‹ De l'impuissance et de la stérilité, ou recherches sur l'anaphrodisie distinguée de l'agénésie. Ouvrage destiné aux personnes mariées qui ne peuvent avoir d'enfans (volume 2)Chapitre 15 sur 73 · PROPOSITION XXIX · texte numérisé non relu

PROPOSITION XXIX

L'abus accidentel des liqueurs spiritueuses et eniwrantes, ou l’état d'ivresse; l'abus des plaisirs de la table, ou la surcharge de l'estomac, peuvent aussi momentanément causer l'impuissance.

Si la tempérance et l'exercice, dit Jean- Jacques Rousseau, sont les meilleurs médecins du monde, par un effet opposé, l'intempérance appelle sur l’homme imprudent qui s’y livre, les maladies et une mort prématurée.

« L’intempérance, selon Buchan, ne manque

jamais d'apporter les plus grands désordres dans l'économie animale; elle nuit à la digestion; elle reläche les nerfs ; elle rend les sécrétions irrégulières; elle vicie les humeurs, et occasionne des maladies sans nombre. »

L'usage immodéré des boissons spiritueuses, en ajoutant un nouveau calorique à celui de l'énergie vitale, fomente nécessairement un volcan dont l’éruption des matières fermentiscibles est indispensable, répand dans les veines une chaleur incommode et nuisible, et porte au cerveau des vapeurs assoupissantes. Aussi voit-on souvent les trop ardens suppôts de . Vénus et de Bacchus être frappés de vieillesse au printemps de leur âge, et arriver à une mort prématurée accablés de douleurs et d’infirmités. On sait également que l’intempérance nuit à la propagation de l'espèce humaine, et qu’en général on rencontre dans les campagnes des sroupes d’enfans à figure enjouée et rubiconde, tandis que dans les villes, on voit isolément des jeunes citadins d’une faible stature promener nonchalament leur corps débile dont la faiblesse est due au régime de vie de leurs parens.

Les alimens échauffans et les boissons spiritueuses, en augmentant la circulation, déclarent un orgasme, une fièvre dont la nature se sert: pour se débarrasser de ce qui nuit à sa marche: ordinaire. On conçoit que si de pareils excès! sont répétés , les fonctions journalières sont né:

(& ) cessairemet troublées, les forces deviennent languissantes, le système nerveux se reliche, et l’on arrive à l’anaphrodisie.

Les alimens échauffans et les boissons spirilueuses ne causent pas seulement ce qu'on

appelle dérangement, elles produisent la péripneumonie, l'hépatite, l’entéritis, la frénésie, et autres affections graves et funestes; et si les buveurs, en raison de leurs évacuations forcées, n'éprouvent pas souvent des maladies aigues, ils sont toujours victimes d’affections chroniques. Les liqueurs, fortes en crispant les nerfs de l'estomac, et détruisant son velouté, affaiblissent les organes, nuisent à la digestion , et éteignent la sensibilité des tuniques internes et externes, en ralentissant le jeu des nerfs, ou l'excitant, et en produisant, par ces deux extrèmes désorganisations, ou la paralysie, ou les maladies convulsives.

« L'ivresse, dit Virey (mot fécondité, du Déct. des Sciences. méd.), qui détend l'appareil musculaire et engourdit le système”nerveux, rend quelquefois aussi le coït impossible, ou du moins imparfait, et les buveurs d’eau sont, en géné-

(86 ) ral, plus vaillans en amour que les suppôts de Bacchus. »

« Certains individus éprouvent, après le repas, un besoin irrésistible de coit, annoncé par un prurit aux parties sexuelles, parce que ces organes sont pressés par les viscères abdominaux , lestés par des alimens réparateurs, et qu'il y à engorgement dans les vaisseaux spermatiques (1). Mais autant la sobriété dans un grand repas dispose après aux jouissances de l'amour, autant l’intempérance y devient contraire.

Les liqueurs spiritueuses, en privant le sang de son oxigène, le rendent moins subtil, l’appauvrissent, rallentissent sa circulation , et conduisent les buveurs à des maladies rarement guérissables chez ces individus usés, telles que les obstructions , l’atrophie, l'asthme, qui prédispose aux hydropisies , et la consomption (2), étais proscrits à la cour de Vénus.

