‹ De l'importance de l'expression en Christō Iēsou dans saint-PaulChapitre 24 sur 25 · I. Dans le Christ Jésus · texte numérisé non relu

I. Dans le Christ Jésus

Christ, en effet, est Médiateur et Roi. C'est là le fond du paulinisme et, ajouterons-nous, de l'Evangile même : car Paul n’a rien inventé, mais il a construit sur le fondement de la parole du Maitre. 7

Nous croyons voir le résumé du christocentrisme paulinien dans le passage de E Cor. XV, 22-28. « De même que tous meurent en Adam (£ê» 7® ‘Adau), de même tous revivront en Christ (2 r@ or), Mais chacun en son rang. Les prémices, c’est Christ, ensuite ceux qui appartiennent à Christ, lors de son avènement; puis, ce sera la lin, quand il remettra le royaume à Dieu, son Père, après avoir renversé toute principauté, toute autorité et puis-

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sance : ear il doit exercer la rovauté «jusqu'à ce qu'il ait mis {ous ses ennemis sous ses pieds ». Le dernier ennemi qui sera détruit, c’est Ja mort. En effet, «Dieu a tout mis sous ses pieds » ; loutefois, quand il est dit que « tout » lui à été soumis, il est évident qu'il faut exeepter celui qui lui à soumis toutes choses. Lorsque toutes choses lui auront été soumises, alors le Fils lui-même sera aussi Soumis à Celui qui Jui à soumis toutes choses, afin que Dieu soit tout en tous ».

Get admirable fragment répond elairement à ces trois questions, les plus graves que puisse se poser un homme : a) Quel est le rôle du Christ? b) Quelle est sa place par rapport à Dieu ? c) Quelle relation devons-nous soutenir

avec le Christ ?

1° Christ est venu fonder une humanité nouvelle. Il est le dernier homme ou le second Adam. La doctrine de Paul a son point culminant dans l'antithèse des deux Adams, laquelle antithèse se réalise dans les deux personnalités historiques du premier homme, qui fut doué d'une «âme vivante», et du dernier, qui le fut d’un «esprit vivifiant». Christ est le type de la nouvelle humanité, il est l'homme du ciel et introduit un principe nouveau de #e, quil oppose à la mort, victorieuse dans l’ancienne humanité.

90 Il est le Roi de ce nouvel ordre de choses, mais il n'usurpe point la place de Dieu. I n'est que Médiateur : il est chargé de la part du père d’une mission rédemptrice, qui lui donne le droit de se soumettre toutes choses, mais il demeure lui-même soumis à Celui qui l’a envoyé. Son rèéene ne doit même pas durer éternellement : l'humanité une fois régénérée, la fonction du Médiateur cessera: il

remettra son empire à Dieu, qui alors sera tout en tous. Dieu est le but: Christ est le chemin.

30 Mais il est le seul chemin. Tant que son œuvre n'est pas achevée, tant que le second Adam n'a pas vivifié de son Esprit l'humanité tout entière, nous avons affaire à Lui.

Nous avons à le considérer comme le Seigneur et le Roi: nous lui devons obéissance, nous lui appartenons corps et âme, nous ne sommes plus à nous-mêmes. FE v à de nous à Lui une dépendance absolue, comme la plus étroite solidarité.

Nous ne sommes chrétiens qu'en vertu de la relation que nous soutenons avec le Christ, relation qui donne à notre vie Sa marque distinetive. Et comment se réalise-telle? Nous nous trouvons iei en présence de ce qui nous parait être l'affirmation capitale du paulinisme. Le Christ que le chrétien adore comme son Sauveur, est actuellement vivant dans une sphère spirituelle, «pneumatique » ; Son activité n'a pas pris fin avee sa vie terrestre, mais elle se poursuit Sous un mode nouveau.

Le Christ gloritié est le zveëux de la doctrine paulinienne, Le chrétien entre avee Lui en rapport Si intime qu'il s'opère une véritable fusion de leurs deux êtres : tl peut dire qu'il est dans le Christ: sa vie est comme une plante qui plonge ses racines dans l'organisme spirituel du Seigneur: il à été déraciné, puis transplanté dans un nouveau terrain, où il pousse des rameaux qui S'épanouissent dans une atmosphère vivifiante. Il v à fusion: il est en Christ, et Christ est en lui..(Gal: 11-20): par un acte de sa volonté libre, 11 S’est «chargé du joug »

de Christ (Matt. XI, 29). il s’est soumis à Christ en S’unis- Sant à Lui, et maintenant il sent en son être le principe de vie qui caractérise la nouvelle humanité!

! Qu'est-ce qui fait qu'un chrétien est chrétien? Selon M. Sabatier,

c’est l'expérience de la communion avec Dieu. Mais comment cette expérience est-elle possible ? « Je sais bien, dit M. Sabatier, que ce n’est point ma propre vertu qui l'a créée... Remontant, dans le passé, la chaine vivante des expériences chrétiennes, j'arrive à une première expérience, à une expériénce créatrice et inaugurale qui a rendu pos- Sible et a engendré toutes les autres. Cette expérience s’est faite un jour dans la conscience de Jésus-Christ. F'affirme donc, non seulement que le Christianisme a le Christ pour auteur, mais qu'il a, dans la vie intérieure du Christ, son premier germe, et que là s’est faite tout d’abord la révélation divine qui, se répétant de proche en proche, a éclairé et vivifié toute l'humanité». (Esquisse d'une philosophie de la religion d'après la psychologie et l'histoire, page 177). Tout cela est vrai, mais incomplet, à notre avis. M. Sabatier ne semble pas faire à Christ la place qui lui revient: on dirait que son rôle a cessé, et qu'il suffit que «l'expérience inaugurale» se soit faite un jour en son âme pour que «la révélation divine» se propage dans l'humanité. M. Sabatier dit pourtant ailleurs que «le principe chrétien n’est pas un souvenir du passé ou une doctrine morte et enfermée dans un document, mais qu'il est quelque chose de toujours vivant, se transmettant avec la vie chrétienne elle-même» (op. cit. p. 188). Nous ne €royons pas que ce principe «se propage»: nous pensons qu'il se communique, et que c’est le Christ lui-même qui le transmet. Ce principe est certainement «enfermé» quelque part, mais nulle part ailleurs que dans le Christ. Ce n’est qu’en s’attachant à Christ que l'homme devient chrétien : Nous en Christ, Christ en nous.

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