SIT
L’Abstinence, la Continence, l’'Abus des alimens échauffans, du
Vin, des Liqueurs spiritueuses, et le changement de régime.
L'Abstinence. Les vues ridicules d’une piété outrée excitant une émaciation sensible par la diminution ou la suspension d’alimens suceulens qu’on remplace par d’autres peu substanciels, le spasme de l’œsophage, les obstructions du pharynx, d’autres accidens, enfin, qui arrétent les fonctions du conduit alimentaire, réduisent à un état d’atonie bien propre à éteindre les feux de la concupiscence : le corps alors dépense
(48 ) plus qu'il ne recoit, sans réparer, et bientôt l'épuisement remplace son état de vigueur.
« Les molécules nutritives, disent MM. Hallé et Nysten (1), après avoir pendant quelque temps fait partie des tissus organiques , et coopéré à l'action de ces mêmes tissus, sont portées au dehors parles émonctoires naturels des diverses évacuations, et remplacées successivement par de nouvelles molécules : nos organes se décomposent donc, et se recomposent continuellement; et si l'alimentation, qui est la première condition de la recomposition, n’a pas lieu , l'épuisement survient, etc. »
Il n’en est pas de même des animaux à sang froid, chez lesquels l’activité organique est presque insensible. J’ai conservé pendant des mois entiers, à Saint-Domingue, des crocodiles , des lézards et des serpens, destinés à être disséqués, et qui n’avaient éprouvé qu'une légère émaciation. L'homme, par sa constitution , est plus assujéti à ces vicissitudes que la femme, puisqu'on en a vu qui, dans des affections nerveuses,
(1) Au mot Abstinence du nouveau Dictionn. des
Setences médicales.
accompagnées de défaut des sécrétions muqueuses, intestinales, menstruelles et urinaires j sinon complètes, du moins imparfaites, et sans exhalation des parties animales , n'avaient pas besoin de réparer, puisqu'elles n'avaient pas perdu. J'ai donné des soins à une jeune. dame qui, à la moindre contradiction, éprouvait des attaques nerveuses qui duraient, en alternant, pendant deux ou irois jours, et après lesquelles la malade ne mangeait que par raison.
« On nous cite dit M. Marc ( mot célibat du Nouveau Dictionnaire des Sciences médical es), l'abstinence des anciens athlètes et des chanteurs. On nous oppose celle des pieux cénobites: mais que peut-on inférer de pareils faits? Prouvent-ils queces malheureux n’aient pas eu à soutenir des combats continuels entre la chair et l'esprit? et comment, décider avec certitude lequel des deux. aura remporté la victoire ? »
Par un excès contraire, à la suite d’une.orgie, dans les momens, heureux où une passion fougueuse semble disposer à l’amour, où des torrens prurigineux semblent circuler dans les veines, on se sent embrasé parl’instinct producteur, on cherche sa victime, et, dans l’excès de son amour,
Tous Il. A
on ne peut sacrifier à Vénus, parce que les liqueurs fortes , en crispant les nerfs de l'estomac,
et altérant son velouté, on affaibli ses organes digestifs, et ont éteint la sensibilité des tuniques internes et externes, en rallentissant le jeu des neris, ou l’excitant d’une manière outrée; parce qu'’enfin la scène principale des sensations se passe au cerveau, en état de congestion, et non à l'appareil génital, malgré l’appétence sexuelle qu'on avait éprouvée. On a vu des imprudens périr au milieu de l'acte du coit, pour avoir ainsi interrompu leur digestion.
On fait mal l'amour avec l’abstinence :
Sine cerere et Bacchus friget Venus,
ancienne proposition imaginéé parce que le pépin du raisin et le grain du froment imitent les parties sexuelles de l’homme et de la femme. Cependant cetteproposition n'est pas très-exacte, puisque l’excès du vin cause l'impuissance.
On a souvent observé, dit virey, que l’abstinence détruit la force générative, que l’abondance la réveille ; que la population augmente dans les années d’abondance , et reste stationpaire dans les années.de disette,
(( bad PROPOSITION XXVIr.
La continence rigoureuse et long-temps prolongée jette les organes génitaux dans une espèce de sommeil ou d'engourdissement qui produilégalement l’impuis-
sance.
La continence, continentia cirea res vènereas (M. Sédillot, ÂVou». Dict.. des Scienc.
méd.). « La continence, selon M. de Montègre, est l'effort par lequel on résiste au penchant qui nous porte aux plaisirs de l’amour. La continence diffère de la chasteté, en ce que celle-ci est la suite d’une disposition naturelle qui n’a rien de pénible, tandis que la première suppose un combat et une victoire. »
Nous ne considérerons ici la continence que relativement à son influence en amour et sur la santé. |
Quand on à connu le bonheur d’aimer, quand avec un cœur,sensible on a su apprécier les douceurs d’une union assortie , et que la sympathie d’humeurs semblait autoriser, la privation d’une épouse chérie, d’une amante adorée, leur éloignement involontaire ou leur mort, sont les
plus grands malheurs qui puissent nous atteindre. La continence alors, sans espoir du bonheur desamans, devient l'état le plus affreux ; sans consolation, sans pressentiment d'un heureux avenir, on se déplait à soi-même, on devient maussade et promptement irrascible; la -plus légère contrariété devient une offense grave, et excite soudain les émotions les plus vives, et souvent les plus déraisonnables; la colère, la fureur éclatent; on reconnaît plus tard son erreur, et on gémit de sa triste destinée.
