‹ De l'impuissance et de la stérilité, ou recherches sur l'anaphrodisie distinguée de l'agénésie. Ouvrage destiné aux personnes mariées qui ne peuvent avoir d'enfansChapitre 40 sur 90 · Tome I · texte numérisé non relu

Tome I

Rapport eñtre l'appareil sexuel et les Organes des sensations.

« Les sens, dit Valmont Bomare , sont autant de sentinelles qui nous avertissent de nos be-

soins. »

Les sensations et les organes qui les produisent exercent aussi leur influence sur l'appareil

génital.

Tout entre dans l’esprit par la porte des sens :

L'un écoute les sons, distingue les accens;

L’autré, des fruits, des fleurs, des arbres et des plantes, Apporte jusqu'a nous les vapeurs odorantes ;

L'autre goûte des mets les sucs délicieux;

L’œil, plus puissant, embrasse et la terre et les cieux : Mais , tant que Le toucher n’a pas instruit la vue,

Ses regards ignorans errent dans l’étendue;

Les distances, les lieux, les formes, les grandeurs, Tout est douteux pour l'œil , excepté les couleurs. Mais le toucher, grands Dieux! j'en atteste Lucrèce; Le toucher, roi des sens, les surpasse en richésse : C’est l'arbitre des arts, le guide du désir,

Lé sens de là raison et celui du plaisir.

Tous sont assujétis à ce maître suprême ,

Ou plutôt tous les sens sont le toucher lui-même.

Deux, poëme de l’Imagination, chant [°, p. 4.

Audition. Le docteur Legouas, dans ses Nouveaux Principes de Chirurgie, explique ainsi le mécanisme de l’audition. « Les rayons sonores qui tombent sur l’auricule, dit-il, se rassemblent dans la conque , d’où ils passent dans le conduit auriculaire , qui leur conserve le degré d’intensité déjà acquis par leur réunion. Concentrés dans ce conduit, ils se propagent jusqu’à la membrane du tympan, dont ils déterminent l'ébranlement. Celle-ci se tend ou se relâche, suivant que le son est aigu ou grave. » D’après cela, on voit que les douceurs de la musique, qu'un air fredonné, rappellent des circonstances et des lieux qu'on a souvent à regretter, mais dont on aime à se retracer l’image. « Ce fut en charmant le sens de l’ouie de Saül, dit M. le docteur Fournier (1), que la harpe de David guérit le roi des Hébreux : les accords mélodieux semblaient dilater ses nerfs, et dissipaient l’affreuse mélancolie de son âme. » ne,

La voix émue d’une amante adorée, ses soupirs voluptueux, en caressant l’ouie et exaltant l'imagination, ne font-ils pas également une vive impression sur les organes génitaux.....?

(1) Article cas RARES du nouveau Dictionnaire des

Sciences médicales,

( 100 }) Ne devient-on pas heureux quelquefois par le souvenir ?

Dans le sens inverse, après de longs et pénibles ébats amoureux poussés à l'excès, n’éprouve-t-on point un tintement d'oreilles qui précède souvent l’évanouissement causé par défaillance ?

Olfaction. « L'air chargé de parties odorantes, dit le docteur Legouas, et attiré par l’inspiration, passe dans les fosses nasales , pour se précipiter dans les poumons. Dans ce trajet, la chaleur raréfie et sublime en quelque sorte les corpuscules odorans vers la voûte nasale, où les mucosités les enchaînent et les fixent sur Les extrémités nerveuses, épanouies dans la pituitaire. »

C’est sur la membrane pituitaire que s’exercent les fonctions de l’odorat. Chez les animaux, plus les cornets du nez sont grands et la membrane étendue, et plus leur odorat est parfait.

L'habitude de flairer des odeurs peut détruire la finesse du sens de l'odorat, eomme l’a dit Martial par ces mots : ÂVon bene olet qui semper olet.

On connaït l'influence des odeurs sur les systèmes nerveux, principalement chez les femmes. Chez d’autres , les parfums servent de puissans

aphrodisiaques : ceux-ci en sonténervés, ceux-là éprouvent jusqu'à des défaillances en respirant long-temps , ou en couchant dans une chambre où ont séjourné des fleurs. Avec combien de soins on doit éviter leur influence dans la chambre des accouchées! |

«© Cardan (1) (1 XII, de Subtilitate) croit qu'un odorat excellent est une marque d’esprit, parce que la qualité chaude et sèche du cerveau est propre à rendre l’odorat plus subtil, et que ces mêmes qualités rendent l'imagination plus vive et plus féconde. » Ce sentiment me paraît

faux, car nous voyons qu’il n’y à pas de peuple

qui ait si bon nez que les habitans de Nicagara, les Abaquis , les Iroquois, et l’on sait que ce ne sont pas les plus spirituels de ces contrées. Quoi qu'il en soit, Mamurra, selon Martial, ne consultait que son nez pour savoir si le cuivre qu'on lui présentait était de Corinthe ; des marchands indiens ne font que sentir une pièce de monnaie pour connaître son titre.

