‹ De l'impuissance et de la stérilité, ou recherches sur l'anaphrodisie distinguée de l'agénésie. Ouvrage destiné aux personnes mariées qui ne peuvent avoir d'enfans (volume 2)Chapitre 27 sur 73 · TROISIÈME OBSERVATION · texte numérisé non relu

TROISIÈME OBSERVATION

Histoire deM. D. P., habitant du quartier de l’Artibonite, île de Saint-Domingue.

Impuissance par défaut de confiance en ses forces.

M. D.. P..., habitant de Saint-Domingue, âgé de quarante huit ans, mais d’une assez forte complexion, était séparé depuis long-temps, par suite des crises révolutionaires, d’une épouse tendrement aimée:il apprend qu’elle doit bientôt arriver dela Jamaïque. Déjà redoutant les effets d’une continence sévère, qu'il avait observée pendant trois années d'absence, son imagination lui peint les suites de cette privation matérielle, comme devant contrarier le bonheur d’une ten-

(144) dre réunion, et il doute de la possibilité d’un parfait rapprochement physique, ilseméfie de ses forces , et voila son malheur. Cependant il ne peut plus rester dans l'incertitude ; le vaisseau qui transporte Madame D... P.... doit mettre à la voile le lendemain pour se rendre de la Jamaique à Saint-Domingue. Transporté d'’amour au souvenir des douces voluptés qu'il a goûtées auprès de son épouse, et ne voulant point l'éloigner de son imagination, M. D.. P.. fait venir une jeune mulâtresse destinée à éprouver seulement une fois ses dispositions à la lutte amoureuse. Cettelutte s’engagea; mais soit qu’un excès d'amour conjugal, soit qu’un besoin impérieux trop long-temps retenu, ou que le défaut d'exercice des organes générateurs leur eût fait perdrel’énergie de leurs fonctions,ou qu’une fu neste défiance en ses proprés forces lui ait été fatale, jamais il ne put entrer en lice. Voilà mon homme désolé, pleurant, qui congédie son mannequin, désespérant de pouvoir prouver son amour, et de dignement célébrer lé retour de son épouse. |

C'est dans cés entréfaites que M. D. P. vint me trouver, pour me faire part du projet qu'il

a conçu de prendre des pastilles vénitiennes. On doit présumer que je me gardai bien de les Jui conseiller. Je lui prescrivis, au contraire, quelques émulsions, des bains ; Je rassurai principalement son imagination craintive, et je lui donnai, enfin, les mêmes conseils qu'à M. R**, avec quelques modifications seulement, en raison de la différence des constitutions. Un homme sanguin et âgé de 48 ans, dont les passions sont modérées, doué d’ailleurs d’un tempérament chaud et humide, quoique aimant éperdument, n'avaitpaslesfacultésphysiques deM.R***, âgé seulement de 28 ans, dans la vigueur des passions tumultueuses, doué d’ailleurs d’un temmentchaud , sec, bilieux et mélancolique, qu’on reconnaît plus lascif que le premier, ainsi ; quoique les deux individus éprouvassent une émission trop prématurée de semence, elle était due, à la vérité, dans l’un et l’autre Cas, à une affection morale et au grand travail de l'imagination; mais elle était accompagnée de modifications relatives à l’âge et à la constitution.

M. D. P. ayant suivimes conseils, etconvaincu qu'il fallait attendre paisiblement l'heure de la nature, prouva à son épouse qu'il s'était conservé

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(146) le même, et que l'absence n'avait pu éteindre des feux que le retour, au contraire, avait rallumés, en ravivant ses fonctions procréatices, puisqu'il devint père l’année suivante.

« En général, dit Venette, quand les vapeurs d’une semence fermentée par le désir et la tension de l'imagination sont mêlées parmi le sang et le suc nerveux, il en résultera toujours un écoulement spontané.

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