L'âme absorbée, on renonce aux élans d’imagination par lesquels on pouvait s'illustrer; a gloire devient uñe chimère, lidole a disparu , on lui envie le même sort, En vain la raison vient à notre secours, ses ressources sont impuissantes; celles de la persuasion semblent être les faiblés armes de l'enfance employées contre des passions fougueuses qu'on à peine à dompter.
Quel torrent impétueux, et entretenu par quelle source? La continénce!.... Insupportableen cet état, elle devient un supplice. Elle aliène toujours les facultés mentales et intellectuelles par
une vibration trop forte du système nerveux. Ce
(55) spasme finit le plus souvent par la compression et l’inondation du cerveau.
« L'imbécilité désigna , pendant pius de six cents ans, sous le nom burlesque de minution (1), la saignée périodique que chaque reli- - gieux essuyait forcément aux quatre saisons de l’année. Malade ou sain, aucun n’était à l'abri du coup de lancette : le sang devait même couler jusqu’à ce que le supérieur fit appliquer la compresse. C'est ainsi que du temps de saint Louis les saignées étaient très -fréquentes , au point que ce prince fut obligé d'imposer des lois aux religieuses de l’Hôtel-Dieu de Pontoise, par lesquelles il ne leur fut permis de se faire saigner dorénavant que six fois par an; savoir : à Noël, au commencement du carême, à Pâques, à la Saint-Pierre ; dans le mois d’août et à la Toussaint. On trouve les mêmes ordonnances dans les statuts des Chartreux, faits par le vénérable Guigne, leur cinquième prieur. |
« I y avait encore des ordres religieux dans lesquels c'était une règle et une discipline du
cloitre, de se faire saigner tous les ans au moins
qi Encyclopediana.
(54) une fois. C'était une fête pour Îe couvent, Îorsque l'époque de la saignée arrivait. La saignée (1588) était encore une régle de pratique dans les couvens cloîtrés des religieuses. En vain leur faisait-on à ce sujet des représentations , elles étaient eu pure perte. Les religieuses regardent leurs saignées (1) comme un besoin indispensable de leur état. Sans cette précaution nécessaire pour disposer à l’asthénie, et amortir l’aiguillon de la chair, les moines (ceux au moins fidèles. À leurs devoirs), ne prenant aucun exercice, se nourrissant bien, ne perdant rien, n'auraient pu observer la continence sans s'exposer aux plus grands désordres et à des métastases. On
(1) Les plus vouées à leur profession faisaient usage de lotions réfrigérantes, ou de plaques de piomb sur les lombes. On administrait aussi aux novices, sans les en prévenir, des sirops de nymphæa, de pourpier, de jaitue, qu'on mêlait à leurs alimens sucrés. Mais ces moyens étaient d'une très-faible ressource contre l'orgasme vénérien, dit M. de Montègre, lorsqu'on avait à combattre des passions ardentes chez des sœurs d’un fort tempérament, qui d’ailleurs n'avaient pas renoncé aux écarts de l'imagination. » Ces mesures le plus souvent
ne servaient qu’à troubier les fonctions digestives.
lit avec intérêt, au mot continence du /Vouvreau Dictionnaire des Sciences Médicales , Y'histoire du malheureux Blanchet, curé de la Réole en Guyenne, dont il est parlé dans les. dernières éditions des OEuvres de Buffon, qui, par suite de continence, éprouva des prestiges, des fureurs guerrières maniaques, avec perte de raison, et une force extraordinaire.
J'ai connu particulièrement un jeune homme, fortement constitué, et doué de beaucoup de talens, qui, à la suite d’une sévère continence et d’une application immodérée, avait la manie de croire à son infériorité sur ses collègues, qu'il surpassait tous par les ressources de son art, qu’il possédait au plus haut degré de perfection.
Fodéré cite, comme résultat de la continence, une déviation curieuse de la liqueur séminale.
Un jeune Lyonnais, devenu pubere à l’âge de seize ans, et observant une continence absolue, dit-il, commença par éprouver dans le fond du bassin, et dans l’ensemble des organes sexuels des douleurs sourdes, suivies enfin de l’évacuation d’une humeur glaireuse de couleur perlée, qui laissait une impression brülante, et une inflammation érysipélateuse sur le canal, ce qui
cessa au bout detrois jours, et renditle calme au malade. Chaque année, jusqu'à l’âge de dixneuf ans, lés mêmes scènes se répétèrent. À cette époque , le jeune homme observant toujours la même continence , l'humeur 'spermatique abandonna l’urèthre , et'se porta sur les intestins, où elle produisit les mêmes cuissons. Quelques mois après, la paume de la main devint le siége de cette humeur bizarre, acquérant toute la sensibilité propre aux organes sexuels. Le matin, après les repas, ou à la vue des’ personnes du séxe qui plaisaient au jeune homme , les mains entraient dans une douce chaléur qui ‘se communiquait bientôt à-tout le bras ; et, siles mains étaient frottées l’une contre l’autre, cétte chaleur devenait brûlante, et se communiquait avec rapidité à tout le corps , se terminant par une syncope voluptueuse..….. Pendant tout ce temps, la nature restait muette dans'toutes les parties de la génération.» (Fodéré, t. 1°, p. 530.)