Marcomarci dit qu’un religieux de Prague , à qui l’on donnait une chose à sentir, distinguait au nez, avec autant de certitude que le meilleur chien, par quel sexe elle avait été manice.

(1) Encyclopediana.

Les guides que l’on prend sur la route de Smyrne, ou d'Alep à Babylone, annoncent avec certitude le chemin qui reste à faire pour arriver dans cette dernière ville, en flairant seulement le sable. Peut-être jugentls de cet éloignement par l’odeur de petites plantes où des racines mélées parmi ce sable. J'ai été témoin d’une particularité non moins remarquable, à l’époque de mon premier voyage aux États-Unis. Les marins habitués des côtes de la Nouvelle-Angleterre, en aspirant une nouvelle atmosphère qu'ils ne méconnaissaient jamais à ses émanations particulières , et en examinant la couleur de la mer où flottaient certains fucus propres à ces parages, nous avertirent avec la plus intime conviction que nous n'étions qu'à deux jours et demi de Charles-Town; ce qui s’est trouvé parfaitement conforme à leur présage.

« Les différentes espèces de serpens crotales, et notamment le Boiquira, dit Cabanis, répandent une odeur que les quadrupèdes et les oïseaux, dont ils font leur proie, saventreconnaître d’assez loin, et qui les frappe d’une profonde terreur. Îl en est de même de plusieurs espèces de Boa, particulièrement du Derin, ce monstrueux reptile, dont les replis étouffent les chèvres , les gazelles, les génisses, et jusqu'aux tau-

reaux les plus vigoureux; il en est de même, enfin , de presque toutes les races dévastatrices qui n’existent que par la guerre, le sang et la destruction. Ce sont les émanations propres à chacune d'elles qui, laissées sur leurs traces, ou même les devançant partout, deviennent souvent la sauve-garde de leurs tristes victimes en les écartant au loin, mais qui souvent aussi les livrent plus sûrement à leur rage, en les mettant hors d'état de fuir, en les glaçant de stupeur. »

Une odeur de musc insupportable m'avertissait, à Saint-Domingue, de la présence d'un crocodile souvent vautré dans le pré épais et marécageux du bord des rivières. Quel est le chasseur qui n’a pas remarqué que tous les lapins se terrent lorsqu'un renard est sous bois, ou que les bassets et autres chiens courans, à l’odeur du loup dont ils rencontrent les traces, chassent avec crainte, lorsque les effluences propres ‘à ces bêtes fauves avertissent les victimes dont elles se repaissent de la présence de leur ennemi...?

Le lion superbe, du fond de ses âpres déserts, évente une proie... : il s’avance en silence, et, rugissant bientôt d'une manière terrible, il glace d’effroi l'être animé qui va succomber à sa:

force... Il approche.....; mais son odorat l’a trompé..…...; il aperçoit un cadavre récemment abattu et à peine entamé : n'importe, il ne convient plus à sa valeur, il le flaire....…., recule, le retourne de sa patte acérée..…., s’en éloigne avec dédain , méprisant une victime qu’il n’a pas immolée.

« Les sueurs terreuses et cadavéreuses (1) qui nous infectent vers la fin, et quelquefois dès le commencement d’une fièvre maligne et pestileptielle, inspirent des craintes trop fondées au praticien, tandis qu'ailleurs il est rassuré par des sueurs critiques et abondantes qui surviennent à une maladie inflammatoire de la poitrine.

« Les matières du vomissement, dans les maladies tant aiguës que chroniques, présentent à l’odorat des signes qui peuvent nous servir.

« Dans les maladies qui intéressent la matrice, l’odeur de l'écoulement qui s’en échappe indique au médecin, bien mieux que toutes les autres circonstances, le diagnostic qu'il doit en porter. Les praticiens exercés distinguent trèsbien l’odeur qui émane des ulcères compliqués de gangrène; chaque odeur, particulière aux

(1) Kirwan, de l’Odoratet de l’ Influence des Odeurs

sar l'Economie animale. Dissert. inaug., p. 32.

