‹ De l'impaludisme dans ses rapports avec les lésions traumatiquesChapitre 9 sur 14 · I. Névralgies · texte numérisé non relu

I. Névralgies

Nous serons bref sur les névralgies traumatiques qu’on

rencontre chez les paludiques, leur étude nous paraissant moins intéressante que celle des autres accidents : 1° Parce que presque toutes les névralgies traumatiques affectent le type intermittent, qu’elles soient de nature palustre ou non; 2* parce quelles cèdent au sulfate de quinine aussi bien dans un cas que dans l’autre, et que le diagnostic différentiel devient dès lors peu important au point de vue pratique.

Ce que nous voulons établir seulement, c’est que cet accident n’est pas rare chez les paludiques, et que, dans ce cas surtout, la médication spécifique ne doit pas être négligée. Or, tout le monde connaît les névralgies variées par lesquelles peut se traduire une fièvre larvée; que le paludisme donne souvent lieu à des névralgies intermittentes, c’est ce que personne ne conteste. Est-il plus étonnant de le voir produire la même manifestation sous l’influence d’un traumatisme ? Assurément non ; et, du reste, ce ne sont pas les fait? qui manquent pour le prouver. Coccud cite un cas de fracture de jambe (Obs. XII) où se sont montrés des accès de douleur dans le point fracturé cédant à la quinine, et un cas d’épididymite traumatique (Obs. XIII) compliqué d’accès de douleurs testiculaires, guéries également par la quinine. JDuboué, de Pau, rapporte un cas de douleur intermittente accompagnant des accès fébriles développés chez un opéré de la cataracte. M. le professeur Verneuil (1) a publié également deux observations de névralgie traumatique secondaire chez des paludiques. La première ,Obs. XVI) nous est déjà connue, nous l’avons rappelée à propos des hémorrhagies, le malade qui en est le sujet ayant eu en même temps cette double complication. La deuxième (Obs. XX) est celle d’une femme qui habitait un pays à fièvre, et avait eu au-

(1) Verneuil. Des névralgies traumatiques secondaires précoces, page 18.

trefois une névralgie de la face. A la suite de l’opération de r amputation du sein, elle fut prise de douleurs périodiques de la plaie, qui ne cédèrent qu’au sulfate de quinine. Weir Mitchell (1) dit avoir vu la névralgie aiguë des moignons apparaître pendant un accès de fièvre intermittente, et signale un fait sur lequel on n’a pas encore appelé l’attention. « Il est bien singulier, dit-il page 231, que les névralgies nettement intermittentes, n’affectent jamais le type tertiaire ni aucun autre type que le quotidien. Les autres formes ne se manifestent que dans les névralgies paludéennes. »

Quoi qu’il en soit, la manifestation névralgique de l’intoxication tellurique est un fait tellement évident, que nous nous dispensons de multiplier les exemples,

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