Tome Il
On sait que l’opium arrête les évacuations, celles de la salive, des urines, des selles, etc. : il n’y a que la sueur qu'il augmente. L’effet de l'opium est celui de tous les narcotiques : il raréfie le sang en augmentant son volume , et en dilatant les vaisseaux en raison de leur diamètre et de leur élasticité ; c’est pourquoi, en trouvant très-peu à ceux du cerveau , ilen résulte une compression, une aberration dans les fonctions des organes essentiels à la vie, et un coma qui, s’il est prolongé par l'excès de la dose, atteint jusqu'aux artères du cœur, et cause bientôt la mort par une compression désordonnée.
Avec quelle réserve ne doit-on pas employer l’opium, puisqu'un morceau , mis dans la cavité d’une dent gâtée, causa la mort à celui qui fit cet essai (1)!
On en introduisit dans l'oreille d’un Espagnol tourmenté d'une insomnie cruelle; il dort : à son réveil, on le trouve fou, stupide , imbécile ; il meurt. Une personne dormit profondément
pendant vingt-quatre heures pour en avoir pris
(1) M. de L.., de L'homme et de la Femme, t. 1, p. 148.
( 227.) un demi-grain : ne serait-elle pas morte, si elle en eût avalé deux grains ?
Wedelius nous apprend que l’opium, combiné avec l’ambre, cause aux personnes d’un tempérament chaud des pollutions nocturnes et un priapisme continuel, surtout si elles ont de la disposition à l’érétisme du système nerveux.
Les courriers, en Turquie, font usage d'opium pour soutenir et relever leurs forces affaiblies par de longues routes. « Un courrier allait de Constantinople chez M. Samuel Barnadiston. Etant entre sur la route dans une maison, il tomba comme mort. Toute la maison étant surprise et intriguée de cet événement, un des valets, qui jugea que cette défaillance venait de ce que le courrier avait consomme toute sa provision d’opium , lui en fit entrer, de force, un peu dans la bouche : le courrier revint aussitôt à lui, et confessa que le valet lui avait tenu lieu de bon médecin. (Dict. de Méd., art. Opium.) »
On concluera de tout ce qui précède que l'opium doit produire de violens désirs , au gmentés encore par la disposition d’un appareil qui semble annoncer qu'on peut les satisfaire , mais en même temps une sorte d’impuissance, qui à sa source dans la trop grande vigueur du
principal organe de nos plaisirs. Ma conjecture est appuyée sur des observations. On nous rapporte que’les Chinois qui sont établis à Batavia se servent d’un certain électuaire qu’ils nomment affion, pour s’exciter à l’amour : son effet, diton, est si violent, qu'il produit en eux une passion brutale qui dure toute la nuit, et qui oblige souvent leurs maîtresses à s'échapper de leurs bras. Les effets que produit l’affion ne sont autre chose que ce qu'on vient de dire. La passion brutale des Chinois est causée par l’état dans lequel ils se trouvent , et qui semble leur ahnoncer à chaque instant le moment de la jouissance : l'obstacle les irrite; ils persévèrent sous les auspices heureux qu'ils croient entrevoir. Mais cet état de rigidité n’est pas le seul nécessaire pour s’enivrer des délices de l'amour : ils ne peuvent suppléer à ce qui manque à leur bonheur...
La victime de leurs désirs s'échappe à des caresses brutales qui semblent étrangères au plaisir : elle fuit un barbare qui s'annonce dans la lice amoureuse avec des armes redoutables qui peuvent blesser, sans pouvoir même sentir ni goûter le prix de la victoire (1): »
(r) Made Lis ipi 85. 4° y
« Le safran, dont les Irlandais et les Ecossais, dit Bâcon , teignent leurs chemises pour les préserver de la malpropreté et pouvoir les porter plus long-temps ; le safran serait à préférer comme aphrodisiaque. » « Je regarde avec Venette, dit M. de L... (1), le safran comme un moyen, non pas d’exciter puissamment à l'amour, mais de répandre dans toute la machine une sorte d’aisance qui, jointe à la gaîté qu’il donne (2), dispose aux plaisirs, y conduit même par une pente douce et accélérée , sans faire trop d'impression sur les organes de la volupté. Pour prouver combien le safran est pénétrant, M. de L.... cite l'observation d’un jeune homme de vingt-deux ans qui, après avoir fait usage d’alimens dans lesquels on avait mêlé du safran, rendit une liqueur prolifique qui avait pris toute la teinte
(1) Même ouvrage, t. 1, p. 151.)