(1) On sait que quand l'estomac renferme des alimens , il en résulte une irradiation des forces vitales, qui de ce foyer, vont porter leur influence sur toute

l'économie.

(2) Les magistrats de Londres, dit M. Marc, (mot.

L'abus des liqueurs à souvent réduit des personnes du plus grand génie à un état complet d’imbécillité ; elles nuisent aussi à l’accroissement du corps, qui, accoutumé à soninfluence, n’en peut plus éprouver de bons effets dans les cas où les cordiaux deviennent nécessaires. On peut concevoir à quel point les spiritueux nuisent au système nerveux, d’après ce qui suit. « Lecatrapporte, dit M. Debreuze, que Lentulus était doué d’une susceptibilité nerveuse qui le réduisait à l’eau pour toute boisson. Un jour que dans un grand repas il céda aux instances de ses convives, en prenant un peu de liqueur,

comestible du nouveau Dictionnaire des Sciences medicales) voulant découvrir la cause d’une diminution alarmante des naissancesen 1725, crurent l'avoir trouvée dans l’abus des liqueurs alcooliques. Falcour, entre autres, n'hésita pas de lui attribuer la stérilité des mariages, devenue plus grande dans cette capitale, et qui, selon Jui, a fait tomber le nombre des baptèmes. Cependant l'usage des spiritueux n’est pas toujours aussi dangereux, puisque Setrasch Czarten, hongrois, véeut 187 ans, et qu'il buvait un bon verre d’eau-devie après son repas. ( Voyez le mot longévité des cas

rares du Vouveau Diction. des Sciences meédic. )

LA

ses facultés mentales se resserrèrent , la fièvre se déclara, le hocquet parut, les fonctions dessens furent altérées, il fut même frappé de vertiges qui lui péignaient, quoique éveillé et sans délire, les scènes les plus brillantes et le$ plus chimériques. Il ne voyait que diamans, bijoux, ilse croyait au milieu de fêtes nombreuses où le luxe était àson plus haut degré. Cependant Zentulus ne rêve point, il est sans délire ; il sait au contraire que ses visions sont chimériques ; mais ses nerfs sont trop irrités, son imagination trop exaltée pour quesaraison puisse triompher de l’aberration de son système sensitif. »

Les Passions, l’'Erotomanie, les Peines d’esprit, l’'Abstraction , la

Préoccupation.

Ayant déjà traité la plupart de ces sujets au chapitre des Passions exaltées, nous y renvoyons le lecteur, et nous nous contenterons de donner ici une simple esquisse de l’anaphrodisie produite par un excès dans d’autres affections, où par des écarts dans les règles de l'hygiène.

L'ÆErotomanie, cette névrose qui fait rappor-

ter toutes les pensées à un seul objet, cette espèce de mélancolie qu’un véritable amour, porté jusqu'à l'excès, fait contracter aux âmes sensibles, et trop promptement susceptibles d'impression, l’érotomanie , ayant son siége au sensorium , retient au cerveau toutes les forces de l'individu qui en est atteint. Ainsi, quoique brülans de tous les feux de la jeunesse, confians et forts de nos propres forces, nous ne sommes pas toujours maîtres de disposer, de diriger notre organisation, quoiqu’elle semble devoir s: prêter à tous nos désirs (1).

Un jeune homme d’Athènes devint si épris d'une belle statue de marbre, que l’ayant demandée au sénat, à quelque prix que ce fût, et en ayant été refusé avec défense d'en approcher, parce que cette étrange manie scandalisait le peuple, il se tua de désespoir.

« Galéas, duc de Mantoue, étant à Pavie, et passant à cheval sur un pont, se précipita avec son cheval dans le Tessin, fleuve profond et ra-

(1) Platon (de Legum lat., Dial.) défend à ceux

qui veulent avoir des enfans de prendre des femmes à passions trop vives.