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phthisiques, aux personnes attaquées de dyssenterie, de fièvre putride, maligne, et cette odeur de souris qui appartient aux fièvres d’hôpitaux et de prisons. Quel est le médecin expérimenté, continue M. Kirwan , qui, en entrant dans la chambre d’une accouchée , ne devine point, à l'odeur aigre qui le frappe, que son lait coule dans l'ordre naturel? Il peut même prédire que la fièvre laiteuse va prendre un caractère de malignité , si cette odeur change et devient fétide. »

On me pardonnera la digression suivante, qui n'est point étrangère au sujet que je traite : c’est un extrait de la Dissertation inaugurale (1) du docteur Kirwan, ayant pour titre : de l’Odorat et del Influencedes Odeurs sur l Économie animale.

« Les Arabes, du temps de Pline , brülaient le bois odorant d’un arbre de Germanie nommé Sérobus ; ils en parfumaient des salles entières, et se servaient du même parfum pour procurer du sommeil à leurs malades. Les Sabéens faisaient cuire leurs alimens avec du bois d’encens, d’autres avec du bois de myrrhe, en sorte que, comme l’observe le célèbre naturaliste, la fumée

(1) Kirwan, p. 32.

( 106 ) odorante qui se faisait sentir dans les villes et dans les villages de ces contrées, ne différait pas

de celle qui s'élève des autels. |

= « En général, les peuples de l’Arabie n’employaient, même pour les usages les plus communs, que le bois de senteur. Cet abus était tel, que, pour prévenir le dégoût et les effets funestes qui pouvaient en résulter, ils parfumaient souvent leurs maisons avec le styrax, qu'ils faisaient venir de Syrie. Ils neutralisaient ainsi ou affaiblissaient l’action de l'odeur qu’exhalaient les autres bois. On brülait aussi du styrax dans les forêts odoriférantes, pour en chasser les serpens qui y abondaient (1). À

« Il paraît que l'invention des parfums et des odeurs composées est due aux Perses, qui y cherchèrent un moyen de corriger leur mauvaise haleine , effet de leurs excès de table. Le goût des parfums passa chez les Grecs et s’y répandit avec une telle fureur, que le législateur de Lacédémone fut forcé d'en prohiber sévèrement l’usage et l'importation. Les Athéniens se parfumaient jusqu'aux plantes des pieds.

« Ce luxe, le plus superflu de tous, s’introduisit chez les Romains, on ne sait pas bien à

(1) Pline, Æüist. nat., Liv. XIE.

( 107 ) quelle époque ; cependant ce fut immédiatement aprés la défaite du roi Antiochus et la conquête de l’Âsie, que les censeurs P. Licinius, Crassus et L.-d. César, défendirent d'exposer en vente des parfums exotiques. On prétend que Marcus Othon enseigna l'usage des aromates à Néron, et qu'il gagna les bonnes grâces de cet empereur par sa prodigalité en ce genre. Ce prince , d'odieuse mémoire, en faisait charger les murs de ses étuves, et Caligula jusqu'aux baignoires même. Enfin, cet usage, que des esclaves même se permettaient, s'était glissé jusque dans les armées : les aigles romaines étaient parfumées aux jours de réjouissances.

» Pline rapporte encore qu'un certain Lucius Protius, proscrit sous le triumwvirat, fut découvert dans sa retraite près de Salerne , trahi par les odeurs qu'il portait.

« L'art de répandre des parfums sur sa personne et sur les meubles ne paraît pas avoir survécu à la grandeur de ces nations, et, si l’on en excepte quelques habitans de l’Inde et les Musulmans, les temps modernes nous offrent peu d'exemples de cette fureur.

“On à remarqué que les femmes habituellement musquées et parfumées éprouvaient à la

( 108 ) longue un relâchement etun affaiblissement notables dans les organes et les nerfs.

« La saison des fleurs, a dit Cabanis (1), est en même temps celle des plaisirs de l'amour. Les idées voluptueuses se lient à celle des'jardins et des ombrages odorans, et les poëtes attribuent avec raison aux parfums la propriété de porter dans l’âme une douce ivresse. Quel est l’homme, même le plus sage, à moins qu’il ne soit mal organisé, dont les émanations d'un bouquet fleuri n’émeuvent pas l'imagination, à qui elles ne rappellent quelques souvenirs. ?

