V. Gesra
Cette classe indiquée par l’action volontaire des muscles et des organes, comprend les vezfles, le sommeil, le mouvement et le repos.
Les veilles et le mouvement fatiguent le corps, le repos le délasse , et le sommeil devient le réparateur des forces épuisées.
Dans les veilles, tous les systébies sont en exercice. « L'insomnie a lieu lorsqu'on est amoureux ( 1) parce que le sang porte au cerveau des esprits animaux capables d’agiter fortement ses fibres, et de tenir les nerfs tendus ettoujours disposés à recevoir les impressions des objets extérieurs. De fortes impressions passent jusqu’au sensorium, l’âme aperçoit vivement et distinctement les objets extérieurs. »
La longueur du sommeil , comme réparateur , est plus nécessaire aux tempéramens ardens et
dont les sensations sont promptement excita-
(1) Dufieu, Traité de Physique.
(177 ) bles, qu’à ceux dont la sensibilité n’est pas autant susceptible.
Le coucher sur un plan horizontal, dit Richerand, est la seule attitude dans laquelle tous les muscles locomoteurs réparent le principe de leur contractilité épuisé par l'exercice. La station immobile n’a que l'apparence du repos.
Autant un exercice modéré favorise le développement des organes, active les systèmes, et fortifie le corps, autant, lorsqu'il est porté à l'excès, il suspend l'accroissement dans la Jjeunesse, et énerve les forces dans tous les âges : de là l’anaphrodisie dont on peut éviter les atteintes en variant ses occupations, et en faisant succéder à l’étude la gymnastique : le changementsalutaire délasseetle corps et l'imagination.
Les femmes sont plus faibles que les hommes, en raison de leurs habitudes premières.
Mais dans certaines contrées, en Afrique, par exemple, où elles sont destinées aux mêmes exercices , elles sont très-fortes, et les Occupations les plus pénibles leur sont généralement confhées, tandis que les hommes s'occupent de la pêche et de la chasse. Nos îles nous en fournissent des exemples dans les négresses trans-
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(178) portées de la côte, et qu'on assujétit à la culture de la terre. |
Hippocrate, dans son précieux traité de Aére et Locis, dit qu'une stérilité qui à pour cause l'inaction des époux, ou les excès dans les alimens, cédera souvent à un exercice habituel qu’on devra leur prescrire, et dans le second cas à une sobriété régulière.
« Les repas de nos ancêtres, dit M. de L... (a)5 étaient simples comme eux. Îls consacraient au repos les heures que le soleil n'éclairait pas... Quels hommes était-ce! quelles femmes avaientils pour compagnes! Connaissait-on ces maladies modernes, ces vapeurs, ces suppressions, cette faiblesse d'existence? .…... L'ancien chevalier français, après une campagne fatigante , était accueilli par sa dame , qui, d’une main recevait ses armes pesantes, et de l’autre le pressait contre sonestomac. Leurs enfans essayaient la lance redoutable avec laquelle leur père avait combattu. Ces armes sont aujourd’hui dans de vieux arsenaux, et l'homme vigoureux de nos jours les regarde avec étonnement. »
(1) De l'Homme et de la Femme, t. H,p. 403.
Aujourd’hui, quelle décadence dans l'espèce humaine ! Les hommes les plus oisifs sont, sinon les plus robustes, au moins les plus voluptueux. Toujours occupée du plaisir, l'imagination du Sybarite porté à l’amour l’entretient dans ses désirs, qu'il renouvelle et favorise par des conversations licencieuses et des lectures érotiques. Il use ainsi ses facultés jusqu’à satiété par une pensée toujours portée vers le même objet. Le moment de réaliser arrive : les systèmes nerveux et sensitifs, lassés d’une aussi longue attente, refusent d’obéir ; et voilà l’anaphrodisie !
L'homme, au contraire, accoutumé à un exercice modéré et fortifiant, trouvant dans ses occupations les moyens de se distraire du désir impérieux qui lui rappelle le moment d’un plaisir prochain, repose ainsi son imagination, qui le sert puissamment à son réveil , lorsque le signal du plaisir est donné. |
On doit conclure de tout ce qui précède que les veilles excessives , le sommeil trop prolongé, le mouvement forcé, le repos trop court, causent l’anaphrodisie. (Voy. le chapitre VI de la 5° section, et les SS XXV, XXXI, LIT, LIII,
( 180 }) LVIII, LIX, LX, LXI, LXII, LXXXIIL et LXXXIX.) PERCEPTA VEL ANIMÆ PATHEMAT A.
« Parmi les percepta, dit le docteur Legouas (Hygiène, p. 208), se rangent les sensations, les affections de l’âme et les fonctions intellectuelles.
« Les sensations ont des relations directes avec le moral, qu’elles concourent à perfectionner, et avec le physique, qu’elles tendent à conserver. | |
« Le plaisir qui accompagne les sensations répand ses influences expansives dans toute l'organisation : il attache à la vie.
« La douleur concentre le plaisir sensitif à l'intérieur , enraie, pour ainsi dire, le jeu des organes, et relâche les liens qui attachent à l’exis-
tence. Il est donc naturel de rechercher les sensations agréables , et de fuir celles qui sont
pénibles ei douloureuses.
« Les affections de l’äme sont actives ou passives. Les premières se remarquent dans la bienveillance , la pitié, l’amitié et l'amour, qui nous attachent à nos semblables ; et dans la colère,
(rome) | la haine et la jalousie, qui nous en eloignent.
« Les secondes sont agréables dans l'espérance , la satisfaction morale , et pénibles dans la crainte, le dégoût, le découragement.
« Les fonctions intellectuelles, ou les travaux de l'esprit, ne sont point étrangers aux influences du plaisir et de la douleur; ainsi la satisfaction qui suit les opérations fructueuses de la pensée délasse l'esprit ; le dégoût qui se méle à des efforts stériles le fatigue et le décourage.
« L'exercice prolongé de la mémoire, du jugement et de la réflexion, est toujours fatigant, tandis que celui de l'imagination où du génie excile le cerveau et sympatiquement tout lorganisme.
«“ Les sensations répétées, les passions tristes et Jes études sérieuses , épuisent la sensibilité, et affaiblissent les organes ; de là la nécessité de les interrompre, de les varier , et de leur faire succéder l'exercice physique qui rappelle à l'extérieur les forces de la vie, concentrées sur les sens et sur le cerveau. »
D'après ce qui précède, on voit donc que le repos ou le délassement n’est pas moins néces-
saire à l'esprit qu’au corps, et que les sensations
trop répétées , les vives affections de lâme qui alimentent les passions débilitantes ou excitantes, que l'abus des fonctions intellectuelles , affaiblissent les systèmes, et qu’en rallantissant la circulation elles font naître l’anaphrodisie.
(Voyez les S$ XVI, XVII, XVIIT, XIX , XX, XXI, XXII, XXII, XXIV, XXVI, XXXIIT, XLIV, XLV, XLVI, XLVII, XLVIIT, XLIX, LV, LVI, LVIT, LVII, LXIIT, LXIV, LXV et LXXXIX.)
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