( 90 ) pide, parce qu'une jeune fille qu'il aimait le lui avait commandé en plaisantant. »

« Dulaurent dit avoir vu un jeune gentilhomme travaillé de la mélancolie d'amour, dont l'imagination était tellement dérangée, qu'il croyait voir continuellement celle qui causait son mal. Il parlait tout seul à son ombre, dit notre auteur; il l’appelait, la caressait, la baisotait, courait toujours après, et nous demandait si nous avions jamais rien vu de si beau?»

(OEuvres de M. André Dulaurent, médecin de Henri IV, 2° partie, Discours sur les maladies mélancoliques, ) (M. de L..,t. II, p. 264.)

« L'érotomanie, dit le docteur Esquirol ( Vouveau Dictionnaire des Sciences médicales), consiste dans un amour excessif, tantôt pour un objet réel, tantôt pour un objet imaginaire : dans cette maladie, l'imagination seule est lésée ; il y a erreur de l’entendement. C’est une affection mentale, dans laquelle les idées amoureuses sont fixes et dominantes, comme les idées religieuses sont fixes et dominantes dans la théomanie, ou mélancolie religieuse.

« L'érotomanie diffère essentiellement de la nymphomanie et du satyriasis. Dans celles-ci , le

(gt)

mal vient des organes reproducteurs , dont l'irritation réagitsur le cerveau. Dans l’érotomanie, l'amour est dans la tête. La nymphomane et le satyriaque sont victimes d’un désordre physique ; les érotomaniaques sont le jouet de leur imagination. L'érotomanie est à la nymphomanie et au satyriasis, ce que les affections vives, mais honnêtes du cœur, sont au libertinage effréné. Tandis que les propos les plus sales, les actions les plus honteuses, les plus humiliantes, caractérisent la nymphomanie et le satyriasis, l’érotomaniaque ne désire, ne songe pas même aux faveurs qu'il pourrait espérer de l’objet de sa folle tendresse. Quelquefois même l'amour a pour objets des êtres qui ne sauraient le satisfaire.

« Dans l’érotomanie, continue le docteur Esquirol, les yeux sont vifs, animés, le regard passionné, les propos tendres, les actions expansives ; mais ceux qui en sont affectés ne sortent jamais des bornes de la décence; ils s’oublient en quelque sorte eux-mêmes ; ils vouent à leur divinité un culte pur, souvent secret; ils exécutent les ordres de leur déité avec une fidélité souvent puérile ; ils obéissent même au caprice qu'ils lui prêtent ; ils sont en extase, contemplant ses

perfections souvent imaginaires. Désespérés par l'absence, leur regard est alors abattu ; ils sont pâles, les traits s’altèrent, ils perdent le sommeil et l'appétit; ils sont inquiets, rêveurs, colères, etc. Le retour les rend ivres de joie ; le bonheur dont ils jouissent se montre dans toute leur personne , et se répand sur tout ce qui les entoure ; leur activité inoculaire augmente, mais elle est convulsive; ils parlent beaucoup, toujours de leur amour; pendant le sommeil, ils font des rêves, ils sont sujets à des illusions de sensations qui ont enfanté les succubes et les incubes.

« Comme tous les monomaniaques ou mélancoliques, les érotomaniaques sont nuit et jour poursuivis par les mêmes idées, par les mêmes affections, qui sont d’autantpluseruelles, qu'elles s'irritent de toutes les passions conjurées : la crainte, l’espoir, la jalousie, la joie, la fureur, etc., semblent concourir, toutes à la fois ou tour à tour, pour faire le tourment deces infortunés. Ils négligent, ils abandonnent, puis ils fuient leurs parens, leurs amis ; ils méprisent la fortune , les convenances sociales; ils sont capables des choses les plus extraordinaires,

(95) ies plus difficiles, les plus pénibles, les plus bizarres. »

« Le médecin attentif doit avoir soin d'observer le malade, il verra que le visage prend un ton animé, que le pouls devient fréquent, plus fort, convulsif à la vue de l’objet aimé ou seulement en entendant prononcer son nom ou parler de lui. A l’état du pouls, à la rougeur de la face, Érasistrate reconnut la cause de la maladie d’Antiochus , se mourant d'amour pour Stratonice, sa belle-mère (1). »

L’érotomanic ne doit pas être confondue avec la manie hystérique. Dans la manie hystérique, les idées amoureuses s'étendent à tous les objets propres à les exciter, tandis que dans la manie érotique, ces idées portent le caractère de la monomanie, c'est à dire qu'elles sont fixes et déterminées sur un seul objet.