Tl'semblerait, d’après cette observation faite pär M. Martin l’aîné , et extraite du recueil des actes de la société de‘médecine de Lyon, an VI, que le Spérme contient un principe âcre etirri-
tant, sur g'eneris, propre à agacer, par son contact et à son passage, tout système excitable.
Dans certains monastères, on consultait un médecin sur la vocation du novice, afin d’apprendre de lui si la constitution dominante le rendait propre ou non à la vie religieuse. Les supérieurs, de leur côté, étudiaient le caractère, afin de pescr'les résultats physiques et moraux.
Saint Léon ne permit pas quelles jeunes filles destinées à être religieuses prissent le voile avant quarante ans, époque de la vie où les passions sont calmées , et où les néophites peuvent se consacrer entierement à leurs devoirs.
Ut monacha non acciperet et velaminis capis benedictionem, nisi probata in virginitate anris quadraginta.
La continence est facile pour ceux dont l’imagination est froide. Les chiens et autres animaux ne sentent le besoin de se réunir qu’à certaines époques de l’année, mais l’homme ardent (1),
(1) «On'sait-pourtant, dit M. de Montègre.( au mot continence, du Vouv.Dict. des scienc. méd. ), avec . quel'säle emportemernt toutes les espèces de singes sont
adonnés à la masturbation ; mais les autres animaux qui
(58) entouré des objets qui excitent ses désirs et flattent ses sens, ne peut y renoncer et s’inter-
ne sont pas organisés de facon à assouvir aussi facilement leurs désirs, savent fort bien trouver les moyens de se satisfaire lorsqu'ils sont privés de leurs femelles : nous pouvons du moins l’observer sur à peu près toutes les espèces qui vivent dans notre dépendance, et ceux là sont aussi les seuls qui se trouvent fréquemment condamnés au célibat. L'incontinence des chiens est si connue, qu’elle est passée en proverbe. Ces animaux ont des moyens variés de se satisfaire : tantôt c’est par des frottemens contre un corps quelconque; tantôt il leur sufht du resserrement que la verge éprouve dans son fourreau , d'où ils la font sortir par des secousses répétées. J'ai vu un chien braque, qui, s’établissant sur une chaise, se plaçait sur le dos; alors il croisait les jambes de facon qu'il se présentait une ouverture étroite où la verge était recue. On voit assez souvent des chevaux entiers, employer pour se satisfaire des moyens analogues... Le chameau, quand il entre en rut, se jette indifféremment sur tout ce qu’il rencontre , et te presse sous son ventre jusqu’à ce qu'il ait assouvi son besoin. Enfin, pour compléter les exemples de faits semblables, le premier des deux Eléphans morts à Paris depuis dix
à douze ans, se procurait, dit-on, par certains mou-
Fa
dire cette suprême jouissance, qu'en contrariant les vices de la nature, et provoquant dans son économie un désordre dont les suites fâcheuses mènent à la vésanie et autres affections nerveuses.
L'homme sans passions n'existe ni dans le fond d’un bois, ni dans la société, ni dans une cellule. On ne trouve plus de Spurina, jeune Romain, beau de corps, enfant chéri des dames, et redouté des maris, qui, de peur d’exciter le trouble dans les ménages, se défigura entièrement le visage pour paraître hideux.
« Les passions, ainsi que les élémens, dit un
sage auteur, quoique nées pour combattre, ce-
vemens qu'il savait donner à sa masse, des éjaculations si fréquentes et si abondantes, qu’on a pensé que cette habitude avait dû contribuer à sa mort. »
Voilà bien chez le mâle des ressources pour empêcher les funestes ravages d’une semence trop long-temps retenue; mais quels moyens peuvent employer les femelles! N'est-ce pas cette même continence qui leur occasionne fréquemment cequ’on appelle vulgairement la rage mue? J'ai remarqué cette maladie chez une chienne d’arrêt, dont on ne voulait pas propager l'espèce, et qu'on ne
faissait pas sallir à l’époque de son but,
pendant mêlées et adoucies s'unissent, dans l’ouvrage de Dieu ; il ne faut que les modérer et en faire usage sans chercher à les extirper. Ce qui compose l’homme, l’homme peut-il le détruire?.. N’exigeons de la raison que de se tenir dans la voie de la nature; docile à ses impulsions, fidèle aux desseins de Dieu, qu’elle se contente de calmer les passions et de se les assujétir.
« L'amour, l'espérance et la joie, selon Pope, bande riante du plaisir, et la haine, la crainte, le chagrin, triste cortége de la douleur, les uns mêlés aux autres avec art, etrenfermés dans leurs justes bornes, font et maintiennent la balance de l'âme, composent les lumières et les ombres dont le contraste assorti fait la force et le coloris de la vie. »
« Nous ne sommes pas encore, et peut-être ne serons-nous jamais, dit Cabanus, en état de déterminer par quelle action particulière les organes de la génération influent sur les autres organes ; comment ils dirigent, en quelque sorte, leurs opérations , et modifient le caractère et l'ordre des phénomènes qui s’y rapportent. Mais cette influence est évidente, elle est incontes-
( 6à ) table. Les formes et les habitudes des hommes mutilés se rapprochent de celles de la femme. » On sait pourtant que les eunuques ne sont pas entièrement exempts de désirs vénériens.