(2) On a beaucoup exagéré les vertus du safran à cet égard. Shulzius dit que, si l’on approche du nez d’un enfant une bouteille vuide d'essence de safran, aussitôt il se met àrire. Un autre auteur assure que, si l'on frotte un anneau avec le safran, et que l’on passe cet anneau dans l’un des doigts de la main gauche, le cœur en sera
sur-le-champ réjoui. »
jaune de cette substance (1). On pourrait ajouter à cela des observations constatées qui prouvent que le safran a teint, dans le ventre de la mère, des enfans qui ont apporté cette couleur en venant au monde. ( ’oy. lesEphém. , dec. 1, année I, observ. 60.) Voudrait-on parler de l’ictère des nouveaux-nés ?
On sait que le vinaigre en frictions et en boissons détruit l'affection comateuse produite par les vapeurs du safran (2).
Autrefois on employait à l'extérieur, comme de puissans aphrodisiaques, l'huile de vers, celle végétale du palma-christi, les fourmis, la racine de satyrion, en frictions sur l'os sacrum ; mais on est revenu de ces erreurs trop longtemps accréditées par Nicolas Venette (t. I‘, p. 236), qui cite aussi, contre l'impuissance, les vertus miraculeuses du mabouya, espèce de lézard d'Amérique, du sarrasin, du chervi, du
(1) Ephém. des Curieux de la Nature, dée. 3, ann. 6, obs. 273.
(2) Voyez l'histoire de cette plante bulbeuse dans les Voyages d’un Naturaliste, 3 vol. in-8c avec plane. ; et le Code du S'afranier, 1809, chez Dufart.
borax ; mais aujourd’hui l’expérience a démontré le ridicule de ces puérilités mensongères!
La saine philosophie a également rejeté l’emploi, comme aphrodisiaques, des scinques, sortes de lézards des montagnes de la Lybie, de l'Egypte et de l’Arabie-Pétrée, dont les Arabes ont conservé l’usage, auquel ils attribuent la vertu imaginaire d’exciter:à l'amour, de ranimer les forces épuisées, et de rallumer des feux qui n'étaient pas éteints, malgré les glaces de l’âge et l'influence débilitante de longs excès (1). Il en est de même à l'égard du torcol, « qui était fameux, dit Valmont-Bomare, chez les anciens, par l’usage qu'on en faisait pour les philtres, et qui passait pour un ingrédient essentiel dans les enchantemens. »
Androplule, roi des Indes, envoya à Antio-
(1) Cependant M. Virey croit que le scinque, espèce de lézard qui se nourrit d'insectes, comme ses congénères, en conserve dans son estomac, de sorte que la poudre de cet animal séché et pulvérisé en entier doit posséder des qualités âcres etstimulantes qui agissent sur les organes urinaires et sexuels. La tortue caret est dans
le même cas. (Mémoire cité. )
chus une plante avec le secours de laquelle il entra soixante-dix fois dans l’arène. On lit dans Mathiole que le satyrion, qu’il appelle herbe de Théophraste(i1), était réputé avoir une £randissime vertu d'échauffer à patllardise, soit intérieurement, soit appliquée extérieurement sur les parties-génitales : qu’on accomplissait alors l’acte vénérien douze fois, et même autant de fois qu'on voulait. Les femmes, dit-il, devien- nent encore plus chaudes que les hommes. (vor. Math. sur Dioscor., Liv. HI, chap. CXXVIL.
M. Salgues replace, avec son élégance ordinaire, au rang d’où ils n'auraient jamais dû sortir, les satyrions, les mabouyas, et autres aphrodisiaques imaginaires. « On a cru longtemps, dit cet aimable écrivain (2), que les deux bulbesqui forment la racine de l'orchis(satyrion), avaient une vertu opposée et contraire; que l’une était propre à exciter les feux de l’amour,
(1) M. Virey attribue ce surnomà la racine de Chaulendjän agarbi Maranta galanga, Lin. ( Bulletin. de Pharm., mai 1813, p. 202. )
(2) Des Erreurs et des Préjugés répandus dans la société. t..IT, p. 161.)
