‹ De l'idiotie chez les enfants, et des autres particularités d'intelligence ou de caractère qui nécessitent pour eux une instruction et une éducation spéciales ... De leur responsabilité moraleChapitre 1 sur 14 · A LONDRES, CHEZ H. BAILLIERE, 2 1 9, REGENT-STREET · texte numérisé non relu

A LONDRES, CHEZ H. BAILLIERE, 2 1 9, REGENT-STREET

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INTRODUCTION

S’il est possible de perfectionner l’espèce humaine, c’est dans la médecine qu’il faut en chercher les moyens.

Descartes.

Le Conseil général des hospices, toujours préoccupé du soin d’améliorer le sort des aliénés, vient de prendre en considération particulière la seule et dernière classe de ces malheureux qui, jusqu’à présent, fût restée en quelque sorte dans l’oubli : je veux parler des enfants idiots. Cette administration supérieure, qui cherche et veut le bien en toute chose, a enten lu la voix des hommes qui n’ont point complètement désespéré de ces infortunés;

INTRODUCTION

elle a pensé avec eux qu’il y avait des distinctions à faire et à établir entre les individus compris sous cette fatale dénomination, et qu’il était possible d’en appeler quelques uns à une partie de l’existence intellectuelle et morale propre à l’humanité.

En conséquence de ces convictions, elle a voulu que les idiots qui peuvent présenter quelque prise à l’action des modificateurs externes, reçussent les bienfaits d’une instruction et d’une éducation spéciales, et elle a pour cet objet même nommé à Bicêtre un instituteur qui, sous la direction et la surveillance des médecins en chef de l’hospice , pût exclusivement se consacrer à ces fonctions honorables.

Depuis déjà treize années, ayant publié différents Mémoires sur les enfants idiots et sur ceux non moins intéressants qui offrent des particularités saillantes 4 intelligence ou de caractère , n’ayant pas perdu un seul instant de vue tous ceux qui, soit en bien soit en niai , soit en génie soit en stupidité, se sont mis dès Je bas âge en dehors de leur espèce, et ayant même en 1 834 créé pour eux tous un établissement où je m’efforcais de faire face aux besoins de leur condition exceptionnelle, je crois qu’il est de mon devoir aujourd’hui de réunir tous les matériaux scientifiques que je possède sur

introduction. III

la matière, et d’exposer le plan que j’ai suivi, et que je me propose de suivre encore dans l’intérêt de ces malheureux.

.J y joindrai une notice historique abrégée de ce qui a été fait en France en leur faveur depuis îtard, MM. Ferrus, Falret, Leuret, jusqu’à M. Seguin, que le Conseil général vient récemment de nommer à Bicêlre instituteur de nos enfants.

En mettant tous ces documents sous les yeux de nos lecteurs, j’espère pouvoir démontrer que les médecins de l’époque actuelle ne sont point restés sans action devant les enfants qui, d’une manière ou d’une autre, sortent de la ligne ordinaire, et qui par cela même, tant pour eux que pour la société, ont en général besoin, comme je l’ai dit dans un de mes Mémoires, en me servant des expressions de Montaigne, d’être ployés et appliqués au niveau de la générale et grande maîtresse, la nature universelle. Dans cette oeuvre de science et de philanthrophie, les médecins ne se sont laissé devancer par personne; animés des plus généreuses intentions, initiés aux mystères de l'organisation , observateurs exacts de tous les phénomènes psychiques que le cerveau tient sous sa dépendance immédiate, ils ont les premiers fait connaître ce que cest que f!idiotie , et exposé les principes et

INTRODUCTION

indiqué les méthodes propres à modifier la constitution instinctive , intellectuelle , morale et perceptive des enfants qui ont le malheur d'en être atteints ; les premiers, ils en ont plaidé la cause, et comme on va le voir, pour leur noble entreprise , il n’a pas dépendu d eux de trouver plus promptement de l’écho dans l’intelligence et dans lame de leurs contemporains.

Paris, 20 février 1843.

DE L’IDIOTIE

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