PET ARE
4 À ; Parat- 6h ES it far ii > ME Mb dhe 154 WU jus ÿ. À au 4
EX
ps
PANETTIERE
QT ReR
1° Non seulement nous la rencontrons partout dans ces écrits (sauf dans Tite), mais, considéré au point de vue chronologique, son usage est de plus en plus fréquent. Déjà, dans les Actes, qui relatent les premiers discours du missionnaire, celui-ci déclare (XII, 39) que le salut n’est pas dans la loi de Moïse, mais que c’est en Christ que le croyant est justifié (à roër (— ’Inoov) nàs 6 morebor dexauovrue). Dans les Thessal., dès le premier verset de la première lettre, nous voyons l’apôtre s'adresser « à l'Eglise de Thessal., qui est en Dieu le Père et dans le Seigneur Jésus-Christ » (ér... xvoio ‘Moôv Xouot®).
La formule a désormais sa place marquée dans la littérature paulinienne ; fréquente dans Gal., plus encore dans Let II Cor. et Rom., elle atteint son maximum d'intensité dans les épîtres de la captivité, notamment dans Eph., pour diminuer beaucoup dans les Pastorales.
2° Pour que cette expression fût tant de fois répétée, il fallait qu’elle eùt dans la pensée de l’apôtre, une importance considérable. Cela est évident si l’on constate qu’elle est étroitement liée aux notions fondamentales de la doctrine paulinienne.
Voici quelques exemples :
La foi (deù Ts nécrews tijs év Xo. D), Gal HE226:
La justice va Tuets yerouesOn dixauoobrn Oedv êr «dt (=X 0 HGor: :V.-21:
La justification (Znrovrtes dixouoOïvar èr Novote) Gal, I, 17.
La vie éternelle (Tù de ydpioua tou Oeôu Loi aiwreos r Xp. TO 4UQUO ijuor) Rom. VI, 23.
L'amour (Xoptou &ne ts &ydnns 1ôv Oeôv vis à» Xo 1. vo zvolo Tu»). Rom. VIII, 39.
La sanctification (iycaouérors èr Xo. 1) 1 Cor. [, 2.
et
Un seul corps (of zo4lot Er cout êquer £v Xo.). Rom. NIE::9:
La rédemption (d'xmobueror dogedr Ti} aèroe 7aoutt dé TIij= AHOAUTOMGENS TIjS êr Xo. 1). Rom. ER 2.
Ces deux remarques sont bien de nature à faire prendre la formule en sérieuse considération. Le seul fait qu'elle entre pour une part aussi grande dans le langage de Paul constitue déjà une présomption en faveur de son importance: mais quelle ne doit pas être sa valeur sous la plume d'un penseur tel que l'apôtre des Gentils ! Celui-ei ne peut s'en être servi d’une manière en quelque sorte indifférente. I est manifeste-au contraire qu'elle devait donner à sa pensée toute sa force el comme sa marque caractéristique, et cette expréssion, qu'en raison de sa fréquence nous nommons assez légèrement une formule, était destinée à éclairer les nouveaux chrétiens sur la vérité qu'ils avaient recue.
Il est done nécessaire de savoir exactement ce qu'elle signifie. Nous ne pensons pas qu'elle soit susceptible d’interprétations diverses : nous estimons même que plusieurs sens nuiraient à sa clarté, comme il est facile de s’en convaincre en consultant les versions différentes du Nouveau Testament. Il doit v avoir un sens applicable à tous les passages contenant là formule, C'est à le rechercher qu'est consacrée celte étude. Nous nous proposons de montrer, dans le reste de ce premier chapitre, que la même interprétalion est obtenue lorsqu'on envisage la formule èr Xororo “hjoov à Fun ou Faure de ces trois points de vue :
4) Comparaison avec le grec-profane et le grec sémitique.
b) Le système des prépositions pauliniennes.
c) L'expérience de lapôtre Paul.
Dans les chapitres suivants, nous essaverons de justifier: l'interprétation que nous aurons adoptée.
> ar Mince
N.-B. — Ainsi que nous l'avons dit, la formule se trouve dans plusieurs livres du N. T. Mais, étant donné qu'elle est plus fréquente dans Paul, nous nous bornerons à ce dernier. Il semble d’ailleurs qu’elle lui ait été spéciale. et que les autres écrivains (Jean excepté) n'aient fait que la reproduire.
PARAGRAPHE ÎIT Point de vue phiulologique.
Pour arriver à une interprétation unique de ê7 Xe. 7 il faut en donner auparavant une traduction exacte.
Cela semble facile au premier abord. Mais cette facilité n'est qu'apparente: en réalité rien n’est moins aisé. Nous en trouvons la preuve dans les quelques versions du N.T. que nous avons eues entre les mains (Vulgate, traduetion de Luther, et les versions françaises d’Ostervald, de Sesond, de Bonnet, d'Oltramare et de Stapfer) ; voier, à titre d'exemples, les différences que nous avons relevées à propos de certains passages.