( 233 hs
et l’autre à les éteindre. Le médecin Saint-André rapporte que deux gentilshommes de ses amis profitèérent de cette découverte pour troubler les joies d’un jeune ménage. Ils firent prendre à l'épouse la bulbe stimulante, et à l’époux la bulbe sédative. Que l’on juge de la. confusion dans le boudoir! Mais le médecin Saint-André a voulu, sans doute, s’égayer : toutes ces prétendues propriétés sont des chimnères inventées pour tromper la crédulité publique. Il existe, à la vérité, quelques moyens naturels d’éveiller ou d’assoupir les feux del’amour: les écrevisses , le céleri et le cholat, les truffes et quelques autres substances chaudes, peuvent, pour quelque temps, réveiller les sens endormis d’un époux languiss2nt et énervé; mais le philtre le plus puissant ne vaudra jamais la jeunesse, la force, et tous les avantages d’une bonne constitution. »
Les bulbes du satirion (1) fournissent , à la vérité, une fécule, appelée salep, qui est fort nourrissante, mais c’est là sa seule vertu , ettoute
(2) que M. Virey pense être le dudaim de la bible. (Voyez bull. de pharm. mai 1813. p. 199.)
sa propriété consiste à réparer les forces sans fatiguer l'estomac, parce qu'elle est digestive : c’est pourquoi on l’emploie avec avantage dans la phthysie, dans les dyssenteries, et dans Îles
convalescences des maladies aigües.
On vend, dit Venette, dans les cafés de Perse, une espèce de boisson mucilagineuse qu’on obtient d’un orchis satyrion. On l'appelle scarebraleb, c’est-à-dire stop de renard, parce que le satyrion a ses bulbes semblables aux testicules de cet animal (1).
(1) Les Egyptiens, selon M. Virey, vantent comme aphrodisiaque, la racine de colocasie ( arum colocasia, Linn..); les Japonais, le dracçuntium-polyphyllum, Linn.; les Malais recherchent avidement la fleur du pothos, suivant Labillardière; et, dans l'antiquité les bulbes d'alliacées ont jouit d’une certaine célébrité ainsi qu'on peut en juger par les vers suivans de Martial :
Qui præstare virum Cypriæ certamine nescit,
Manducet bulbos, et benè fortis erit.
Buzcerin DE PHARMACIE, mai 1813, p. 201.
La pervenche, dit-on, refroidit, tandis que les semences des ombellifères qui composent une liqueur appelée huile de Vénus, sont réputées aphrodisiaques. On regarde aussi comme telles les graines et les racines du
panicaut à cent têtes.
Tibère, le plus voluptueux des empereurs, recevait des Allemands le chervi en certaine quantité, et comme contribution, pour se rendre vigoureux avec ses femmes : mais le chervi n’a pas plus de vertu que les autres carminatifs. En Suède, cependant, les femmes en donnent à leurs maris pour réveiller en eux un désir languissant.
« Le principal ingrédien du bang, ou bangué des Indiens, et du mastac des Turcs, est une espèce de chanvre ; souvent même, si l’on en croit Linné, ces peuples se contentent de réduire la poussière des étamines du chanvre mâle en trochisques, au moyen de la salive. Les Indiens, dit Æcosta, mangent la graine et les feuilles de cette plante pour augmenter leur vigueur dans l’acte vénérien, et pour exciter l’appétit. Les personnes de condition, et principalement les militaires qui veulent se délasser de leurs travaux et dormir sans inquiétude, en font une poudre, à laquelle ils ajoutent de l’arécu , un peu d’opium et du sucre : s'ils ont envie d’avoir, en dormant, des rêves et des illusions agréables, ils y mêlent du camphre , du macis,
des girofles et de la muscade ; si, au contraire,
ils veulent être animés, réveillés et plus enclins au plaisir de l’amour , ils y joignent de l’ämbre gris et du muse, et en font un électuaire avec du sucre. On croit avoir remarqué, même dans nos climats, que les oiseaux nourris en cage avec les semences du chanvre étaient plus luxurieux, ce qui semblerait confirmer la vertu aphrodisiaque de ce végétal, malgré l'opinion contraire de Dioscoride et de Jean Bauhin (1). »
Ce qu'il y a de certain, c’est que la grande fécondité des femmes de la Sologne paraît dépendre de l’usage habituel qu’elles font du sarrasin et du poisson, ces deux alimens ayant la vertu d’exciter les organes de la génération. On en voit des preuves également parmi leurs enfans, qui, des l’âge de huit ans, s’exercent clandestinement au coiït.
