'hémostase. La confection du pédicule est facile et prompte.
On a de la difficulté à amener à la plaie les annexes droites. La trompe présente un hydrosalpynx dont le contenu s'écoule en partie. Ce sont les adhérences tubaires au fond du bassin qui sont cause de la récidive constante de la rétroversion et de toutes les douleurs.
On enlève trompe et ovaire. La confection du pédicule est également très aisée. Pas de cautérisation des pédicules.
Ensuite on pratique l'hystéropexie par le procédé de Terrier. Deux points de suture au catgut comprennent l'aponévrose et la paroi antérieure de l'utérus sur laquelle on a fait une petite plaie à l’aide d'une pince de Doléris. Puis on ferme la plaie abdominale par trois plans de suture au catgut.
Les suites immédiates de l'opération ont été absolument simples; pendant les 3 jours qui ont suivi, la température a oscillé entre 37°,4, le matin et 38°,3 le soir puis elle est
redevenue normale.
Les nouvelles ultérieures de la malade ont été très satis-
faisantes.
OBsERVATIQN XXIIT (Personnelle.)
Prolapsus utérin. — Déchirure du périnée. — Hystéropexie. — Restauration du périnée.
Per.., âgée de %5 ans, entrée dans le service de M. le professeur Laroyenne le 6 octobre 1893, salle Sainte-Thérèse, n° 6.
Bonne santé habituelle; menstruation régulière.
Mariée, elle eut un enfant il y a 4 ans. L'accouchement qui eut lieu en Algérie fut, paraît-il, assez laborieux, mais se termina cependant sans l'assistance d'aucun médecin.
Deux mois après cet accouchement; lorsque la malade fut remise de ses couches, elle ressentit dans le bas-ventre des douleurs et des tiraillements. Dès cette époque, elle avait un prolapsus utérin, mais moins accentué qu'actuellement.
Il y a un an, la malade à subi une opération sous anesthésie. D'après son dire, on lui aurait fait une amputation du col.
6 octobre. — La malade entre dans le service. A l'examen, on constate un prolapsus utérin. Les parois antérieure et postérieure du vagin font une saillie très marquée entre les grandes lèvres. Entre ces deux bourrelets apparaît également le col de l’utérus. La malade raconte que chaque fois qu'elle se fatigue, la matrice sort en grande partie de la vulve.
La lèvre antérieure du col utérin est très allongée, en bec de flûte et recouvre l’orifice externe du col.
Le périnée est déchiré sur une étendue d'environ 2 centimètres. Il est incapable de maintenir convenablement un pessaire.
Pas de gêne de la miction.
Constipation fréquente.
7 octobre. — Étant donné le jeune âge de la malade et le degré déjà avancé du prolapsus, on propose l'opération, qui est acceptée.
Le 7 octobre, M. Condamin pratique l’hystéropexie suivant le procédé de M. Laroyenne. Incision de 7 cent. sur la ligne médiane; le péritoine est ouvert. À ce moment, on constate que l’épiploon est largement étalé au-devant de l'utérus, qu'un aide maintient appliqué à la paroi abdominale au moyen du gros hystéromètre placé dans sa cavité. L'épiploon est récliné et replacé dans la cavité abdominale. L’utérus est fixé par trois aiguilles qui traversent les couches superficielles de sa face antérieure. Elles sont bientôt remplacées par 3 crins de Florence et la plaie abdominale est fermée.
Restauration du périnée par dédoublement de la paroi postérieure. -
Suites opératoires très simples.
26 octobre. — La malade sort du service. Son périnée est en parfait état et offre une résistance normale. L'utérus est très bien fixé contre la paroi abdominale antérieure ; il est assez haut. La malade conserve un anneau rond par mesure de prudence.