Gal. 11, 4. «...Hbertatem nostram, quam habemus in Christo Jesu »!, Stapfer : la liberté dont nous jouissons grâce à J.-C.
sal. If, 17, « Quaerentes justificari in Christo. » Luther : durch Christum gerecht, — Justifiés par J.-C. (Ost., Sesond, Bonnet); ef. Gal. HE, 14. :
Gal. IE, 26, «per fidem, quæ est in Christo Jesu ». Luther : durch den Glauben an Christum Jesum.
1 Nous remplacons le texte grec par la traduction latine, qui est littérale.
Le
1 Cor. L, 4, 5, « gratia Dei, quæ data est vobis in Christo Jesu », « divites in illo». — Luther : durch ihn reich. — Grâce donnée par J.-C. ; enrichis par lui (Ost., St.).
Ï Cor. LE, 31, «In Domino glorietur ». — Luther : wer sich rühmet, der rühme sich des Herrn. (Tei la préposition è est éliminée.) — Se glorifie au sujet du Seigneur (St.). Le même auteur traduit le v. 30 du même chapitre : par lui (Dieu) vous appartenez 4 J.-C. :
I Cor. VII, 22, « Qui in Domino vocatus est servus ».—
L’esclave qui est appelé par le Seigneur (Ost.). — L’esclave appelé au Seigneur (St., OIt.).
I Cor. VII, 39, « Tantum in Domino ». — Pourvu que
ce soit selon le Seigneur (Ost.).
I Cor. XV. 58, «Labor vester non est inanis in Domino ». Votre travail n’est pas vain auprès du Seigneur (Ost.).
I Cor. IH. 12, « Ostium mihi apertum esset in Domino». Quoique le Seigneur m’y eüt ouvert une porte (Ost.). La préposition àv n’est pas traduite. Cf. St..et Bonnet.
IL, Cor. XIII. 4, «Infirmi sumus in illo». — Nous sommes aussi faibles comme lui (Ost., SE). |
Rom. [1f, 24, « Redemptionem, quæ est in Christo Jesu ». Durch die Erlosung, so durch Christum Jesum geschehen ist (Luther). — Au moyen de la rédemption faite par ELStT
Rom. IX, !, « Veritatem dico in Christo, non mentior. » Je parle en vérité devant Christ (St.).
Rom. XVI, 2, «ut eam suscipiatis in Domino. » — Afin : que vous la receviez pour l'amour du Seigneur (Ost.).
Rom. XVI, 7, « Qui et ante me fuerunt in Christo ». — Et qui même ont cru en J.-C. avant moi (Ost.); ef. XVL, 11, — Qui se sont altachés à Christ même avant moi (St.).
De
RTS
Rom. 16,10 «probum in Christo ». Reconnu fidèle 4 J.-C. (Ost).
Rom. 16, 12 à et b. « Quæ laborant in Domino ;... quæ multum laboravit in Domino ». Qui travaillent pour le Seigneur (Ost., Segond, OÏt, Bonnet). — Dans l'œuvre du Seigneur (St.). |
Rom. 16, 22. « Saluto vos ego Tertius in Domino. » — Je vous salue au Seigneur, moi Tertius (Ost.).
On le voit, les divergences sont nombreuses. Comment les expliquer ? Certes, nous ne prétendons pas que les traduetions doivent toujours avoir entre elles une parfaite unité ; cela, quoique fort désirable, sera peut-être à jamais impossible. Ce qu’on doit souhaiter toutefois, c’est que laccord existe sur les points les plus essentiels. IT est telle parole biblique qu’il est nécessaire de ne point rendre diversement, sous peine d’en fausser le sens.
On a remarqué, par les quelques exemples qui précèdent, que les différences portent sur la préposition à». C'est la seule difficulté que rencontrent les traducteurs : c'est leur pierre d’achoppement. Les uns, soucieux d’exactitude, ont adopté la traduetion qui leur semblait s’accorder le mieux avec l'interprétation spéciale à laquelle ils S’étaient arrêtés ; d’autres, désireux de littéralisme, ont traduit servilement. La Vulgate, par exemple, est irréprochable à cet égard. Elle se prête admirablement d’ailleurs au mot à mot: pour chaque terme de loriginal, le latin possède un correspondant exact, et c’est Surtout au point de vue des particules (prépositions, adverbes, conjonctions, interjections) qu'il manifeste sa supériorité sur les langues modernes, sur la française en particulier.
La difficulté de traduire exactement la préposition 2»
nous met en présence d’une considération générale relative à l’apôtre Paul. Si celui-ci avait été Grec, si dès son jeune âge et dans le cours de ses études il ne s'était servi que de la langue grecque, il n°v aurait pas à hésiter sur la traduction de &» Xo. 7. Elle serait indiquée par le sens de la préposition grecque. Mais il n’en est rien. L'apôtre éerivait ses lettres en grec parce qu'il avait affaire à des « Gentils »: pour lui, il était Juif, « Hébreu fils d’'Hébreux », et son instruction il l'avait recue à Jérusalem. Il n'est done pas douteux que sa pensée ait gardé lempreinte rabbinique. En fut-il autant de son style? Quel est le grec qu'il employait dans son ministère, et qui devait conserver éternellement la merveilleuse richesse de Sa pensée ? Ce n’était pas le gree pur de l'Attique, puisqu'il déehirait l'oreille délicate des Corinthiens (2 Cor. 11, 16). C’est un langage partieulier que l’on à désigné sous le nom d’idiome hellémstique. par où l’on entend « le dialecte dont se servaient les Juifs qui vivaient parmi les Grees ou entretenaient des relations suivies avec eux: ou bien, si l’on aime mieux, l’idiome hellénistique est cette forme particulière de la langue grecque qui prit naissance dans la bouche de l’orient sémitique; lorsque les deux sphères de la vie juive et de la vie grecque entrèrent en contaet et se pénétrèrent l’une Pautre » f.
