CHAPITRE PREMIER
Descriptions anatomiques des Parties. Génitales dans les deux, Sexes.
L'acte de la génération est une fonction destinée à renouveler lesindividus et à servir à la propagation de l'espèce. Elle nécessite le concour des deux sexes, qui, toutefois, n’y sont aptes qu'après être parvenus à l’âge de puberté.
Les sexes diffèrent entre eux non-seulement par les organes génitaux, mais par des caractères tirés des différentes parties du corps.
L'homme (planche 1") présente outre la force et la vigueur, un teint plus coloré que celui de. la femme, des formes plus rudes ; il est le seul animal qui, en tout temps, puisse se joindre à sa femelle : car, comme les oiseaux et les animaux,
(56) il peut satisfaire à ses besoins sans oublier les plaisirs de l'amour. |
La femme (pl. 2. ),d’une taille moins élevée, d’une organisation plus délicate, et où prédominent les systèmes cellulaire et lymphatique qui effacent les saillies trop prononcées des muscles, arrondissent les membres et leur donnent cette forme gracieuse que l’on chercherait en vain chez l’homme robuste; la femme a reçu en partage la faiblesse , la douceur et les grâces.
L'homme trouve en elle une maïtresse dans l'adolescence, une épouse chérie dans la jeunesse, une amie dans l’âge mûr, et un soutien dans la vieillesse.
Les principaux caractères extérieurs qui peuvent distinguer la femme , sont les aspérités des os moins prononcées, la poitrine moins longue, plus évasée, le sternum court et large , le bassin ample, les formes obliques, les hanches plus étendues. Le corps de la femme, placé dans une élipse, présenterait, renfermées dans le cercle, les épaules, mais les hanches déborderaient; l’homme, au contraire, aurait ces dernières parties renfermées, et les premières dehors.
L'objet le plus important pour la femme est la reproduction de l’espèce, c'est le seul devoir qu'elle ait à remplir dans la société humaine.
C7 ) Ses passions sont vives, l'amour estla principale. ou, pour ainsi dire, l'unique; toutes les autres, la jalousie, l'ambition, en proviennent ou semblent à peine s’en distinguer, et n'être que des modifications de la première.
« L'amour, dit madame de Staël, n’est qu'un épisode dans la vie de l’homme; c’est l’histoire entière de la vie de la femme. »
Les sexes diffèrent entre eux, principalement par l'appareil génital.
Les parties génitales de l'homme, suivant le professeur Boyer, se divisent en trois classes. Les unes préparent la semence; ce sont les testicules et leurs dépendances. Les autres la conservent et lui forment une espèce de réservoir, ce sontles vésicules séminales; d’autres, enfin, la transmettent au dehors, c’est la verge ou pénis, et toutes les parties qui la constituent. Ces ofganes sont donc propres à rassembler, à sécréter et à élaborer le sperme ou liqueur séminale destinée à maintenir la propagation de l'espèce (1).
(1) Quelques personnes m'avaient engagé à ne point répéter ici les détails anatomiques des organes de la génération, qu'on trouve mieux décrits dans tous les auteurs classiques, mais un plus grand nombre m'invita à
renouveler cette descripiton, quoique très-connue , au-
Chez l'homme l'appareil génital se compose des organes destinés à sécréter et élaborer le: sperme , et de la verge, qui est le principal agent de Ja copulation. |
Les premiers sont les testicules (1), qui préparent la liqueur sérminale. Ce sont des COrps glanduleux ovalaires, formés de plusieurs enveloppes, dont une commune quiles contient tous les deux, et qui peut se resserrer parle froid, se dilater par la chaleur: elle porte le nom de scrotum; une simple cloison interne sépare les testicules.