Que d’erreurs rapportées par les anciens, relativement aux vertus imaginaires de la chair du cerf! Elle est, disent-ils, le préservatif de la fièvre ; les parties sont alexitères, ainsi que ses larmes épaissies, si on les porte sur soi. Agri-
(1) Chaumeton, mot aphrodisiaque, du Nouv.
Dict. des Sc. Méd.
( 257 ) cole attribue cette vertu aux dents de l'animal; à sa peau, de préserver de la contagion l’homme. qui en est recouvert; aux os du cœur, de guérir les maladies de cet organe ; au pénis, le pouvoir d'augmenter la semence ; que sa queue, contenant la bile, puisque le cerf est privé de vésicule du fie, bouillie dans du vin, et employée en friction, produisait les merveilles d’une érection regardée impossible , miracle opéré par les vertus de la friction (1)!
Venette propose encore (p. 290, t. 1*) pour
(1) Des auteurs trop crédulesont vanté comme aphrodisiaques puissans les vertus du sang menstruel, du
sperme humain, de celui du cerf, du hérisson en chaleur, de la vulve de la truie, de l'utérus de la hyène, de Ja
haze, etc., du priape du cerf ou du loup, des os de crapaud, du cordon ombilical desséché (Virey, Bull. de * Pharm. mai1813).On ne peut cependant pas révoquer en doute l'influence des eflluves d'animaux en rut et des organes sexuels. « [Len est de mème pourles chevaux, les chiens, et les autres mammifères, continue M. Virey; car, indépendamment du fameux hippomane, le musc, la civette, le castor, ettoutes les humeurs odorantes sécrétées par les follicules inguinales voisines des organes
sexuels, agissent évidemment sur les individus, et les
(ASE) aphrodisiaques externes les linimens faits avec le miel, le storax liquide, l'huile de fourmi volante , le beurre frais et la graisse d’oies sauvages, mais en y ajoutant de l’uphorbe, du gingembre, du poivre, et surtout de l’ambre gris et de la civette.
Certains vieillards ont recours à la flagellation, dans l'espoir de recouvrer les faveurs de Vénus. Nous avons connu un sexagénaire célèbre , libertin dépravé, qui ne pouvait jouir d’une femme que lorsqu'il lui voyait couper le cou à un poulet! d’autres à Saint-Domingue !.… Mais notre main se refuse à tracer de pareilles infamies , qui dégradent l’homme et le sentiment.
Il est un plus doux stimulant pour les sybarites efféminés et pour ceux qui aiment et savent ressentir, c’est la puissance des parfums : l'émanation des plus suaves odeurs agit d’une manière voluptueuse sur les tempéramens ner-
veux qu'elles excitent,. et dont elles agacent la
porte au coit, non-seulement dans leur propre espèce, mais elles peuvent exciter pareillement d’autres es-
pêces. »
( 259 ) fibre sensible : c'est probablement pour provoquer au plaisir les jeunes époux que, dans les mariages samaites, on entoure de roses le lit nuptial.
Dans l’ancienne médecine, indépendamment des aphrodisiaques, on reconnaissait aussi les spermatopées : on attribuait à ces médicamens nombreux la vertu d’exciter une sécrétion et une excrétion plus grande de la semence (1), et de disposer à l’amour en faisant fermenter, disent les anciens auteurs, l'aura seminalis, ou la partie volatile de la semence. Ces remèdes, agissant médiatement ouimmédiatement, étaient échauffans, toniques, corroborans et stimulans : en en donnant ici l’'énumeération, on retrouvera facilement en eux les aphrodisiaques.
