‹ De l'imagination: étude psychologiqueChapitre 2 sur 150 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

sources de son talent curieux et inventif; et son livre, qu'on ne lit guère, doit décourager d'une pareille entreprise ceux qui n'ont ni sa science ni son esprit.

Que si le philosophe se décide à^ traiter son sujet avec cette rigueur et cette austérité qui conviennent à la science, le péril n'est pas moindre. Ce langage sévère, ces formules précises, ces classifications inflexibles, ne sont-ce pas de bien grossiers instruments pour une étude si délicate ? Comment imposer des lois à la fantaisie, dont l'essence même semble être de n'en point avoir, et qui est pareille à ces composés trop subtils que l'on voit fuir et s'évaporer tout entiers dès qu'on veut les analyser.

C'est donc un dessein chimérique que de chercher à faire de l'imagination l'objet d'une science complète et précise. Est-ce à dire que toute science en soit à jamais impossible, et

qu'il n'y ait rien à faire qu'à enregistrer des faits divers ? Nullement ; partout où l'on peut trouver quelque chose de général, il y a place pour la science. Or, en faisant aussi grande que l'on vpudra la part du caprice, il reste vrai qu'il y a dans les faits d'imagination quelque chose dé constant et de réglé, des lois, en un mot, qu'il vaut la peine de dégager des phénomènes et de rassembler, sans prétendre à une rigueur que le sujet ne comporte guère. C'est là , si je ne me trompe , l'étroit passage signalé plus haut et dans lequel je vais maintenant m'engager.

Je n'ai pas hésité à faire mon profit des découvertes de la physiologie, toutes les fois que cela m'a semblé utile. Dans un livre traitant des choses de l'âme, il sera donc assez

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