On doit croire aussi que l’effusion du sperme sécrété par les organes génitaux; l'odeur vireuse et pénétrante qu’il exhale, transmise au cerveau par l'organe olfactif, le prurit délicieux et universel qui en accompagne l'émission, agacent sensiblement les houppes nerveuses, et peuvent, par conséquent, plus ou moins produire l’orgasme de tout le système sensitif.
Si la chasteté, d’après toute lacception du mot (1), Contrarie les lois de la nature, cette bonne mère en respecte cependant quelquefois les motifs, et récompense libéralement les sacrifices que la piété fait des momens les plus doux
(1) L'homme qui observe la chasteté ne connaît ni les douceurs de la paternité, ni les charmes de l’amour ; il vit isolé sur la terre, souvent triste et mélancolique, et vieillit abandonné : pas un regret ne l'accompagne à ses obsèques, pas une larme ne coule sur sa tombe. tout atteste qu'il a commis un attentat contre les droits de l'homme physique et de l’homme moral. ( Mot chasteté du Nonveau Dict. des Sc. méd.)
de la vie. L’illustre Buffon parle d’un ecclésiastique qui, fidèle à ses vœux, fut atteint, à itrentedeux ans, d’une vésanie, ou délire maniaque , au milieu de laquelle il fut comme inspiré, et posséda avec perfection les arts de la poésie, de la musique et du dessin , à l'étude desquels il ne s'était jamais livré. Get ecclésiastique , soit que enivré par les éloges donnés à de si rares talens, soit que, par une nouvelle effervescence des passions, il n’ait pu résister aux charmes de la séduction, se rendit aux accents de la nature!..….. Dès qu'il eut secoué le joug austère qui le tenait asservi, et qu'il eut connu les douces libations de l'amour, il redevint un homme ordinaire, perdit jusqu’au souvenir des talens qui semblaient ne lui avoir été confiés que sous condition ; mais aussi il recouvyra la santé : tant il est vrai que les émanations volatiles de la liqueur séminale, étant retenues dans leurs réservoirs , refluent versie sensorium,etenprovoquenttoutes les facultés prédisposantes.
La chasteté cesse seulement d’être nuisible à l'économie lorsqu'il y a imperfection des organes générateurs, mutilation artificielle ou accidentelle , ou lorsque de sensibles affections de l'âme
ont reporté sur un autre point toute l'énergie vitale, ou bien encore dans l’hiver de la vieillesse. « Quant aux plaisirs de l'amour, dit Celse, l’homme ne doit point s’y livrer (1) avec trop d'ardeur, ni s’en priver avec trop de scrupule : ces plaisirs, pris avee modération, donnent de l’activité et de la légèreté au corps; au lieu que, pris avec excès, ils affaiblissent et énervent le tempérament. 11 doit fuir avec la plus grande attention, tandis qu'il se porte bien, les excès , de quelque genre que ce soit, afin de ne pas altérer et ruiner cette vigueur de constitution nécessaire pour supporter les maladies lorsqu'elles arrivent. » |
Hcœc bene si serves, tu longo ternpore vives.
Si la continence prolongée flétrit le pénis chez l’homme , l’exercice modéré du coit, les excès. même précoces, développent les parties génitales. Suivant l'âge, le sexe, la nature du tem-
pérament, l’époque prématurée des premières
(2) « Lorsqu'on se livre trop facilement aux douceurs de Vénus, ces voluptés deviennent coutume, dit
saint Augustin, et cette coutume nécessité. »
( 64 ) jouissances , les alimens'et la constitution, ou l'idiosyncrasie de l'individu, la chasteté devient pernicieuse , et paralyse l'homme par ses effets assoupissans.
La continence est tellement contraire aux lois de la nature , et le besoin d’aimer est tellement impérieux chez certains individus , que l’érotomanie jette dans les plus grands désordres, d'où il résulte la manie, les vapeurs, la mélancolie, l'épilepsie, et autres commotions et aberrations du système nerveux.
Mulieres quædam acribus copiosis spermats iericulis prurientes, desiderio consuescendi cum viris in sœva hysterica pathemata incidunt; line tantus in virgtribus juxta ac fæmuints salaciortbus mali hystericr est proventus. (Hoffman, t. 5, cap. V, p. 141). |
L’autopsie cadavérique présente les vésicules séminales et le canal déférent très-engorgés dans ceux qui ont beaucoup joui, et dont les tu’ niques sont dilatables, tandis que chez les pieux cénobites (1), ces mêmes canaux excréteurs sont rétrécis, témoin ce vieillard que j’ai dissé-
(1) Saint Martin.
(65) qué à Orléans pendant mes cours d'anatomie, et dont je cite plus bas l'observation.
