C. — Théorie de Claude Bernard
Claude Bernard a proposé deux théories pour expliquer les phénomènes de télégonie.
Il suppose que quelques spermatozoïdes pourraient se conserver longtemps dans les voies génitales. « Une réserve de ce geare, dit-il, a été constatée chez un grand nombre d'animaux, par exemple chez les abeilles où le sperme du mâle est conservé par la femelle et employé successivement, »
Ce fait est incontestable dans quelques races animales, et un fait bien connu est que là reine des abeilles n’est fécondée qu'une fois et cependant elle pond durant toute sa vie une grande quantité d'œufs fertiles. Un fait analogue.a été observé chez certains chéiroptères chez lesquels le spermatozoïde présente une vie intra-utérine assez longue avant que son union avec l’ovule ne se fasse.
Les connaissances que l’on a à notre époque sur la longivité des spermatozoïdes permettent de rejeter complètement l’idée de Claude Bernard. Les sperma tozoïdes sont, en effet,des organismes délicats et qui meurent rapidement ; dès qu'ils sont sortis de la glande mâle. On a jamais trouvé de dépôts de spermatozoïdes vivant plus de sept à huit jours dans un organe femelle. Il semblerait donc bien difficile d'admettre que ces spermatozoïdes puissent exercer une action quelconque sur des phénomènes qui se passent longlemps après leur introduction dans les
voies génitales femelles.
» La seconde théorie de Claude Bernard est la suivante: « Chez les animaux, dit-il, les éléments reproducteurs ne s'unissent pas un à un, il faut loujours ua grand nombre de spermatozoïdes pour un ovule unique. Il existe un minimum qui doit être dépassé, sans quoi la fécondation ne peut pas se: faire. Les expériences sur les végélaux ont conduit à un résultat de même nalure. L’abaissement de la.
quantité de pollen au-dessous d'un certain mini-
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mum ne donne lieu à aucun développement ou bien seulement au développement d’un être chétif. »
La poule donne encore des œufs (7 à 8) fécondés après son accouplement, ce qui a amené Baron à penser,dans son livre «sur les méthodes de reproduction ou zootechnie » que l'ovaire de la poule contenant des ovules à tous les stades d'évolution,ce sont seulement les plus mûrs qui sont fécondés pleinement et que les autres ovules sont fécondés plus ou moins suivant leur stade d'évolution.
La théorie de Claude Bernard n’est plus admissible aujourd'hui, car nous savons que toute fécondation est due à l’union d’un ovule avec un spermatozoïde unique. Cette union est suivie de la formation d’une membrane péri-ovilaire dure, résistante, qui semble être une réaction de défense de l’ovule fécondé, interdisant toute pénétration ultérieure d’autres éléments mâles. On sait également,que tout ovule avant d'arriver à maturité,est enfermé dans le stroma ovarien où il n’est pas accessible aux spermatozoïdes.
Il semble donc ne rien rester des théories de Claude Bernard.
D. — Théorie de Darwin
Elle est basée sur une action immédiate et directe . de l'élément mâle sur l'élément femelle. Darwin prétend que l’élément mâle peut agir sur d’autres organes du corps de la femelle que l’ovule et lui communiquer des qualités particulières de l'individu
dont il est originaire ; l’'ovule n’est pas seul à être influencé ; tous les faits cités dans cet ordre d'idées l'ont été chez les végétaux.
Si des pois de variété blanche et de variélé bleue poussent côte à côte, on trouve souvent des pois bleus et blancs mélangés à la récolte. Même phénomène pour la coloration des épis de maïs. .
Gallision fécondant des fleurs d’cranger avec du pollen de citronnier, obtient une fois une orange dont tout le bout longitudinal avait la couleur et le goût du citron.
Le cas du pommier est le plus significatif. Darwin parle du pommier de Saint-Valéry: « Qui ne produisant pas de pollen par suite de l’avortement de ses étamines, doit être chaque année fécondé,opération exécutée par les filles de l'endroit au moyen de pollen de différentes variétés. Il en résulte des fruits différents de grosseur, couleur et saveur, et ressemblant à ceux des variétés qui ont fourni l’élément fécondant: donc les organes femelles et en particulier l'ovaire semblent directement influencés par le pollen. »
Darwin en tire la conclusion suivante : « si une même fleur pouvait donner des grains pendant plusieurs années consécutives, il n'y aurait rien d’étonnant à ce que celte fleur dont l'ovaire aurait été modifié par un pollen éiranger donnât ensuite fécondée par elle-même, naissance à des produits modifiés par l’action de l'élément mâle antérieur, vu ce quia été observé effectivement chez les animaux. »