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Remènes.— Fortifians, aphrodisiaques, aromatiques.
Il ne nous appartient point de prononcer sur la vertu réelle ou imaginaire des uns et des autres, et nous nous bornons à dire que parmi
les premiers on range les stomachiques, les
(24) aromates , les gommes odorantes , les baumes,
les résines, les huiles essentielles et volatiles, les savons, les sels volatils , les parfums , lemusc , le phosphore, l’opium uni aux aromates , les cantharides, etc.
Remèpes. — Débilitans, hynoptiquées, ete. Sédatifs, etc.
Et que parmi les seconds on distingue les semences froides , le camphre, le nitrate de potasse, le nymphæa, l’agnus-castus, etc
Des À phrodisiaques.
On appelle aphrodisiaques les subtances alimentaires ou médicamenteuses qui ont la propriété de rappeler le prurit amoureux, et de le transmettre aux organes sexuels (1)
« Un médecin célèbre, Cailleu , dit le docteur Virey ,( Bulletin de pharmacie, mai 1813, page 19/4), à cru pouvoir nier l'existence des aphrodisiaques, ou des subtances dont l'effet direct soit d’exciter la faculté générative ; mais il est
(1) Parmi les aphrodisiaques, les diurétiques et les emménagogues jouissent d’une vertu méritée par leur ac-
tion sur les voies urinaires et les organes voisins.
évident par l'exemple même des animaux, chez lesquels on ne peut pas supposer, comme dans l’homme, l'influence de l'imagination, que cette action a lieu par certaines substances. Ainsi les chats sont spécialement excités par le marum, la cataire, les racines de valériane, de serpentaire de Virginie; on sait aussi que les oiseaux auxquels on donne du chènevis, du blé sarrasin , du fenugrec , entrent en chaleur, et que l'anus des carpes, frotté de musc ou de civette , les fait bientôt frayer. On ne niera point l’action trèsénergique de plusieurs odeurs animales sur Île système utérin de la plupart des femmes, etc. » « Toutefois , continue le docteur Virey,
(page 198) un médecin observe avec sagacité, que les aphrodisiaques ne sont pas tous nécessairement des échauffans, et que si l'on doit se servir de ceux-ci dans les climats froids et humides du nord , où l’économie animale a besoin de stimulans, il en est autrement sous les cieux plus ardens de l'Orient, de l'Asie, ou de l'Afrique,
puisque les tempérans, les rafraichissans, sont alors nécessaires pour humecter et détendre les organes arides et désséchés , comme le prouve l'exemple des Egyptiennes, des Persanes , etc. »
Le docteur Virey passant en revue, dans son savant et intéressant Mémoire, toutes les classes du règne végétal, et plusieurs du règne animal conclut ainsi :
« Les Aphrodisiaques peuvent se ranger sous les classes suivantes : 1° les emmenagogues anti-spasmodiques, tels que le muse, l’ambre, la civette, le castor , et les emménagogues simples, comme les gommes, résines fétides, les aristoloches, etc. ; 2° les aromatiques épicés, comme poivre, bétel, gingembre, cannelle, girofle, muscade, ou des aromates plus doux, tels que les lauriers, les myrtes, le calamus, l'huile de spic, le fruit de l’avocatier; 3°les s41mulans piquans, comme les aroïdes, la colocasie, le dracontium, le pinang, l’anacarde , et les scitatcées, tels que l'ail, lognon; 4° les échauffans, comme le phosphore, les champignons, les truffes, morilles, fruit du durion, compositions opiastiques et narcotiques, avec dés aromates; 5° les diuriétiques simples tels que l’artichaut, l’eryngium , le sceau Notre-Dame, les asperges, surtout les résines d’arbres conifères, etles diurétiques carminatifs, comme les ombellifères , le genseng, le ninsi, le panais,
le chervi, etc ; 6° les a/imens venteur, comme fèves et autres légumineuses , et les a/imens stimulans de la tétradynamie, la roquette, les raves; 7° les nourritures analeptiques, comme le cacao, les pignons doux, les figues, le salep, les œufs, la cervelle , et autres matières animales très restaurantes ; 8° les rourrilures excitantes du système cutané, telles que les poissons, les reptiles, les crustacés, et plusieurs mollusques nus et testacés, 9° les substances toniques, comme Îles préparations martiales , le sel et les salaisons; 10° enfin les &cres et caustiques, comme les insectes, les cantharides, les fourmis lefscine;tetCe
Les cantharides auraient la préférence sur tous les aphrodisiaques connus, si leur vertu n’était point délétère, et si leur action n’altérait pas aussi sensiblement l'organe digestif, les voies urinaires et l'appareil génital qu'ils enflamment et corrodent; mais on paie toujours bien cher un moment de l'illusion passagère que leur usage procure. Qui ne connaît les diablotins d'Italie, les pastilles vénitiennes, et les phyltres amoureux qu'on prépare dans les contrées volupteuses de l'Italie et de la Turquie? « On fris-
(ere