La plénitude des vaisseaux spermatiques produit, on le sait, un prurit provocateur et irrésistible ; mais cette voluptueuse irritation ne peut s’apaiser qu'après l’expansion du fluide séminal ; car, suivant Galien , toutes les parties de l'individu qui n’exerce pas le coït regorgent de sperme. On peut attribuer la majeure partie des maladies qui affligent le sexe à la répression des désirs passionnés qui l’animent. Heureux quand le sommeil nous présente un fantôme entouré de ses illusions! il devient une source de volupté, dégage nos organes engorgés de l'excès de cette liqueur mordicante qui , à l’ivresse de nos sens, ajoute le trouble de nos autres fonctions.
Le sperme, quoique retenu, ne cause pas tant de désordres chez les personnes de l’un et l’autre sexe accoutumées à jouir, et dont les vaisseaux déférens (1) sont progressivement dilatés,
(1) En parlant de l’un et l’autre sexe, je ne veux pas dire par là que la femme ait des canaux déférens, et existence de sperme; cette condition organique ne se
que chez les célibataires qui, par motif de religion où autre, n’ont jamais connu les douceurs d’un rapprochement amoureux.
Je me rappelle, étant étudiant à Orléans, sous M. Ballet, démonstrateur d'anatomie, avoir assisté à l’ouverture, et disséqué le cadavre d’un pieux cénobite âgé de 83 ans, dont les cordons spermatiques étaient absolument filiformes , et les testicules flasques et flétris.
On a vu de jeunes veuves, pour ne pas vouloir enfreindre les lois de la bienséance et de la pudeur, être frappées d’épilepsie par la distension de l'utérus surabondamment arrosé; par l’engorgement des vaisseaux, par l'irritation et le prurit contiñuels de cet organe sensible , résultat ou de menstrues retenues, ou du besoin du coït (1). Je rencontre tous les jours dans le
rencontre que dans l’homme; car on ne regarde pas comme du sperme l'espèce de liqueur diffluente qui est sécrétée par les cryptes muqueux de la membrane qui tapisse les nimphes et lorifice du vagin, et qui sert à lubréfier ces parties pendant le coït.
(1) L’utérus n’a pas de vaisseaux spermatiques, et il n'est pas toujours distendu dans le veuvage, ni surabon-
damment arrosé. Il peut être engorgé, soit par l'effet de
pays que j'habite, une fille âgée de dix-neuf ans, qui est dans ce cas de nymphomanie, et vient demander l’aumône en affectant des gestes indécens et des postures licentieuses: elle se livre, au milieu des campagnes, au premier venu, plus méprisable qu’elle, ét qui ne peut assouvir la rage brutale de cette Messaline effrontée que le coït aiguillonne encore d’une ardeur plus dévorante et plus impudique. Dans ce cas d’épilepsie, l'affection n’est pas un vice local; le cerveau n'agit que secondairement, et par suite d’une expansion nerveuse irradiant de l'utérus , siége du premier désordre. Dans cette occurence, Hippocrate dit :
S? concipiant sanescunt (1).
pléthore sanguine, soit par celui de la pléthore lÿmphatique. La membrane muquense qui le tapisse peut sé-
créter une plus grande abondance de mucus, de même que celle du vagin, de là l'écoulement leucorheïque à la suite d'un orgasme vénérien long-temps en permanence, et qui n'a pas été satisfait. C’est par suite du relâchement qui succède à cette orgasme vénérien non satisfait, que la femme est frappée d’impuissance.
(1) On conçoit aisément qu’une fille où femme en cet
état dégradant de nymphomanie, est bien capable de
La continence est donc un combat perpétuel des sens, par lequel la pudeur ou le devoir résiste aux impulsions poignantes des passions et de la nature. Que d’efforts pour réprimer les mouvemens tumultueux d'organes agacés par les désirs et la promesse du plaisir! d'organes que la nature à choisis et désignés pour l’exécution de ses projets et la reproduction des êtres! Quand les sens ont parlé, il ne faudrait plus être homme pour être docile à la voix peu persuasive de la raison. Le mortel apathique, et faiblement constitué, peut seul prétendre au triomphe de cette passion fougueuse, et à l’empire de la raison sur les sens. La jeune beauté, pressée par son amant, aux instances duquel elle s'efforce de résister pour ne pas flétrir sa réputation , combat péniblement, et lutte avec un eflort continuel contre les orages des passions coalisées pour sa défaite. Cette fatigante occupation des facultés intellectuelles réagit sur les fonctions des viscères, qu'elle altère ou qu'elle suspend. Le mouvement angiostatique
déterminer l’anaphrodisie chez les hommes qu’elle provoque à satisfaire ses désirs effrénés.
est péniblement interrompu , le cœur perd l’énergie de sa systole; une compression trop longtemps prolongée dérange la fibration de ses muscles, et conduit, par une contraction constante, au spasme du centre et à l’'engorgement des capillaires; les excrétions se vicient, le sang est imprégné de fluides acrimonieux , l’utérus, cause de tous ces désordres, les irradie de son foyer, et frappe s'épigastre etl’hypogastre des plus grands désordres; la circulation est ralentie, le foie, s’engorge , et l’ictère est produite. De là ces affections qu'on doit rapporter à leur cause première: chez les hommes, la manie, l’épilepsie, le tétanos, et autres fruits d’une retenue trop sévère; et chez les femmes, l'hystérie accompagnée de strangulation , de suffocation , de palpitations qui en sont les symptômes ; les convulsions, les pleurs et les ris immodérés, les mouyemens déréglés de l'utérus et des viscères; les céphalalgies, celle appelée le clou hystérique , etc. , tous effets provenans, chez les femmes , de l'embarras de la matrice, où sont retenusces fluides vireux et effervescens, cette sécrétion d’une humeur lymphato-muqueuse dont l'odeur nauséabonde annonce qu'elle est satu-
(79 ) rée de principes volatils dont la stase contrarie le vœu de la nature.
