‹ De l'Imprégnation Maternelle ou TélégonieChapitre 9 sur 12 · LIRE · texte numérisé non relu

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Darwin insiste donc sur ce fait que le pollen semble influencer tout l'appareil femelle et non seulement l’ovule ; il en conclut que chez les animaux où les organes femelles donnent naissance à plusieurs produits, tous ceux-ci peuvent être influencés par la fécondation.

E. — Théorie de Weïissmann

Sous le nom de théorie de continuité du plasma germinatif, Weissmann a essayé de donner une explication du phénomène qui nous occupe.

Pour lui, la fécondation n'étant que la copulation de noyaux que renferme le placenta germinatif, une seule partie de ce noyau est employée, le reste formani une réserve ; en d’autres termes, le plasma germinalif pourrait avoir un double rôle : la production

d’un embryon et la conservation de l'espèce.

F.— Théories diverses

Pour Bard,ce seraitune sorte d'hérédité fraternelle, le fœtus imprégnerait les cellules germinatives non fécondées encore el qui seraient appelées à l’être par la suite.

D'autres auteurs ont pensé que les filaments nucléaires de la queue de spermatozoïde modifieraient les parties des ovules en voie de maturité.

D'autres encore ont pensé que l'influence pouvait

venir des globes polaires de l’ovule fécondé.

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Enfin, quelques auteurs ont pensé qu’il pouvait s’agir de fécondations arrêtées dans leur développement, restant à l’état latent dans l’organisme et se réveillant un jour sous l'influence d’un nouveau stimulus,comme par exemple un nouvel accouplement.

Cost cite le cas d’un crabe brun où l’accouplement se faisant après la mue, ce n’est qu’au bout de deux mois qu’apparaissent les premiers signes de développement de l'œuf.

Bichoff prétend que chez le chevreuil on assiste aussi à un véritable arrêt du travail entre le mois d'avril où se fait l’accouplement et le mois de décembre, à cette époque l’évolution reprend son cours normal.

Ces théories restent des hypothèses, personne n’est à même de leur donner encore force de lois; et si certains auteurs apportent leur croyance à ces faits de télégonie, d’autres, au contraire, la nient complètement.

Le professeur Pinard prétend n’avoir Jamais constaté nettement un cas de télégonie et dit que les observations rapportées ne constiluent pas pour lui des faits d’une véracité indéniable donc en l’absence de preuves il conclut par la négative.

M. Cousin, dans sa thèse sur l’imprégnation de la mère « r903 » dit qu’on peut expliquer les phénomènes de télégonie par l’atavisme simple ou par les variations spontanées.

Enfin la possibilité de la superfétation peut faire attribuer à un individu les enfants d'un autre.

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M. Cousin dit que : «Sila variation spontanée peut produire des modifications aussi considérables que celles que nous observons chez les mérinos de Mauchamps à tête bouledogue ou le Taureau sans cornes du Paraguay elle doit certainement influencer la pigmentation et les caractères aussi secondaires que ceux invoqués dans les cas de télégonie.En effet l’étude des phénomènes de variation a montré que de tous les organes ce sont ceux dérivés du tissu épithélial poil, laine, etc. qu’elle modifie le plus souvent. Comme de plus il est acquis que les différentes robes de mammifères dérivent du fauve couleur fondamentale des animaux restés ou redevenus sauvages par suite d’une exagération ou d'une diminution des pigmentations on peul très bien admettre que certaines conditions de la nutrition fœtale peuvent en entraînant une différence dans la quantité ou la qualité des pigments faire apparaître chez les petits une coloralion différente de celle de ses ascendants.Il est en effet très fréquent de constater l’apparition spontanée sans cause apparente de sujets blancs ou marqués de blanc dans la descendance des sujets foncés. De même on voit souvent des individus noirs ou pie-noirs engendrer des petits pie-rouge alezau ou froment.Et cela bien entendu sans qu'il soit possible d'invoquer la télégonie mais à côté de ces pigmentations anormales sans cause évidente il en est d’autres qui, regardées souvent comme inexplicables, sont très faciles à interpréter et auraient pu être prévues d’avance.Il est,en effet, bien connu aujourd’hui

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que des sujets de robes foncées ou claires présentant en un point quelconque une tache blanche ou noire souvent très petite, presque toujours inconnue, peuvent engendrer des sujets qui seraient noirs ou blancs ou tachés de l’une ou de l’autre de ces couleurs,selon que l’ascendant était porteur d’une petite marque noire ou blanche. On a chez les moutons une confirmation journalière du fait et toujours quand on recherche la cause de la pigmentation noire ou rousse de certains agneaux on trouve chez le bélier ou la brebis une tache de ce genre soit à un point de la peau, soit à un point de la muqueuse buccale.

Marcel Vachet qui a étudié ce fait dans un troupeau de dishley pure, race sélectionnée vers le blanc depuis des siècles, a constaté que dans tous les cas d'agneau noir on retrouvait des taches chez les ascendants. Dans le cas d’un bélier à plaque buccale noire unie des mères blanches sans marque noire il obtint 25 o/o d’agneaux noirs ou tachés. Quand les femelles, elles aussi, avaient des plaques noires buccales tous les agneaux restaient noirs.

Nous avons pu constater nous-même ces faits dans ua troupeau de brebis berrichonnes.

Un autre phénomène naturel peut expliquer certains cas attribués à la télégonie, c’est la supertétation.

Ce phénomène est incontestable et peut se définir ainsi : il y a superfétation lorsqu'une fe melle ayant à quelques heures ou a quelques jours d'intervalle des rapports avec deux mâles différents donne naissance

2Jfoes à des produits ressemblant l’un au premier mâle l’autre au deuxième.

C'est chez le chien et le cheval que les phénomènes furent le mieux mis en évidence.

M. Cheauveau rapporte à la Société de Chirurgie de France l’exemple frappant d’une jument qui fut saillie le même jour à très court intervalle par un baudet et un étalon. La jument mit au monde un mulet et un poulain pourvus l’un et l’autre de leurs caractères spéciaux absolument tranchés.

Dans la race canine le contrôle des rapports ne peut être fait avec une grande exactitude, les phénomènes de superfétation peuvent avoir quelquefois fait naître des erreurs et provoqué des phénomènes de ressemblance qui furent attribués à la télégonie.

Certains auteurs ont même poussé leur croyance en la télégonie plus loin et ont prétendu que non seulement la femelle était imprégnée du mâle mais que le mâle lui-même recevait de la femelle une imprégnation analogue et que ses produits ultérieurs avec d’autres femelles ressembleraient à ces premières.

M. Fasquelle donne à ce propos un exemple frappant : l’éleveur possède un taureau et des vaches tous deux de races normandes pures et obtient des produits purs. Le taureau saillit une vache jersyais puis une vache normande qui donne un produit croisé jersyais.

M. Cousin qui cite ce cas dans sa thèse en donne une explication qu'il tire de l’atavisme en disant que les races Jersyais et normandes vivant sur le même ter-

NAT EE ritoire les croisements entre ces deux races doivent être multiples et que par conséquent il doit toujours y avoir dans les ancêtres du produit croisé un individu de chaque race. On se trouve simplement en présence d’un phénomène d’atavisme,

Après de multiples exemples invoqués il donne une explication infirmant la télégonie. M. Cousin dit . qu’à son avis tous les cas de télégonie sont justiciables de l’un de ces trois ordres de phénomènes : varia-

ti°2 spontanée, atavisme ou superfétation.

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