OPÉRATION
1° temps.— Le col est dilaté (1}à l’aide des bougies d'Hégar, jusqu'à ce que le gros hystéromètre puisse être introduit dans la cavité utérine (environ n° 26). Alors, à l’aide de cet hystéromètre mis en place (fig.1), un aide réduit l'utérus prolabé ou rétrodévié, le reporte en haut et le maintient continuellement appliqué à la paroi abdominale au point où on a décidé de le fixer (fig. 1.) en soulevant même cette paroi abdominale, comme l'indique la figure.
2e temps. —Sur la ligne blanche, on fait une incision de 6 à 8 centimètres au plus, comprenant le péritoine et conduisant directement sur le fond et la face antérieure de l’utérus. L'opérateur a ainsi de suite la matrice sous les yeux et, bien que le péritoine soit
toujours intéressé Il nous'a été donné de nous rendre compte par nous-même combien l'Ecole Lyonnaise est dans le vrai et combien elle a raison de préconiser l’éthérisation.,
Depuis de longues années, dans le service de M. Laroyenne, on emploie que l'éther et quelquefois on est obligé de le donner à hautes doses, les opérations ètant de longue durée. On n’a jamais eu d'accident à signaler.
Voir d’ailleurs l’article de M. Vallas, in Revue de chirurgie n° 4 10 avril 1893.
(1) La dilatation du col utérin pour permettre l'introduction de l’hystéromètre fait en réalité, partie du premier temps de l’opération, comme nous l’indiquons ici.Cependant, cette manœuvre étant très difficile à pratiquer sur le lit de Trendelenburg, l'opérateur sera obligé souvent de dilater le col avant le transport de la malade sur le lit spécial.
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incisé, on peut dire que la cavité ne reste presque pas ouverte, puisque le fond de l’utérus vient fermer immédiatement l’orifice. Pendant l’incision, un aide pince aussi rapidement que possibleles vaisseaux dela couche graisseuse sous-cutanée parfois assez épaisse.
Fig. 4. — Hystéromètre de M. Laroyenne maintenu en place. Utérus réduit et appliqué contre la paroi abdominale.
Les bords de la section péritonéale sont également maintenus par des pinces à pression.
On s’assure qu'il n'ya point d'anse intestinale au devant de l’utérus ni de masses épiploïques. Dans ce cas, d’ailleurs, rien de plus facile que de les récliner et de les faire rentrer dans la cavité abdominale. Un coup d'œil jeté de chaque côté de l'utérus permet de se rendre vite compte de l’état des annexes.
3° temps.—L’aide chargé de l’hystéromètre soulève bien l'utérus et en maintient le corps dans la plaie.
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Pour cela, il n’a qu’à abaisser le plus possible le manche de l'instrument en déprimant au besoin le périnée (fig. 1).
Une première aiguille-broche est introduite dans la couche aponévrotique de la paroi abdominale, tra. verse le péritoine à 2 centimètres du bord de sa section et pénètre aussitôt dans la partie antérieure du muscle utérin au niveau du fond de l'organe. Cette aiguille traverse environ 2 centimètres d’utérus et ressort symétriquement à travers l’autre bord de la plaie abdominale.
On introduit de la même facon deux autres
Fig. 2 — Aiguilles-broches en place.
Utérus fixé à la paroi abdominale.
aiguilles semblables en procédant de haut en bas et en les espaçant d'environ 2 centimètres. Le point important de ce temps est le placement de la première aiguille dans l’utérus encore légèrement mobile mal-
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gré l’hystéromètre. Dès que cette première aiguille est en place, l'utérus, au contraire, est déjà fixé solidement à la paroi abdominale. Le chirurgien peut alors prendre toutes les précautions voulues pour passer les autres.
L'utérus étant dès lors bien fixé à la paroi par les aiguilles laissées en place, on retire l’hystéromètre.
Les partisans de l’avivement pourront alors gratter la surface antérieure du ‘corps utérin et déterminer une surface saignante. On sera sùr que le sang ne tombera pas dans la cavité abdominale qui est d’ores et déjà définitivement fermée.
4 temps. — On charge les aiguilles de crins de Florence. On noue chaque fil l’un après l’autre en commençant par le plus élevé et en retirant au fur et à mesure l'aiguille correspondant au fil que l’on noue. L'’utérus est de la sorte solidement réuni à la paroi etsurtout aux aponévroses de la ligne blanche.
5° temps.— S'il est besoin, on place des points de suture intercalaires, au catgut, allant profondément, mais sans comprendre l'utérus. Une suture superficielle au catgut et en surjet achève de fermer la plaie abdominale.
6° temps.—On introduit dans le vagin un paquet de gaze iodoformée destiné à servir de pessaire provisoire et à empêcher l'utérus de tirailler par trop sur les sutures fixatrices.
Pansement à l’iodoforme et à la gaze iodoformée. De 12 à 15 jours après l'opération, on place un pessaire, complément indispensable de l'opération; de préférence on choisira un Hodge.
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