Les spermatopées, selon les auteurs du Dictionnatre raisonné universel de Matière médicale , comprennent les aromatiques, les stomachiques , les baumes, les résines, les cantharides, les fomentations chaudes, les bains, l’huile
de rue, l'ail, les oignons , les poireaux , les
(1) Tous les hommes d’un tempérament lascif ont dû remarquer qu'en mangeant le soir des œufs frais à lacoque,
ils éprouvaient dans le sommeil des pollutions nocturnes.
sommes aromatiques, telles que celles d’aloës, ‘d’ammoniaque, de bdellium, d’élemi, de galbanum, de myrrhe, de sagapénum, de tacamahaca; les baumes de copahu, de la Mecque, du Pérou et de Tolu ; le camphre, le borax, le sel marin, les sels volatils et animaux, les savons, les huiles des animaux , le castoréum , et les huiles végétales aromatiques.
Mais, malgré ces nombreuses ressources, malheur aux époux impuissans et aux jeunes débauchés qui fondent sur les vertus imaginaires et peu sûres des aphrodisiaques l'espoir de la paternité! Comment réparer, au secours d’une potion, des forces que des années de jouissances excessives ont épuisées ? et le même antidote agira-t-il de Ja même manière sur tous les tempéramens? Loin de nous les scinques , les mabouyas etautres moyens fallacieux dont on flatte et dont on abuse la crédulité du peuple, et qui
usent la santé par un usage inutile!
Garde-toi de puiser dans le philtre perfide La vigueur que réclame un amoureux congrès :
Le myrthe qu'a piqué l’ardente cantharide Se change en funèbre cyprès.
(ah)
Il existe cependant des aphrodisiaques adoptés par la saine médecine, mais il s’en faut bien qu'elle leur reconnaisse les vertus exagérées par les anciens.
M. de L., par exemple, propose (t. 1, p. 210) un moyen de réparer les forces après des excès en amour, et que voici :
« Prenez quatre œufs, dit-il, battez-les bien ensemble avec un demi-verre d’écume de limaçon à coque, et ajoutez :
a an sa) dB ERA De gingembre pulvérisé.. (une pincée.
« On fait du tout une omelette dont on renouvelle l'usage tous les jours, jusqu’à ce que les signes de vigueur reparaissent. »
Le même auteur (t. 1, p. 309) propose encore le moyen suivant :
Prenezfe
Moëlle de Bœuf:: &,... une orte!
Jaunes d'œufs frais... .. deux onces,
Battez le tout ensemble , et ajoutez :
Ambre DRIS NS Nr A . 2 grains.
Gingembre en poudre.., 1 scrupule.
Toux II. 16
On fait avec ce mélange une omelette dont on mange une semblable pendant huit jours, à jeun, en buvant par-dessus un verre de vin d’Epagne.
Dansle Formulaire magistral, publié en 1814 par MM. Pariset et Cadet Gassicourt, on conseille (p. 534), article faiblesse des organes de la génération, les pastilles de gen seng, au nombre de quatre à cinq à une heure de distance, et le wakaka des Indes à la dose de quatre gros à une once. Voici la formule de ces deux préparations pharmaceutiques, qu'on trouve en tout temps chez M. Cadet Gassicourt.
Pastilles de Genseng ( espèce de Panax. )
Genseng en poudre..... 5 onces.
VA iHE RER ANR Et 10 OnCes.
Essence d’ambre....... 10 gouttes.
Teinture de canthàri es.. 5 dragmes.
Huile de cannelle... .... 5a gouttes.
SCT E: ee Re CNE HPRRLOILIYIES.
Mucilage............... quant. sufF.
Divisez en pastilles de 24 à 50 grains.
IT'akaka des Indes.
Cacao mondé.......... 1/2 once.
STE re ai 4 onces.
Sucre de vanille........ 6 dragmes.
Gariniéllé "FORTIS. Et 1 dragme.
Rofétisec ist o + sr ... 1 dragme.
Faites une poudre selon l’art.
Cette poudre aromatique et fortifiante ranime l'appétit des vieillards et des convalescens. On en met une cuillerée à bouche dans un potage au riz, au vermicel, ou dans une jatte de lait. Les Espagnols la prennent à la dose d’un demi-gros dans une tasse de chocolat. |
« Ces sortes de préparations, dit le docteur
Chaumeton (1), doivent être exclusivement ré-
(1) motaphrodisiaque du Nouv. Dict. des Sc. méd. Nous pourrions citer d’après M. Virey(Bull.depharm. mai 1813), plusieurs autres compositions aphrodisiaques usitées et réputées utiles, telles que la teinture ou essence royale (alcool aphrodisiaque) de son Traité de
Pharmacie, t. 2,p. 90, et l'alcool de magnanimité, 1d.,
servées au médecin habile qui saura varier les ingrédiens, modifier les doses selon la nature de l’affectionet le tempérament des individus.