Les deux langues se sont done ressenties de cette interpénétration des deux civilisations. Dans le langage de Paul, toute la question est d'établir le départ entre ies deux éléments hébreu et grec. On n'a pas de peine à découvrir l’origine hébraïque de certains termes comme foi, grâce,
! Ed. Reuss, Hellenistisches Idiom, Realencyclopädie de Herzog: tome V. |
AE ee
œuvre. église. esprit, chair, rédemption, saint, sauveur
justifier, sauver, ele. 1 mais, si nous nous placons au seul
point de vue de notre préposition &, voici ce qu'il s'agit de, déterminer : à quelle syntaxe appartient-elle ? Comment, dès lors, l'interpréter ? Est-elle un produit de Fhébreu et, par conséquent. la translation en gree d'une par-
licule hébraïque dont il importe de rechercher le sens ? ou
bien devons-nous écarter toute influence sémitique et ne considérer ê& que dans ses rapports avee la syntaxe grecque ?
Le problème, on le voit, ne manque pas d'intérêt : mais il est compliqué. Un théologien allemand, M. À. Deissmann, privat-docent à l’université de Marburg, s’est appliqué à en donner la solution ?. Cherchant l'explication de cette mème formule qui fait l'objet de cette thèse, 11 à abordé le problème par le côté philologique. Avec une patience admirable, pour déterminer Pinfluence qu'avait certainement subie la formule, M. Deissman se livra à une minutieuse enquête. Il rechercha dans la littétérature grecque profane, puis dans la littérature grecque sémitique, la préposition > employée d'une manière analogue à celle des épitres de Paul, et il conclut de cette comparaison a une influence exercée non par lhébreu, mais par le grec profane.
Nous allons exposer en quelques pages le travail du professeur allemand.
Il n'était pas nécessaire de S’arrèter à tous les passages renfermant la préposition 2. Ce qui constitue la marque
1 Ed. Reuss, 0. cét.
2 A Deissmann, Die neutestamentliche Formel & In Christo Jesu », Marburg, 1892.
TE
caractéristique de la formule paulinienne, c'est v suivi d’un nom de personne au singulier (èr Xovor® ‘Imoov). C'était cette construction dont il s'agissait de noter les” analogies dans les littératures que nous savons. |
Une première question à résoudre concernait le sens dans lequel iv était construit avec le sing. de la personne dans les grécités profane et sémitique.
Une deuxième question était relative aux sources de là syntaxe de Paul. Il fallait notamment rechercher si la formule ne devait rien au génie créateur de lapôtre.
C’est alors qu'il serait possible de répondre à une dernière question, de beaucoup la plus importante : que sionifie & Xo. ’Z FA
Grécité profane. M. Deissmann passa en revue tous les écrivains de cette littérature. Homère, Pindare, Eschyle, Sophocle, Euripide, Hérodote, les Comiques, Thueydide, Xénophon, Platon, Aristote, les orateurs attiques, Théocrite, Lycophron, Polvbe, Plutarque, Marc-Aurèle, Aelius Aristide, furent successivement et dans Pordre chronologique soumis à l'examen le plus subtil !.
Voiei les résultats de cette première enquête :
1°» suivi d’un nom de personne au pluriel est très fréquent dans le grec profane ?. Le singulier est beaucoup plus rare.
2° Dans le dernier cas, 2 doit être pris au sens local. Exemples : |
Pindare : »i» d Élnouce uér, êr Den ye ur téhos, OI. 45, 104.
Eschyvle : 2» GyyEhp yào xovnrds 600ôvre 16705. Ghœph. 762.
! Deissmann, op. cil., 16-32. 2 [] a dans ce cas le sens du latin inter.
Ar
Démosthène : 2» 1 Oe rù tovbrov téhos ir oùx êr tuor. 18, 193. Marc Aurèle : & DÜGLE, Ex GÔU AGIT, Ër Goù AdyTa, ElS OË AGPTA, Dr DE 3° Dans la grécité entière, des Tragiques à Aristide, 2 a très souvent, outre un sens local, un sens psychologique. Exemples : :
Sophocle : £ ooi tà zeivwr oact ylyrecOu xoérn. Oed à Col. êy d'EuOi TÉAOS QUTOU yérouto TS dE TS UNS HÉEL, Oed à Col. 422.
Euripide : n ooù Boapeverr, & veare, tods Aoyovs. Hel. 996.