« Malheur à celui, pense J.-J. Rousseau, qui ne s’est jamais senti vivement ému en respirant le parfum des fleurs sur le sein de sa maîtresse ! »

En appréciant le pourvoir de l’olfaction, on croira facilement que certains luxurieux ne peuvent entrer en jouissance , et s'acquitter convenablement du congrès, qu’en respirant les émanations de la bouche, des aisselles et autres parties du corps de la femme qu'ils caressent. C’est pourquoi, si ces émanations sont agréables, il en résulte un plaisir pur et sans trouble :

(1) Rapports du Physique et du Moralde l’homme,

vol ES ep.le2r.

mais On a beaucoup d'exemples qu’une femme adorée, en qui l’on a reconnu tous les charmes de l’amour et les grâces de la beauté, à frappé soudainement d’anaphrodisie l'amant qui lui reconnut une mauvaise odeur. |

Les femelles et les mâles des animaux, dit Virey, s’attirent et s’excitent mutuellement par des odeurs qu'ils exhalent au temps du rut, et que des glandes sécrétent : ces odeurs sont placées près des organes sexuels, comme on Île voit dans les castors , les rats musqués, les ci-

vettes, etc.

Gustation. Je crois inutile de rapporter la théorie de la gustation, ce sens n’ayant qu’un rap- port indirect avec les organes de la génération.

Fision. Cette sensation , qui, par l’intermède de la lumière , nous fait apprécier les formes extérieures des corps, exerce puissamment son empire danslalutteamoureuse : c’estau moyen d’elle que l'amant adore les charmes de sa maîtresse, que l'aspect d’une femme disgraciée de la nature frappe incontinent d’anaphrodisie l’athlète le mieux disposé à entrer en scène.

Van Helmont, à l’occasion du pouvoir des yeux, pouvoir qu'ils exercent quelquefois si énergiquement sur l'imagination, cite l’expérience répeé-

tée par l'abbé Rousseau sur le crapaud effrayé à la vue de l’homme, et qui périt si on le fixe pendant quelque temps , étant circonscrit dans un petit espace. On sait que lorsqu'un canard est en présence d’une couleuvre qui le magnétise, il pousse des cris affreux, et qu'il ne peut se défendre contre son vainqueur immobile, ni se dérober à la mort qui l'attend.

Si, d’après la Faculté de Médecine de Paris, le regard a éminemment la puissance de magnétiser quand on le jette sur un sujet dont on veut s'emparer, de là l'ivresse qu'éprouvait, à la vue d’une belle femme, M. R., dont je cite plus bas l’observation, ivresse toujours accompagnée d'émission de liqueur séminale.

J’ai connu un vieux libertin dont les organes sexuels, rebelles à l’usage des pastilles vénitiennes , et insensibles par conséquent à la vue des charmes du sexe féminin et au contact des appas les plus enchanteurs, devenaient aptes au congrès en voyant la même personne couper le cou à un poulet. L’effusion du sang de l'animal était immédiatement suivie de l'émission du sperme infécond de cet homme dépravé. Une autre fois , il faisait prendre à son mannequin des positions surnaturelles. « Que ces attitudes trompeuses , dit M. de L... (4. Z, p. 294), qui

(aa semblent offrir l’image de la volupté aux cœurs corrompus et flétris, restent dans les lieux où l'amour n’a jamais pénétré sans horreur! »

On sait que les excès avec les femmes et l’écoulement immodéré de la semence, ont souvent causé des éblouissemens et même la cécité.

Le toucher est comme la base de toutes sensations. La peau, qui en est l'organe, dit Valmont Bomare, est un tissu de fibres, de nerfs et de vaisseaux dont l’entrelacément en tous sens forme une étoffe à peu près de la nature de celle d’un chapeau. La surface de la peau est garnie de mamelons nerveux rangés sur la même ligne, et qui forment les sillons que l’on aperçoit à la surpeau.

J'ai connu, à Orléans, un joueur d'académie qu'on obligeait de se servir de gants : son tact était si fin, qu'il reconnaissait distinctement en filant une carte, ou son point numérique , ou bien si elle marquait une figure.

Le toucher et la vue ont entre eux les rapports les plus intimes , car on touche ce que l’on ne peut voir, et l’on examine des yeux ce que le toucher ne peut définir.

La puissance du tact est partout répandue ; L'ouie, et l’odorat, et le gout et la vue, Sont encor Le toucher , le plus noble des sens:

Présens, 1lles dirige, et les remplace absens. (Dezrze, poëme de l’Imagination,, chant [°".)

Le toucher supplée à la vue dans ces nuits délicieuses où l’amour seul est écouté, et où la pudeur la plus sévère permet tous les larcins qui éloignent l’anaphrodisie.

Voyez l’amour heureux par un double larcin !

La main invite l’œil, œil invite la main,

Et d’une bouche fraîche où le baiser repose,

Le parfum est plus doux sur des lèvres de rose. Ainsi tout se répond, et, doublant leurs plaisirs, Tous les sens l’un de l’autre éveillent les désirs.

Deurze , Ouvrage cité.