L’anaphrodisie causée par un excès d'amour

(1) Je ne crois pas m'être écarté de mon but, qui est de rassembler dans un seul cadre tout ce qui est relatif à l’anaphrodisie, en ayant transcrit l’histoire de l’érotomomie, du docteur Esquirol; je ne pouvais copier d’après un tableau plus fidèle.

( 94 ) est donc une maladie nerveuse momentanée et relative , puisqu'après le spasme , tel prolongé qu'il puisse être, un relâchement des fibres motrices etirritables succède à leur tention expansive. Aussi doit-on comprendre par anaphrodisie cette impossibilité éventuelle de donner à une femme des gages d'amour, cet état d’impuissance que fait éprouver l'excès de sensibilité, ou l'émission trop prématurée de Îa semence, au secours d’une imagination enflammée, émission qui se fait souvent en serrant dans ses bras l’objet de tant de désirs! Dans ce cas, les émotions amoureuses sont plus favorables pour les hommes en automne, où l'air, encore chaud et frais, ranime la fibre languissante et lui donne du ton, tandis que les femmes, selon Venette , sont beaucoup plus amoureuses pendant l'été. En cette saison, leur tempérament froid et humide est corrigé par les ardeurs du soleil; leurs conduits sont plus ouverts, leurs humeurs plus agitées et leur imagination plus émue. C'est alors que quelquesunes sollicitent plutôt les hommes qu’elles n’en sont sollicitées, et qu’une nudité négligée de leur part, nous fait connaître qu'elles meurent

d'envie d’éteindre le feu que la nature a allumé dans leur sein.

« Les nerfs placés entre l'esprit et le corps, a dit Tissot (i), portent la peine des excès et des erreurs de tous les deux, et rendent à l’un les maux qu'ils reçoivent de l’autre ; c'est ainsi que, par un cercle viciéux, l'esprit nuit au corps, le corps à l’asprit, et que l’un et l’autre détruisent à la fois et à frais communs le système des nerfs. » La sensibilité est donc évidemment le médium ou le point de réunion du moral et du physique. Aussi, dans la fougueuse jeunesse, l’action des systèmes nerveux et circulatoires est-elle souvent interrompue par l'effet des pas- SiOns. |

Voyez cet amant éperdu auprès de l’idoie de son cœur! il a été séparé de cette maîtresse adorée, il la revoit parée de tous ses charmes au milieu d’un cerele où la bienséance l’oblige à concentrer sa passion : ses yeux sont fixés sur elle, et comme immobiles; sa face pâlit et se colore successivement, son cœur palpite et rend

sa respiration fréquente ; il soupire, ses paroles

(1) Maladie des gens de lettres, p. 77.

n’ont point de suite. Les désirs l’énervent, ses membres sont comme brisés; il ne dort plus, il mange à peine, digère mal, sue facilement; il maigrit, et est toujours dévoré d’une soif ardente. Est-ce en cet état qu'il se présentera à son amante pour faire preuvre de son amour?

Doit-il envier un tête-à-tête? qu’en résulterait-il si sa déesse comblait ses vœux? Le désordre et la constriction del’épigastre, une rétrocession des forces vitales vers le cerveau, et leur absence des parties génitales, qui refuseraient d’obéir à son ardeur craintive ; des vertiges où tout disparaitrait à ses yeux enchantés; des tintemens d’oreilles, un tremblement universel, celui plus prononcé et plus débilitant des jambes, qui refuseraient de le soutenir ; une sueur excessive et soudaine, une sécheresse de la gorge avec strangulation et happement de la langue vers l’arrière-bouche, et par suite la syncope génitale. Tous ces désordres m'ont été confirmés et décrits par M. R...., qui les a éprouvés plusieurs fois , et m'a donné ces détails pendant les momens lucides qu’il goûtait loin de sa maîtresse.

Tant il est vrai que, soit par excès d'amour, soit par défaut de vitalité, les hommes ont des

retards et des érections imparfaites suivies de l'émission de liqueur séminale.