Mais, hélas! en vain on frottera d'huile aromatique un pénis trop petit et trop court, en vain on voudra par là rappeler à la vie un organe ‘dont les fonctions sont pour toujours éteintes, que peuvent ces secours précaires quand le toucher d’une belle ne peut émouvoir ces parties altérées par d’anciennes plaies , des chutes, des opérations, ou même par défaut de sensibilité!
« Il est reconnu, dit M. Esménard (1), que le tact ou le toucher est le plus sûr de tous les sens : c’est lui qui rectifie tous les autres, dont les effets ne seraient souvent que des illusions, « s’il ne venait à leur secours. L'homme ne voit et n'entend que par une petite partie de son corps,
mais partout où se trouvent des nerfs-et de la vie, il prouve plus ou moins la sensation du
p. 115. La recette du cachundé, pâte parfumée servant de pastilles aphrodisiaques dans l'Inde, les diablotins d'I-
talie, le samboyon , etc...
(1) Notes surle poëme de l’' Imagination.
( 245 ) toucher. Quoique les doigts de la main soient l'organe le plus naturel du tact, son action se fait sentir par les organes de tous les autres sens. »
Si les aphrodisiaques ont la puissance d’exci-
ter les ardeurs de Vénus, les hynoptiques, au contraire, ont la vertu de les réprimer. Nous avons indiqué, au mot continence , les moyens débilitans employés par les religieux pour amortir l’aiguillon de la chair, de ce nombre sont le nénuphar, l’agnus-castus, les semences froides, le camphre, le nitrate de potasse, ete.
« Le nom, d’agnus-castus, dit le docteur Chaumeton, indique suffisamment les propriétés qu'on lui asupposées. En effet, la vertu antiaphrodisiaque de l’agnus-castus était déjà célèbre chez les Grecs et les Romains : par quel singulier caprice a-t-on choisi pour emblême, et en quelque sorte pour palladium de la chasteté, une plante qui, loin de calmer l'eréthisme des organes génitaux, doit au contraire leur donner une énergie nouvelle? Combien d'usages ridicules n’a-t-on pas établis? combien de fables absurdes n’a-t-on pas débitées sur cette prétendue vertu anti-aphrodisiaque? Dios-
( 246 ) coride , Pline, Galien, nous apprennent que les prêtresses de Cérès formaient leur couche virginale avec les rameaux de l’agnus-castus, et qu’elles en jonchaient les temples de la déesse, à la célébration des thesmophories. Cn prépare encore de nos jours, avec les baies de cet arbrisseau, une essence, une eau distillée, et un sirop de chasteté,pour émousser l’Aiguillon delachair, qui souvent se fait sentir avec une violence extrême dans ces sombres asiles où l’homme s’impose la loi barbare de combattre le plus doux et le plus utile penchant de la nature. Armand
de Villeneuve a bien eu la folie de prétendre qu'un moyen infaillible d’amortir tout sentiment voluptueux, consiste à porter habituellement un couteau dont le manche soit fait avec de Vagnus-castus. » Liguiura et pinculum veneris. Les dames d'Athènes , suivant Dioscoride, couchaient aussi , le jour des fêtes de Céres, sur le feuillage de l’agnus-castus, comme propre à les détourner de l’impudicité, parce que leur odeur, selon elles, réprime, éloigné les pensées libidi- | neuses , et efface, ou plutôt préserve des songes lascifs. Chomel n’exalte pas ainsi les propriétés chimériques de l’agnus-castus, mais il lui recon-
naît celle des émulsions, et le considère comme convenable dans les accès hystériques. « Certains auteurs, dit encore le docteur Chaumeton (1), prétendent que la saveur aromatique des baies de l’agnus-castus, et la quantité d’huile volatile dont elles sont pénétrées, les rendent plus propres à échauffer qu’à rafraîchir. »
On a diverses opinions sur les vertus du camphre; par éxemple, dans le siècle passé, selon Scaliger, on regardait le camphre comme un anti-aphrodisiaque , et on le donnait à mâcher aux moines pour apaiser et éteindre les feux de la concupiscence : mais au contraire, loin de réprimer les ardeurs de Vénus, le camphre accélère la circulation, et il augmente l’insomnie, la chaleur et la soif.