Le séjour de cette humeur fermentiscible occasionne, par l'absorption des nombreux vaisseaux lymphatiques dont la matrice est arrosée, son épaississement, sa dépravation et son action stimulante sur les nefs de cet organe sexuel, doué d’une sensibilité extrême. Elle est d’abord marquée par une sorte d’engourdissement auquel succède une irritation qui communique au Join sa sympathie sur toutes les parties susceptibles de vibrations et d’irratibilité nerveuses.
«Peut-être, dit M. Chambon (1) , que cette portion subtile du fluide déjà nommé, et qui se manifeste par une odeur pénétrante, est une des causes la plus active de l’irritation de la matrice? Elle est peut-être destinée à ranimer l'influence des nerfs dans les sensations que procurent les plaisirs de l'amour, et à déterminer plus singulièrement l’action des parties musculaires des organes de la génération. C'est peut-être aussi par cette raison que l'odeur de ce principe est
(1) Mot continence, tome médecine, de l'Encyclopédie par ordre de matières.
plus exaltée chez les personnes bien constituées, mais elle est évidemment plus sensible chez celles qui ont été privées des plaisirs vénériens pendant long-temps: ne contribuerait-il pas (ce fluide retenu ), à les rendre plus vifs et plus désires ? Au reste, l'intensité de son odeur est un nouveau stimulant qui ne peut manquer de faire une impression vive sur le système nerveux. Sa stase, long-temps continuée, lui fait sans doute contracter une dégénérescence qui augmente son énergie. »
Au milieu de ces désordres affreux, les organes ébranlés par des contractions spasmodiques, suite du séjour de cette matière irritante, se resserrent, et cherchent à se débarrasser d’un fluide âcre et nuisible. Si l'émission a lieu, le paroxisme cesse ; dans le cas contraire, le trouble des nerfs se communique aux sens, la respiration est suspendue, le pouls est intermittent, la bouche écume, la désorganisation des fonctions a lieu, et souvent, en peu d'heures, une mort prématurée vient moissonner, avant son épanouissement, une fleur qui attirait tous les regards, et qui a été à peine échauffée par
quelques rayons du soleil du midi:
« Une jeune personne, dit Galien , au milieu d’un accès d’affection utérine, évacua une semence épaisse et abondante. »
« Thaddée Dunn, connaissait une femme qui, dans des accès d’épilepsie, rendait un liquide absolument semblable ; mais l'évacuation n'avait lieu qu'après que le malade avait été violemment tourmenté par des convulsions (1).»
Cette crise devient donc le plus souvent funeste aux jeunes filles déjà affaiblies par le travail d’accroissement, et chez lesquelles l’inertie des organes est accompagnée d’une faiblesse excessive, qui ne peut favoriser une évacuation dont l'effet doit décider de leur santé. « Le peuple, stupide en son jugement, ajoute le docteur Chambon, voit avec mépris celle qui en est attaquée, tandis que le physicien instruit ne considère en elle que la victime de la vertu. »
Venette (2) pense aussi que c’est la semence qui cause aux femmes tant de maux quand elle est retenue où corrompue dans ses réceptacles
(1) Mot continence, Médecine encyclopédique par ordre de matières.
(2) Tome. I. page 336.
(75) et dans ses cornes, ou quand elle en sort par l'ouverture frangée de ses trompes, pour se répandre dans la cavité du bas-ventre. « C’est elle, dit-il, qui trouble l'imagination, qui déprave la mémoire , qui ruine la raison, et qui, contre les lois de la nature, arrêtant le mouvement du sang, ou le faisant bouillonner, rend les fem mes froides, stupides, et même extasiées ou emportés, hardies et maniaques, avec tremblement et convulsions (1).
Les excès en amour sont à craindre, tandis qu'un usage modéré du coit est utile. La continence guérit Charlemagne de bien des maladies , et cette même méthode prolongée causa Sa mort.
L'usage modéré du congrès rafraichit les bilieux, échauffe les pituiteux qui ont besoin d’un stimulus , excite les sanguins, et réjouit les mé-
lancoliques. Témoin un homme dont Galien nous trace l’histoire, qui, après la mort de sa
femme, faisant mal ses digestions , et éprouvant
(1) Je traite en ce moment deux filles de la campagne, stupides momentanément, qui ne recouvrent leur raison qu'àäprès des évacuations de semence, pro-
bablement dues à des rêves lascifs ou au chitorisme.
de la mélancolie, ne trouva de remède à son mal que dans un second mariage.
Il est si vrai que ce plaisir, pris modérément, délasse, que les athlètes ne connaissaient pas de meilleur et de plus agréable moyen, après leurs luttes, d'oublier leurs fatigues.