L'homme, au contraire, accoutumé à un exercice modéré et fortifiant, trouvant dans ses occupations les moyens de se distraire du désir impérieux qui lui rappelle le moment d’un plaisir prochain, repose ainsi son imagination qui le sert puissamment à son réveil, lorsque le si. gnal du plaisir est donné.

Demême,chezles femmes l'irritation excessive ou l'inertie de la matrice sont deux extrêmes contraires aux succès de la génération. La nymphomanie, qui estun excès d'irritabilité de l’organe sexuel de la femme poussé au dernier degré, et la torpeur de l’utérus, sont des preuves convaincantes de ce que j’avance.

Queæ cum que siccos majis et adustos habent uteros, præ inopi& enim alimenti corrumputur semen ( Hippocrate ).

On peutretrouver aussi la seconde proposition chez certaines femmes qui ne conçoivent pas avec certains hommes qu’elles n'aiment pas.

Cependant on peut assurer avec vérité, dit M. Fournier, que « telle femme qui commence le coït avec haine, finit avec amour quand le Toue IL. 7

transport du plaisir ravit sa volonté. » Ce n'est que dans ce cas que l’imprégnation peut avoir lieu.

Les personnes prédisposées à l’anaphrodisie par excès d'amour ou de sensibilité le sont primitivement à lamélancolie. Aussi, en général, les hommes au tempéramentardent, aux cheveux et sourcils noirs et épais, aux yeux brillans et cavés, au regard fixe etinquiet, cherchant la solitude, rêvant, soupirant sans cesse, doués d’une imagination féconde et ardente, susceptibles d'irrascibilité, livrés aux travaux pénibles et énervans de l'imagination, malheureux dans leurs amours, tous ces hommes, dis-je, sontils naturellement frappés de cette anaphrodisie éventuelle.

Corpore cum valido verum natura quiescit.

La prédominance dessolides sur les liquides , du système veineux sur le système artériel, du système sanguin sur le lymphatique, dispose à la mélancolie.

Melancholia est animi angor in un& cogitatione defirus atque inhærens absque febre.

« Cette prédominance du système veineux sur l’artériel (1)s’établissant , produit le rallentissement de la circulation, la stagnation du sang dans lesystème de la veine-porte, et par une conséquence physiologique l’épaisissement et la couleur noire de ce fluide , et celle de la bile qui en émane, circonstance qu’on ne doit pas laisser échapper, et qui, rapprochée des idées des anciens sur l’atrabile ou bile noire, du latin ater, noir, et dilis, bile, explique la naissance hypothétique de cette humeur.

Pour éviter tous ces inconvéniens il faudrait que l'amant le plus tendre et le plus emflammé püt modérer sa passion, et se dire d’après Parny :

Sachons pourtant, près de celle que j'aime, Donner un frein aux transports du désir, Sa folle ardeur abrège le plaisir,

Et trop d'amour peut nuire à l'amour même.

On conçoit que l’abstraction oula distraction , et la préoccupation, peuvent causer l’anaphrodi-

sie en faisant du cerveau le centre principal de l’action vitale.

(1) Debreuze, p. 78.

« Les gens de lettres , fréquemment attaqués d'anaphrodisie, donnent souvent des preuves de stérilité par suite d’une trop grande application qui porte versle système encéphalique la somme totale des propriétés vitales et génératrices, laisse les autres parties dans un état de dénuement, de privation qui influent et énervent les organes générateurs. Si les personnes douées d’une force d'âme, d’uncaractère extraordinaire, les grands hommes enttout genre , montrent peu d'énergie en amour, les idiots, au contraire, sont pourvus

de facultés extérieures excessives (1).

(1) Mestivier, thèse sur la stérilité.

Les anciens ont dit que les Muses étaient vierges, pour exprimer le peu de disposition qu'ont les Sybarites et les savans au plaisir de Pamour physique, parce qu'étant doués en général d’une susceptibilité grganique très-impressionnable, tous les efforts naturels ont lieu par une réaction du sang vers le cœur et le cerveau, organes qui deviennent le centre unique des sensations.

Aussi le bon Lafontaine nous dit-il :

Un muletier à ce jeu vaut trois rois.

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