‹ De l'imagination: étude psychologiqueChapitre 13 sur 150 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

I. Distinction de la perception et de la sensation. — II. Définition de l'idée. — III. Définition de Timage. — IV. Différences de rimage et de la perception.

» Jusqu'à présent j'ai considéré la perception dans son ensemble, sans m'enquérir d'autre chose que du rapport qu'elle soutient avec son objet; il n'y avait donc nul inconvénient à en parler comme d'un fait simple et irréductible. Il est temps de l'étudier en elle-même; et parce que sa simplicité n'est qu'apparente, il faut démêler les diverses parties dont elle se compose.

Si l'on analyse la première perception venue, on y reconnaîtra tout de suite deux éléments, dont l'un rej)résente plus particulièrement la part d'une force

étrangère, l'autre le résultat de l'activité propre de Tesprit.

De ces deux éléments , le premier s'appelle sensation. Bossuet la définit avec justesse : « La première chose qui s'élève en l'âme et qu'on y ressente à la présence des objets. » Il prend soin ensuite de la distinguer nettement des autres éléments qui l'accompagnent dans la perception. « La première chose que je sens en montrant ma main au feu et en maniant de la glace, c'est que j'ai chaud, ou que j'ai froid ; et ainsi* du reste.

« Je puis bien ensuite avoir diverses pensées sur la lumière, en rechercher la nature, en remarquer les 4 réflexions et les réfractions, observer même que les couleurs qui disparaissent aussitôt que la lumière se retire, semblent n'être autre chose, dans les corps où je les aperçois, que des différentes modifications de la lumière elle-même, c'est-à-dire diverses réflexions ou réfractions des rayons du soleil et des autres corps lumineux. Mais toutes ces pensées ne me viennent qu'après cette perception sensible de la lumière que j'ai appelée sensation, et c'est la première qui s'est * faite en moi aussitôt que j'ai eu ouvert les yeux.

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