Les tuniques propres de chacun portent le nom, savoir : la première, ou la plus extérieure, de dartos, elle est celluleuse; la seconde “ou tunique vaginale, les recouvre, mais ne les contient point; enfin, la troisième, fibreuse, blanche, épaisse et consistante, les reyêt; elle porte le nom de tunique albuginée. De son intérieur partent
tant pour compléter cette monographie que pour éviter des recherches à ceux de mes lecteurs qui n'ont aucune connaissance de l'anatomie humaine, et pour lesquels beaucoup de passages de ce Traité pourraient paraître abstraits ou inintelligibles.
(1) Les vaisseaux qui composent le testicule forment, par leurs contours et leur entrelacement > une ligne si longue, que M. D, H, l'évalue à cent lieues.
des cloisons qui contiennent de petits filanens capillaires, jaunâtres, repliés, entortillés sur euxmêmes, connus sous le nom de éuyaux SéMintfères. On présume qu'ils terminent les artères spermatiques. Îls se dirigent tous vers le bord supérieur des testicules; ils s'y réunissent au nombre de dix à douze tuyaux, et forment un cordon placé dans l’intérieur de cette dernière (tunique albuginée) nommée corps d'hygmore.
lis percent ensuite la membrane qui les contenait, se réunissent en un seul canal qui se contourne sur lui-même, et forme une éminence nommée ‘éte de l'épydidime. Ce canal, devenant de moins en moins flexueux, et enfin droit, se recourbe sur lui-même près de l'extrémité inferieure du testicule, remonte, sous le nom de canal déférent, le long du cordon des vaisseaux spermatiques jusqu'à l'auneau inguinal, par où il pénètre dans le bas ventre. Les vaisseaux sanguins qui se rendent aux testicules ont deux artères nommées spermatiques, et deux veines dites émulgentes, dont les rameaux s’anastomosent plusieurs fois entre eux.
Le vaisseau déférent prend avec la veine spermatique le même chemin, pour remonter dans le bas-ventre, que l'artère spermatique avait pris pour descendre ; ces trois sortes de vaisseaux for-
ment ensemble un cordon nommé cordon spermatque. La semence, préparéeparlestesticules, remonte , par les canaux séminifères, le corps d’'hygmore, les canaux déférens, lesquels entrés dans l'abdomen, viennent aboutir aux vésicules séminales, où ils déposent la liqueur spermatique.
Le canal déférent se sépare bientôt du cordon spermatique pour se porter derrière la vessie, en se rapprochant du côté opposé du canal déférent; il s'ouvre d’une part dans la vésicule séminale, et de l’autre dans le canal de l’urètre, sous le nom de conduit éjaculateur.
Les vésicules séminales sont deux réservoirs membraneux de différente grandeur adossés l’un à l’autre, situés derrière le bas fond de la vessie, et dirigés de manière que leur base est tournée en haut et en dehors, et leur sommet en dedans et en bas, près la glande prostate. Elles renferment dans leur intérieur des cellules ou alvéoles qui communiquent entre elles, tapissées d’une membrane muqueuse qui sécrète une humeur glaireuse se mêlant au sperme et lui servant de véhicule. Elles sont situées près du col de la vessie urinaire, et sont, dans le moment de léjaculation, pressées par les releveurs de l'anus. C'est dans ces vésicules que se conserve la li-
(41) queur spermatique jusqu’au moment de l’action qui doit en déterminer la sortie.
Les conduits éjaculaieurs résultant de la réunion des vésicules et des canaux déférens s’ouvrent séparément dans l’urètre au fond d’une lacune nommée veru montanum, et après avoir traverse la prostate.
La prostate est une glande qui sécrète une liqueur blanche , muqueuse , que douze conduits transportent dans l’urètre. Cette matière est fort utile, car la quantité de liqueur séminale sécrétée à la fois serait trop minime pour pouvoir être éjaculée avec force jusque dans l’utérus , si celle-ci ne s’y mêlait, et même ne lubrifiait le passage tout en augmentant la quantité.