sonne, dit le docteur Chaumeton, en voyant la « main des Grâces présenter la coupe empoisonnée pour assouvir une passion brutale. » La mort prématurée de Lucrèce est attribuée, par les biographes de ce poète célèbre, à un philtre amoureux qu'il reçut de sa chère Lucia. Ambroise Paré raconte qu’une courtisane ayant soupoudré de cantharides les mets qu'elle offrait à l'un de ses amans, cet infortuné fut attaqué d’un priapisme violent et d’une perte de sang par l'anus, dont il mourut. Le même auteur cite l'exemple d’un abbé qui, pour se montrer preux chevalier de Vénus, avala une dose de cantharides qui lui causa une hématurie mortelle. On assure que l'excellent acteur Molé, désirant prouver qu'il conservait encore, au déclin de sa carrière , la vigueur qui est l’attribut de la jeunesse, prit un breuvage dans lequel entraient des cantharides , et trouva la mort au lieu de la jouissance qu'il cherchait. »
Un homme , ditle docteur Fournier (eas rares, du Vouv. Dict. des Scienc. méd. ), avait pris une potion aphrodisiaque dans laquelle on avait mis, entre autres ingrédiens, deux gros de mouches cantharides en poudre. Cette potion opéra
de bien affligeans prodiges. L'insensé qui l'avait prise approcha sa femme quatre-vingt-dix-sept fois pendant la nuit; il répandit en outre beaucoup de sperme dans son lit. Cabrol, appelé le matin pour lui donner ses soins, vit ce nouvel Hercule, bien plus fameux que celui dont les exploits avaient émerveillé l'antiquité, obtenir encore trois éjaculations consécutives en se frottant sur le pied de son lit. La mort vint bientôt terminer cette crise érotique.
Nous avons voyagé sur mer avec deux Espagnols, frères et officiers supérieurs, MM. C...o, qui se rendaient au Mexique pour y occuper des emplois distingués, et qui, par cause d'une monstrueuse conformation, rendant leurpénis rebelle à leurs ardens désirs, étaient obligés d’avoir recours aux pastilles vénitiennes dont l'abus leur a été également fatal.
Les cantharides, d’ailleurs si pernicieuses par leurs effets, deviennent cependant, dans les mains de médecins prudens et éclairés, d’excellens aphrodisiaques, dont le succès a souvent suivi l'emploi dans des affections de ce genre où tous les autres remèdes avaient en vain êté tentés.
Le docteur Chaumeton s'exprime, ainsi, aû mot Caniharide, du Vouveau Dictionnaire des Sciences médicales : « Une des plus belles attributions du système nerveux est, sans contredit, de présider à la reproduction. Les organes destinés à cette admirable fonction doivent à leur texture, presque toute nerveuse, ces élans délicieux de la volupté qui entraînent irrésistiblement un sexe vers l’autre. Ce penchant, qui va jusqu’à la fureur chez certains individus, s’affaiblit et s'éteint chez quelques autres, de manière à laisser leur cœur fermé à la passion la plus douce : on dirait que la plus charmante moitié de l’espèce humaine n'existe plus pour eux. Cette affligeante asthénie n’est pas toujours désespérée ; elle cède parfois aux moyens thérapeutiques spécialement destinés à stimuler les organes génitaux languissans : ces moyens, dont l'emploi judicieux des cantharides est certainement un des plus énergiques , sont connus sous le nom d’aphrodisiaques. »
L’ambre gris et le muse ont une marche plus lente dans leurs résultats ; mais aussi leur administration bénigne n'en fait pas regretter l’emploi, puisqu'ils remplissent le but qu’on se pro-
(2510) pose, savoir, de fortifier les systèmes, et de diminuer l'irritabilité.
« Borelli (cent. 2) dit avoir connu un homme qui se frotta le membre viril de musc avant le coit; il l’exerca, et resta uni à sa femme, comme les chiens le sont avec leurs femelles (1). Il fal-
(1) Nous avons été apppelés dans un cas de ce genre pour un chirugien, M. de G.D, à qui pareille chose arriva, paroisse du Gros-Morne, canton des Gonaïves, ile Saint-Domingue. Nous indiquons dans notre Flore médicale des Antilles , le traitement qui nous a réussi. L’individu avait le gland du pénis d'une grosseur démesurée, et c’est la partie qui s'était trouvée gonflée par l’affluence du sang dans les corps caverneux.
La citation de l’union plus que cynique du chirugien de Saint-Domingue avec la femme qui partageait ses jouissances effarouchera peut-être la pudeur de certains lecteurs, et l'explication même de la cause déterminante ne les satisfera peut-être pas tous. En effet, il est difhcile de croire que le gonflement accidentel du gland, par suite de certaines frictions faites sur sa surface, puisse s'opposer à la sortie de la verge de l’homme , lorsqu'elle a pu être introduite dans un vagin qui prête toujours avec assez de facilité. Mais la difficulté disparaitra en sachant que la femme éprouvait dans ce moment au va-
gin une sécheresse ardente et une inflammation intense.