« Les organes des sens, dit M. le professeur Richerand (1), des nerfs considérés comme conducteurs du sentiment, la moelle de l’épine, et le cerveau, où ces conducteurs vont se rendre, composent cet appareil destiné à entretenir les rapports de l’homme, en l’avertissant de la présence des objets qui l’environnent et qu'il a intérêt de connaître. »

« On doit considérer comme cas rare , dit M. le docteur Fournier (2), la faculté dont on a vu jouir des hommes qui entraient en érection et la faisaient cesser à commandement ; d’autres

(1) Vosographie chirurgicale, t. IE, p. 1.

(2) Nouveau Dictionnaire des Sciences médicales,

art. CAS RARES.

WCRRS )

qui éprouvaient l’éjaculation spermatique sans plaisir, même dans le coït. »

Rapport des F'égumens avec les Organes de la génération.

« Ilexiste, dit M. Richerand , entre les tégumens et les organes de la génération, une corres pondance sympathique depuis long-temps utilisée par la débauche. On connaît l’art d'appeler le plaisir sur les traces de la douleur, de réveiller des sens engourdis, et de provoquer de nouvelles ; jouissances par la flagellation, l’urtication et autres moyens de cette espèce. Le Traité de Meïbomius renferme plus d’un fait curieux en ce genre. » (Æ% plus bas.)

« Dans toutes les affections cutanées , les organes de la génération se trouvent sympathiquementirrités , et les malades , toujours remarquables par leur salacité, sont quelquefois tourmentés d’un satyriasis symptomatique.

» Les conduits excrétoires pneumato-cutanés, c'est-à-dire les pores de la transpiration , sont . selon Lenvenhoeck, si multipliés et si petits, qu'il y en a cent vingt-cinq mille sur l'espace qu'occuperait un grain de sable. L'existence de J'insensible transpiration par les pores de la peau

Towe Î. 8

et par les poumons est done une de ces vérités qu’il n’est pas même permis de mettre en doute, puisque :

» 1° Si l’on respire contre un miroir, on ra- ?

massera des gouttes d’eau sur la glace;

» 2° Si l’on passe un doigt sur de l’étain, sur

des glaces, sur des pierreries, on y laissera une trace d'humidité 5

» 3° On voit en hiver les vapeurs qui sortent des poumons de la plupart des animaux se condenser au moment de l'expiration. »

Cette évaporation , qui n’est pas toujours la même, varie suivant les climats, les tempéramens et les affections de l’âme. La crainte et la tristesse, suspendantles mouvemens du cœur, diminuent la transpiration , comme la joie et l'exercice augmentent l’action de la circulation, et favorisent la transpiration. Dans le premier cas, on est plus particulièrement frappé d’anaphrodisie. |

Les systèmes veineux ont aussi leur connexion avec les organes de la génération par leur correspondance du cœur, source de la vie, avec le CETVEAU ; |

Les systèmes nerveux, naissant du cerveau, du cervelet, de la moelle spinale ou de grandes cavités, où se développent les ganglions , pro-

(Aus ) tégés, ainsi que les nerfs, par une enveloppe commune ou névrilême , et formant par leur entrelacement des plexus.

Les systèmes musculaires, dépendans de la volonté ou d’un mouvement organique.

Les systèmes muqueux, par prolongement de la peau dans l’intérieur du corps ; exemple :

1° La membrane gastro-pulmonaire, qui revêt la surface oculaire, les voies lacrymales, nasales, pulmonaires et digestives ;

2° Lamembrane génito-urinaire, qui parcourt les organes urinaires et génitaux.

5° Gette dernière, très-courte, pénètre dans les conduits excréteurs des mamelles.

Les systèmes glanduleux, pour les reins, les testicules etlesmamelles. Qui ne connaîtl’étroite connexion et la voluptueuse sympathie qui existent entre les mamelons et l'utérus ?

Le système dermoïde , composé,

1° Du chorion, tissu épais et poreux, où passent les vaisseaux , les nerfs et les poils ;

2° Du corps réticulaire, autre réseau vasculaire très-délicat , qui s'associe aux papilles nerveuses (1); Fe

(1) Legouas, ouvrage cité.

3% Du corps capillaire, ou glandes servant à l'organe du toucher.

Le système pileux. Les poils sont fournis par de petites bulbes logées dans le tissu cellulaire sous-cutané ; elles traversent le derme et l’épiderme, au moyen des ouvertures obliques qui y sont pratiquées.

On voit, d’après cet exposé, que tous ces organes décrits concourent d'une manière plus ou moins directe à la célébration des mystères de Vénus, et que leur altération peut en interrompre les effets et porter à l'anaphrodisie.

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