PARAGRAPHE DIE
Les expériences de Paul.
Il ne se prêchait pas lui-même, mais il annoncait Christ. La conviction à laquelle il voulait amener ses. lecteurs, était celle qu’il avait lui-même en Christ. Qu’estce à dire, Sinon qu'il était auparavant arrivé à ne concevoir la vérité chrétienne, et par conséquent la vie chrétienne, que comme une communion des croyants avec le Christ. Le chrétien est un homme qui a fait l'expérience personnelle du salut en Jésus-Christ.
Nous devons faire une remarque à ce sujet. Il est bien possible que Paul se soit souvent trompé sur la profondeur du sentiment chrétien de ses lecteurs. Ses épitres témoi- gnent d’une vie religieuse intense; mais peut-être serait-il téméraire d'affirmer que c'était bien là le christianisme qu'on eüt trouvé dans les églises fondées par le zélé mis- ‘sionnaire. Nous n'avons que trop de raisons de croire que la plupart des membres de ces communautés étaient loin d’avoir si profondément saisi le salut. Il suffit, en effet, de lire les lettres de Paul pour s’en convaincre. Que prouvent ces observations, ces mises en garde, ces objurwations, ces plaintes, ces menaces, ces explosions de douleur, sinon que l'Evangile courait, au sein même des - églises de Christ, les plus redoutables dangers ?
Cependant il restait assez de gens pour le comprendre. Il y avait des âmes qui étaient réellement gagnées à Christ, qui étaient en Christ. Celles-là pénétraient jusqu'au cœur de la vérité que leur apportaient les écrits de Paul.
Il en à toujours été ainsi d’ailleurs. Le nombre des gens qui remplissent les édifices religieux ne doit pas tromper
sur la sincérité de leurs convictions. Plüt au ciel que tous fussent nés à nouveau et vécussent dans l'intimité du Sauveur ! Il n’en est malheureusement point ainsi: mais il y a sûrement des consciences soumises à celui qui fut la conscience même.
Revenons à notre sujet. Nous disions que Paul, qui faisait appel à l’expérience de ses disciples. était arrivé lui aussi à une entière conviction du salut en Christ. Nous voulons recueillir de sa bouche quelques témoignages.
« Je sais, dit-il de lui-même, un homme en Christ qui. il v à quatorze ans, fut ravi jusqu'au troisième ciel... » 2:60: 12; 2,
«C’est en Christ que nous parlons, devant Dieu, et toutes nos paroles, bien-aimés, sont pour votre édification: » 2-Cor.. 12, 49:
«Je dis en Christ la vérité, je ne mens pas : ma Ccons-
clence que le Saint-Esprit anime m'en rend le témoiwpage...» Rom., 9, 4.
De telles paroles ne laissent aucun doute sur la souree de la certitude du grand apôtre. C’est dans une union permanente avee le Christ que nous devons la chercher.
N'avons-nous pas iei le Secret même de la vie de Paul ? La communion avec le Seigneur était tout pour lui. I n°v faisait pas seulement l'expérience de la vérité de l'Evangile, il V puisait aussi l’énergie que réclamait son œuvre de missionnaire et la force d’en surmonter toutes les diffieultés !. Aussi le voyons-nous exprimer cette communion
! «Je puis lout en celui qui me fortifie. » Phil., 4, 43.
à. Lt pe