(. 222) lut lui donner quantité de lavemens , afin de ramollir les parties , et d'obtenir la séparation des deux individus. Diemerbroeck confirme cette singulière propriété du muse par une observation analogue à la précédente : ici, il fallut,
Il n'en est pas de même dans l'espèce canine, où une disposition particulière des organes génitaux rende ces accidens très-fréquens. D'abord la verge du chien offre une structure particulière qui doit favoriser l'exemple dont nous parlons ; car chez lui, la couronne du gland a une saillie qui dépasse de beaucoup la grosseur du corps de la verge. À côté de cela l’organisation de la vulve des chiennes présente une particularité qne n’ent pas les femmes ; c’est-à-dire que l’orifice externe du vagin dans les chiennes et les espèces du même genre, est pourvue d’une espèce de ceinture fibreuse, contractile, qui représente une espèce de sphincter, et dont la contraction, au moment du coït, s'oppose à la sortie de la verge, en retenant le gland dans le vagin. Chez la femme, au contraire, cette espèce de ceinture fibreuse est loin de se rencontrer; et, sous ce rapport, elles sont beaucoup moins bien partagées, car il est probable qu'il s'en rencontrerait quelques-unes dans le nombre qui profiteraient de cette disposition organique à l'avantage de leur lubricité, pour mieux prolonger un moment qui fuit souvent avec trop de rapidité.
pour séparer les conjoints, qu’on leur jetât beaucoup d’eau froide. Scharigius fait mention d’un cas analogue produit par la même cause. Parmi les cures multipliées opérées à l’aide de ces moyens énergiques, Weickard dit avoir réveillé par le muse les organes génitaux d’un homme presque octogénaire. » (/Vous.Dict. des Sc. méd., cas rares.)
Un autre aphrodisiaque incendiaire et pernicieux, c’est le phosphore, que nous n’ordonnons qu'en tremblant. « Le phosphore, dit le docteur Chaumeton , que plusieurs médecins ont jugé éminemment propre à rallumer le flambeau de la vie, me paraît, au contraire, un poison violent : l’éther et le sucre n’enchaïînent que faiblement l'énergie de ce corps si combustible , dont une trés-petite dose a fréquemment produit une mort rapide et cruelle. »
Cette dissolution du phosphore par l’éther ne doit donc s’administrer qu'avec de grandes précautions , et dans la proportion d’un demi-grain de phosphore au plus contre trente-six ou quarante grains d’éther dans un véhicule convenable.
À l’époque reculée où l’on condamnait à l’infâme épreuve du congrès l'époux accusé par sa
femme d'impuissance (1), l’infortuné avait recours à cesviolens moyens pourse soustraire à la honte dont les affections de l’âme ne pouvaient le détourner. Aujourd’hui que cette coutume humiliante est abolie, peu d’insensés font usage de ces préparations funestes. Les femmes de Thessalie excellaient, dit-on, dans l’art de préparer les philtres.
L'usage inconsidéré du borax (2) pris intérieurement, dit Mercurial, jette dans le priapisme ; d'où il conclut que son usage modéré et sagement appliqué au tempéramment, est un excellent aphrodisiaque.
Nous avons déjà dit que l’opium, uni aux aromates, portait le nom de Remede de magnanimié de Kempfer, son inventeur. On sait que les soldats turcs, pour s’animer au combat, mächent l’opium , comme les nôtres le tabac, tant
(x) Voyez le chapitre de l'anaphrodisie considérée sous Île rapport de la médecine légale.
(2) Venette regarde le borax pris à deux scrupules comme capable de rallumer une passion amortie; mais il n'a de vertu que celles des condimens âcres avec lesquels on l’associe, comme on le voit dans la poudre émé-
nagogue de Fuller, et dans celle de Mynsicht.
( 3350) il est vrai que la longue et fréquente habitude fait perdre à ce narcotique la majeure partie de ses qualités délétères.
Venette avait peine à donner trois grains d’opium à ses malades les plus vigoureux, tandis qu'une dame de ma connaissance, douée d’une extrême susceptibilité, et attaquée d’hystérie, en prend tous les jours cinquante-cinq grains à la fois pour provoquer quelques heures de sommeil qu’elle n'obtient pas toujours, malgré cette dose excessive. Il est vrai que lopium, à cette quantité, devient un irritant , ét excite en elle une espèce de chorée, des mouvemens convulsifs dont les paroxismes se renouvellent tous les jours, vers sept heures du soir, époque du retour de ses accès, dont elle ressent et annonce toujours l'approche par des pandiculations réitérées. Cette même dame, n’ayant plus chez elle de pilules préparées , et craignant d’interrompre son traitement, prit un jour, sur ma cheminée , un flacon de laudanum liquide, confenant quatre Onces de cé narcotique, qu'elle eut l’imprudence d’avaler d’un trait, s sans prévenir personne, et sans qu'il en soit résulté le moindre accident! |