L'usage du camphre épuise, émacie les personnes grasses et lymphatiques; il ne peut empêcher la sécrétion du sperme, ni l'érection. Il devient très-contraire et même funeste dans les affections du cerveau et de l'estomac. Il ne convient pas surtout aux gens de lettres et aux
femmes d’une complexion délicate, etsion l’uti-
(1) Flore du Dict, des Sc. méd. (mot agnus-castus. }
( 248 ) se dans les affections hystériques, ce n'est qu’en faveur des femmes dont la constitution forte n’est point nerveuse; car, dans le dernier cas, son odeur peut provoquer un accès.
« L'’odeur du camphre, dit le docteur Nysten (1), qui,seule, est sédative pour certaines constitutions, est loin d’avoir la faculté d’éteindre l’action des organes générateurs, comme l'annonce cette maxime de l’école de Salerne :
Camphora per nares castrat odore maires.
Le camphre est utile comme sédatif du système nerveux, et comme stimulant diffusible , c'est-à-dire comme excitant, par une action prompte qui se transmet rapidement à toutes les parties de l’organisation, et dont l'effet est de
courte durée (2). »
(1) Nouveau Dictionnaire des Sciences médic.
(2) Aujourd'hui on pense tout différemment des propriétés de ce calmant diffusible, qu’on emploie très-utilement dans la plupart des affections aiguës des organes génitaux. Car si le camphre semble quelquefois irriter ,
c’est par sa saveur âcre qui-excite la membrane muqueuse
Enfin, continue le docteur Nysten, n'est-ce pas en calmant l’état d’irritation spasmodique des organes générateurs, qui constitue le priapisme et la fureur utérine, que le camphre a été efficace dans ces affections? M. Alibert a constaté, dans ces derniers temps, sur une femme dont il rapporte l’histoire dans sa Matière médicale , cette propriété anti-aphrodisiaque du camphre. »
Dans les temps reculés, le nitre, regardé comme agent principal de la nature, était estimé propre à prolonger les jours, et à retarder la vieillesse. Le chancelier Bâcon et le chevalier d’Igoy sont deux de:ses préconisateurs. On lui attribuait des vertus sans nombre ; mais les Anglaises s'apercevant , par le refroidissement de leurs époux, qu'il était anti-aphrodisiaque, parvinrent à bannir de la société l’usage de ce sel, qu'on employait journellement comme moyen aphrodisiaque prophylactique dans les maladies. C'est le seul bien connu, et des vertus réfrigé-
de la bouche, surtout sur les parties où réside le sens du goût; mais cette exaltation n'est que locale et passagère, et l'effet consécutif sur l’ensemble des fonctions vitales est toujours comme agent sédatif.
(Can)
rantes duquel il n’est pas permis de douter.
Le nitre à petite dose est un puissant antiphlogistique ; mais à haute dose il devient irritant et purgatif. Il n’agit pas de même chez tous les individus; il devient irritant pour les personnes doutes d’un tempérament nerveux très-faible, et il occasionne souvent des pollutions en augmentant sensiblement les urines, circonstance qui, en favorisant la tension de la vessie, détermine les pollutions.
Le nitre rappelle à la retenue et au silence de la nullité l’orgueil du plus fier chevalier. En vain cette Messaline veut-elle lui faire le sacrifice de ses charmes , l’anaphrodite ne peut prendre ses ébats avec la beauté qui le provoque. Un remède capable d’éteindre à jamais les feux de l'amour, et de détruire les principes procréateurs, serait un fléau pour la société, puisque l’homme déchu de son état serait réduit à l'état de néant, ne pouvant plus aspirer à la gloiré et
au bonheur de se trouver avec ses enfans (1).
(1) L'abus excessif des de LE le sulfurique étendu d’eau, en boisson, et en topique; l'usage beau-
coup trop fréquent de l'opium, des narcotiques, des ra-
( eba }