‹ De l'Ictère ÉmotifChapitre 10 sur 23 · RECRUE · texte numérisé non relu

RECRUE

Le système nerveux peut avir de différentes façons, soit par paralysie des voies biliaires, soit par l’action qu'il exerce sur les vaisseaux. On sait que toutes les sécrétions sont soumises à l'influence plus ou moins directe du système nerveux. L'excitation ou la section des nerfs glandulaires peuvent augmenter ou suspendre une sécrétion. Sans parler de l’action bien connue du système nerveux sur les sécrétions intestinale et salivaire, rappelons l'expérience de Claude Bernard sur la sécrétion biliaire. Get auteur à vu la bile couler plus rapidement chez un chien quand on le

caresse et s'arrêter si on vient à le maltraiter.

La paralysie des voies biliaires a été primitivement celle qu’admettait M. Laborde en regrettant toutefois labsence

de démonstration directe.

Pour M. Germain Sée « le nerf pneumogastrique agirait sur le sécrétion biliaire ; que ce nerf vienne à éprouver une action paralysante et tout aussitôt la respiration se ralentit tandis que le cœur s'accélère. I} en résulte une congestion passive du foie, c’est à dire une perturbation suffisamment persistante de la circulation hépatique pour ame ner une modification dans la sécrétion de la bile dont l'effet serait Pictère. »

Harley adopte aussi cette théorie. Pour lui aussi il y a

sur les capillaires du foie des phénomènes paralytiques ana-

logues à ceux qui S'observent sur les capillaires de la face et des oreilles du lapin après la section des filets de la huitième paire. Nous signalerons encore la théorie de Frerichs qui assimile la production de l'ictère à celle de la glycosurie par lésion du plancher du 4° ventricule. L'action nerveuse se ferait sentir soit par des modifications dans l’action du cœur et des mouvements respiratoires, soit par des modifications dans la cellule hépatique. Pour Bence Jones, la | paralysie des filets sympathiques ou l'irritation des filets du pneumogastrique amène la dilatation des capillaires hépatiques. Par suite de cette distension du foie, la surface vasculaire de diffusion serait augmentée et la bile passerait en plus grande abondance dans le sang.

Le professeur Potain a accepté .cette idée de la dilatation paralytique des capillaires hépatiques et complété la théorie de la façon suivante. Sous l'influence de la dilatation vasculaire, il y a abaissement brusque de la pression dans le système sanguin et la pression dans les canaux biliaires restant la même, il établit un courant exosmotique des vaisseaux biliaires vers les vaisseaux sanguins et la bile passe dans le | torrent circulatoire.

Malheureusement à elle seule cette dilatation des capillaires hépatiques n’explique pas la diffusion des éléments de la bile dans le sang. Cette dilatation se produit dans bien des circonstances sans qu'il y ait ictère.

(4) ICTÈRE ACATHECTIQUE Autrefois pour expliquer le passage de la bile daïs l’organisme, on admettait que les pigments biliaires s’élaboraient dans le sang et trouvaient leurs voies d'élimination dans le foie. Le foie cessant de fonctionner pour une raison quelconque, la bile, toujours élaborée, ne s’éliminait plus et produisait l’ictère.

Les théories actuelles ayant placé uniquement dans la cellule hépatique l'origine de la bile, on à accusé un obsta cle au cours de ce liquide soit par arrêt brusque soit par l'intermédiaire d'un catharre gastro-duodenal et biliaire. Pour expliquer les cas où ces catharres ne pouvaient être impliqués, Lubermeister, reprenant les idées du physiologiste Grützner, dit que la cellule hépatique peut retenir dans son protoplasma la bile qui S'y est produite ; si cette cellule est malade, elle perd cette propriété et laisse diffuser hors d'elle dans la lymphe et dans le sang la bile qu’elle aurait dû retenir. On a alors un ictère par impossibilité de rétention, un ictère acathectique. L'ictère émotif résultant d’une perte temporaire de cette propriété cathectique.

Nous signalerons simplement l'hypothèse de Liebermeister qui n’a pour elle rien qui puisse en affirmer la réalité. Après avoir passé en revue les différentes théories patho-

géniques de l'ictère émotif, nous croyons qu'aucune d'elles

ne peut en somme donner la clef de la production de lictère émotif, mais il est probable qu'il y a un point de vérité dans ces différentes théories ; et avec M. Talamon nous admettrons une pathogénie complexe. Un choc nerveux pe porte pas uniquement son action sur .quelques filets ner: veux à l'exclusion des autres ; tout l’ensemble de ce système nerveux hépatique doit être mtéressé.

« Le trouble principal porte sur la cellule hépatique dont les fonctions biliaires sont activées en même temps qu'elle perd sa propriété de retenir la bile formée, d’où la diffusion immédiate dans le sang de l'excès et la bile sécrétée ; il y a simultanément augmentation de la substance absorbante par suite de la dilatation brusque des capillaires hépatiques et aussi contractions désordonnées des canaux biliaires se propageant jusqu’au cholédoque, d'où des alternatives de passage libre de la bile dans l'intestin et de suppression momentanée de l'écoulement avec décolora-

tion argileuse des fèces comme cela à été parfois constaté. »

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