Les chrétiens anciennement n'admettaient à la magistrature que des personnes mariées; et parmi les paien, les Spartiates, faisaient si peu de cas de la continence qui interdisait le mariage, qu’ils instituérent une fête dans laquelle les vieux célibataires étaient fouetiés par des femmes, tandis que ceux qui avaient été mariés plusieurs fois recevaient autant de couronnes qu'ils avaient contracté d’alliances.
La loi de l’ancien testament ne permettait à aucun homme de toucher une femme que trente jours après être accouche d’un garçon, et soixante après avoir fait une fille.
Parmi les maladies causées par une continence austère, l’hydrophobie, dans l'espèce canine, est souvent un des effets terribles qu'éprouve l’animal dans la contrariété de son rut.
L'homme n’est pas le seul parmi les animaux, dit M. de Montègre (art. continence du Nouveau
Dictionnaire des Sciences médicales), auquel la continence soit difficile ou dangereuse à observer : les autres espèces n’en sont pas moins assujéties aux besoins qu'elle fait naître, et la nature ne leur inspire pas moins de moyens de suppléer à la conjonction des sexes, lorsqu'ils sont privés de cette ressource ordinaire. La plupart des animaux, lorsqu'ils sont séparés de leurs femelles, s’accouplent avec des espèces très-différentes de la leur. J'ai vu de mes propres yeux, un trés-grand nombre de fois, des paons s’accoupler avec des femelles de canards, CEST PS SNS IPN NAME nue 4 pis rés”
« On a remarqué dans les femelles d’espèces gallinacées, continu M. de Montègre, un effet singulier de la continence prolongée : c’est que leur organisation change au point qu’elles prennent quelque chose de l'apparence des mâles; leur plumage se colore, leur voix change, et, ce qui n'est pas moins remarquable, c’est que lorsqu'on les met alors avec des mâles, ceux-ci ne peuvent pas les supporter, et les battent à outrance. Ce fait, dont M. le professeur Duméril m'a rapporté plusieurs preuves, a surtout été
(167 remarqué dans les faisans. Il rappelle assez naturellement le changement qui arrive chez les femmes qui cessent d’être fécondes ; leur teint brunit, leurs traits se prononcent; il leur vient de la barbe, et une sorte d'expression virile se fait apercevoir dans toute leur personne. »
« Zachutus parle de deux hommes auxquels la suppression des plaisirs de l’amour fut suivie d’accidens funestes : l’un fut attaqué d’une tumeur à l’ombilic, qu'aucun remède ne put diminuer, et que le mariage dissipa ; l’autre eut recours à des médecins qui n'examinèrent pas son état avec assez d'attention ; il eut des vertises , bientôt après des attaques d’épilepsie, et il mourut dans un violent accès; à l'ouverture du cadavre, on trouva la cause de la maladie dans les vésicules séminales et le canal déférent. (M. de L.,t. 11,p. 108.) 3
« Lanzoni a laissé deux observations qui prouvent l'efficacité du mariage dans certaines maladies. La première concerne unjeune homme attaqué d’une fièvre quarte rebelle à toutes les ressources de l’art, et qui fut guérie par la complaisance d’une femme qui s'intéressait à son sort. La seconde observation à pour sujet une
jeune veuve d’un tempérament ardent, qui, attaquée d’épilepsie, trouva sa guérison dans les bras d’un second mari vigoureux. (Voyez Anecdoctes de Médecine, COCXXVI. ) Les oiseaux n'ayant pas de véritable verge, mais seulement une sorte de tubercule, il n’y a point d’intromission, c'est une simple affriction. Les coqs de bruyères tombent en extase au temps du rut, et plusieurs oiseaux en cage, ne pouvant pas jouir de leurs femelles, meurent de désirs , et en chantant avec une sorte de fureur: car le chant des oiseaux est l’expression de leurs besoins amoureux. [ls ne chantent plus quand ils n'ont plus d’amour. Il en est de même des cris de certains quadrupèdes, par exemple, chez le lion, le loup , le chat, etc.
Le coïit modéré, loin d’exténuer les forces ; les ranime au contraire.
« Modica Venus, dit Celse, corpus excuüat, jrequens solÿit. »
Une continence outrée exalte les désirs au point de les voir croître sans cesse, pour ne s’éteindre qu’au sein de jouissances réitérées. D’autres, fermes dans leurs principes, persistent à
renoncer aux douceurs du congrès , et tombent
(82 dans üne tendre mélancolie. On à remarqué qu’en Angleterre les célibataires étaient particulièrement victimes du spleen , qui les conduit à l’affreux suicide.
En général, les maladies des célibataires offrent des symptômes plus graves, et leur crise est souvent due à l’éjaculation abandante d’un sperme trop long-temps retenu. Combien de fois n’a-t-on pas vu dans la pratique les désordres les plus alarmans dans le flux menstruel, les chloroses. les fleurs blanches les plus rebelles, les névralgies , les vésnaies céder à quelques jours d’un mariage convenable et bien assorti. ..! C’est le remède efficace que propose le vieillard de Cos. Venette et Tissot sont bien de son avis.