L'urètre est le canal suspendu à la symphyse pubienne par le ligament triangulaire et cellulaire qui porte son nom ; son usage est de servir également et à l'évacuation du liquide urinaire, et à l'éjaculation et au transport de la liqueur séminale. Cette liqueur s’y dépose par deux petits trous à l'insertion du canal déférent, à côté de l’éminence nommée téte de bécasse. Plus dilaté à son origine, l’urètre prend à cet endroit un nom qui explique assez sa différence de volume, on l'appelle bulbe de l'urètre.
Cette partie est garnie intérieurement de beau-
coup de glandes. Comme cette partie seule eût été trop faible pour accomplir le coït, elle a été renforcée de corps caverneux remplis intérieurement de cellules qui communiquent entre elles, lesquelles se remplissent de sang lorsque la verge se roidit et devient propre à être introduite dans le vagin. La verge est terminée par un renflement applati garni de papilles nerveuses portant le nom de gland. Celui-ci est habituellement recouvert par une peau plus ou moins longue retenue à lapartie inférieurepar un petit appendice nommé frein. Cette peau, appelée prépuce, est susceptible de s’abaisser, et de laisser le gland à découvert; son usage est de le protéger et de lui conserver la sensibilité.
Le sperme, sécrété par les vaisseaux du testicule , passe successivement par le corps d’'hygmore, l’épididyme, et le canal déférent , qui le dépose dans les petites loges des vésicules séminales, où il est modifié par l’absorption de ses principes.
La couleur jaune qu’on lui trouve constamment, lorsqu'on le recueille dans les vésicules séminales d’un cadavre, semble prouver, dit le docteur Legouas, qu’il n'entre qu’en petite quantité dans l'humeur dont la copulation provoque l’effusion.
Les matériaux de la semence sont apportés par les artères spermatiques, et non par la moelle épinière, comme on l’a cru long-temps.
En comprimant les prostates, il en sort une liqueur blanche et épaisse, tandis qu’un liquide clair et pâle suinte des vésicules séminales ; mais tous deux se combinent ensemble, filtrent au travers d’une membrane, et se rendent au veru montanum, d'où ils prennent la direction du canal de l’urètre (1).
» Bientôt l’urètre lui-même, irrité par la présence de cette liqueur, entre en contraction, aidé par le muscle accélérateur, qui comprime avec force son bulbe et toutes les parties voi-
(1) « Dans certaines circonstances l'humeur prostatique peut être expulsée isolément, c’est-à-dire sans la liqueur séminale, ce qui a lieu au premier degré de l'orgasme vénérien, ou, comme chez quelques individus , par la pression que la prostate éprouve pendant l’expulsion des excrémens. Dans tous les cas, la sortie de cètte humeur ne se fait que par une espèce de suintement, et jamais, ou très-rarement, par jets. Chez les eunuques, cette émission est accompagnée d’un sentiment de plaïsir dont ils jouissent à défaut de celui que procure l’éjaculation de la semence. » (ViLLENEUVE, mot £ jaculation du Dictionnaire des Sciences Méd. )
sines. L'action de ce muscle acquiert une nouvelle vigueur par la contraction du sphincter de. la vessie et du sphincter de l'anus, qui concourent également à cette fonction importante. Ce muscle, l'accélérateur, est aussi le principal agent de l'érection, en comprimant les veines du corps caverneux de l’urètre. Dans ce même temps, les muscles érecteurs du pénis, tenant cet organe dans une ligne moyenne entre la perpendiculaire et la transversale, et la volupté étant à son comble, la liqueur séminale est lancée avec force dans le vagin, vers l’orifice de l'utérus.
« Si, par exemple, les muscles élévateurs de l'anus ne pressent pas les vésicules, le sperme n'en sort pas; si le muscle accélérateur cesse de comprimer les veines de l’urètre, le gland se flétrit, et l’éjaculation ne peut avoir lieu, quoique le reste de la verge soit en érection. Si un antagoniste est attaqué de spasme, ou se trouve paralysé, l’urètre ne peut se dilater; les forces pour presser l’éjaculation, ou manquent, ou sont contrariées ; de là un grand nombre d’obstacles possibles à l'exécution parfaite de cette fonction. »