‹ De l'impuissance et de la stérilité, ou recherches sur l'anaphrodisie distinguée de l'agénésie. Ouvrage destiné aux personnes mariées qui ne peuvent avoir d'enfans (volume 2)Chapitre 28 sur 73 · QUATRIÈME OBSERVATION · texte numérisé non relu

QUATRIÈME OBSERVATION

Exemple d’anaphrodisie chez la Femme, par effet de

l'imagination ; PROPOSITION, XLVIIL,

Par la conformation particulière de ses organes, la femme peut toujours se prêter aux transports amoureux de l’homme, sans y être appelée ni par ses goûts, ni par ses désirs; mais alors elle n'y joue qu'un rôle purement passif; ei, au milieu de cet abandon, de cette complaisance, ou, si l’on veut méme , de ce sacrifice ; ses organes peuvent être absolument endormis et inactifs.

J'ai été consulté, à Cadix, pour une jeune Espagnole affligée d’anaphrodisie éventuelle par suite d’une imagination craintive. Agée de dix neuf ans, jolie, gaie, vive, enjouée, et d’une constitution robuste, elle idolâtrait un jeune Français, bien digne de son amour. et avec lequel elle vivait clandestinement ; mais elle s’efforçait en vain de lui prouver tout l'excès de sa passion. Elle provoquait elle-même des ébats amoureux, mais elle parvenait très-rarement au but du plaisir qu’elless’était proposé. Son imagination s'enflammantparla crainte d’être soupconnée infidelle ou indifférente ; toute la scène se passait au cerveau, etles parties sexuelles, par le reflux du sang, étaient privées du prurit qui produit et constitue la volupté.

Dona Tv (c’est le nom de l'Espagnole) inventait mille caresses; elle multipliait , sans être plus heureuse, la forme de ses étreintes agaçantes et langoureuses; mais voyant que, malgré ses tendres soins, la volupté, au milieu de son rouble et de son agitation, ne pouvait l’atteinire . elle se dépitait, pleurait, promettant à son ai plus de succès au premier rendez-vous , uccès qui eût été certain, si dona T. eût laisse

agir seulement les forces physiques, et qu'elle eût détourné'de son imagination le travail inquiet qui s’opposait à ses plaisirs. Certes, dans cet état d’orgasme et d’une passion ardente, le mot frigidiué serait déplacé, et doit être remplacé, selon moi, par celui de syncope géritale. Le traitement que j'indiquai en pareil cas, est celui de la première et de la seconde observation.

On peut assurer avec vérité, dit le docteur Fournier, que « telle femme qui commence le coit avec haine, finit avec amour quand le transport du plaisir ravit sa volonté. » Ce n'est que dans ce cas que l’imprégnation peut avoir lieu. « Plurima suntexempia (Dissert. Adam. Mol., p.21) puellarum violenter defloratarum fæminarum que violenter compressarum ;. quæ tamen et conceperuntinvuæ, et peperunt felicuer..»

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