Le célibat peut causer bien des troubles dans les fonctions organiques, etproduire au moindre accident la varico-sarcocèle , tumeur avec hydropisie du scrotum qui, comme on sait, devient incurable, si cet engorgement pénètre dans la capacité abdominale. Enfin, le priapisme , le satyriasis, les pollutions nocturnes, le vice odieux de la masturbation et ses suites déplorables, l’épilepsie, la manie , la nymphomanie, Ia passion hystérique et la chlorose, ne sont que trop
souvent les punitions infligées par la nature à ceux qui, par une vertu trop austére, se rendent rebelles à ses lois.
Hippocrate. en parlantdes maladies auxquelles les vierges sont exposées, s'exprime ainsi : $Sed ego virgines hortor maudoque cum hoc patientur,quam primum, Cum Viris miscert et cohabita
quæ, si ConCipiant, sanescurt, »
Tout nous convie à l'amour :
Le tigre lui même, au fond des forets qu’il désole, est adouci près de sa compagne, qu’il lèche pour lui exprimer ses besoins. Pourquoi chercher à éviter ce joug? Souvent le plaisir étant goûté modérément, fait, comme je l’ai dit, cesser l’épilepsie, rend aux filles, désolées de leur pâleur, le coloris de la rose; anime, vivifie ce marbre ambulant que l'œil curieux regretterait de fixer; donne un libre cours à ce sang indolent qui refusait de circuler, détruit ces palpitations, ces syncopes, ces engourdissemens, tristes fruits de la continence. 11 provoque aussi un bienfaisant sommeil refusé à l’imagination brulante dont l’amour fomentait le trouble en attisant les sensations , et rend l’embonpoint aux amans heureux qu’une trop longue
passion avait desséchés. En effet, leur pâleur s’elface, et elle est remplacée par le velouté de la pêche ; leurs yeux plombés et enfoncés, leurs lévreslividesreprennent leur fraîcheur première. Que fût devenu Æntochus, si Seleucus, ne sacrifiant son bonheur à celui de son fils, ne lui eüt cédé ses droits sur la belle et sensible Sératonice ? Que de filles mortes d’hystérie, et examinées par des anatomistes observateurs, seraient encore esclaves de l’amour, si une sévère retenue, dont l’honneur leur faisait un devoir , n'eût coagulé, pour ainsi dire, en elles les flots impétueux d’une semence âcre etirritante (1)!
Enfin, l’oracle commanda aux Spartiates d’élever une statue à Vénus, avec ces mots :
« Vénus qui retarde la vieillesse , »
Pour faire connaître que son exercice modéré est utile à la santé.
Ered Venus morbos gignit et expellit.
(Micaer Marer, Parisiis. 1546.)
(1) Les oiseaux (en captivité) sont fort sujets aux affections convulsives et au mal caduc , Surtout s’ils sont privés du coït. » ( Journal universel des Sciences
médicales, juin 1816, p. 349).
Après une longue continence, la fermentation séminale excitant trop vivement le prurit vénérien, on à un désir désordonné du coït; mais on s’en acquite moins bien, et trop promptement pour la femme, qui préfére un exercice habituel, coutume plus avantageuse, en ce que les sensations n'étant pas aussi voluptueuses, la tension du pénis est plus durable.
5 ‘Après avoir fait connaître les inconvéniens en amour, et les dangers, pour la santé, d’une continence trop sévére , nous devons indiquer ses avantages. « Si la privation absolue des plaisirs de l’amour , dit M. de Montègre , ou la continence parfaite, produit de graves inconvéniens aussi bien que l’abus des jouissances, il n’en est pas de même lorsque cette privation est modérée, et que l’on reste également loin des deux excès. La continence alors a de grands avantages; le corpsestentretenu plusfort et plus dispos, l'intelligence , doucement excitée, est plus vive etplusnette ,toutesles fonctions du cerveau s’exécutentavec plus de perfection ; etcefluide merveil leux destiné à porterla vie au-dehors de l'individu, sert au-dedans de lui-même à féconder sa propre intelligence. La continence, ainsi restreinte. Tome Il. 6
devient même un assaisonnement des plaisirs, le désir en est plus exalté, la jouissance en est plus complète , et l’état de bien-être et d’hilarité qui succède à ces momens de délire, témoigne assez combien cet acte se trouve alors conforme aux loix de notre organisme. En général, les désirs vénériens peuvent servir d’excellent thermomètre pour la santé, et en même temps la continence la plus absolue devient communément de rigueur pendant la maladie. »
Il est cependant des cas de fièvres ataxiques où le priapisme se déclare ; mais en ce cas, d’une irritabilité extrême du système nerveux, il contre indiqueimpérieusement l'acte du coiït.On sait aussi qu’une continence exacte est indispensable pour la guérison des plaies et des maladies
aigués. On a vu des amputés mourir subitement pour s'être livrés à la masturbation à la veille
d’être guéris. « Fabrice Hilden, dit M. de L... t. 11, p. 125), nous à conservé l’histoire malheureuse d’un jeune homme À qui on avait coupé lamain, et qui lorsque sa guérison avançait, voulutsatisfaire des désirsauxquels sa femme, avertie par le chirurgien, se défendit de répondre. Ce
jeune homme se procura, sans la participation
de sa femme , une émission de semence, qui fut immédiatement suivie d’accidens violens, dont il mourut au bout de quatre jours. »
Ænaphrodisie causée par l'abus d'alimens
échauffans, du vin et des liqueurs spiritueuses.