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souvent restaient sans réponse : de là humiliation, chagrins, et tous les ravages des passions débilitantes. Peu après, une hémorragie utérine se déclara, et confirma les symptômes de la maladie affreuse contre laquelle les efforts de la médecine sont vains : M®° M. D. fut attaquée d’un ulcère à la matrice. Les progrès destructeurs et rongeans de cette horrible affection furent en raison de sonimagination vivement alarmée sur l'avenir de son époux.
Me M, D. , tranquille sous la foudre qui allait la frapper, douée, d’ailleurs, depuis l’époque de ses souffrances inouies, d’une patience exemplaire, espérait encore revoir ses beaux jours, et se livrait déjà à ses exercices habituels. Elle aimait à peindre d'après nature les plantes dont je lui avais appris les noms, elle les répétait, ne les oubliait point, et se plaisait À me les rappeler dès qu’elle me revoyait.
Un matin que je lui en avais apporté trois, elle n'eut la force d’en dessiner que deux! Fatale époque! Depuis ce jour son pinceau n’a plus été exercé. Ses forces diminuant sensiblement, elle fut contrainte de garder sa chambre et bientôt son lit. Des souffrances, sous mille modifications, se succédèrent; elle eut une hémorra- gie affreuse accompagnée de vomissemens con-
(gv) tinuels pendant quinze Jours et autant. de nuits, vomissemens qu'aucuns anodins combinés ne purent calmer. Ces symptômes d’une mort prochaine furent suivis d’un agacement nerveux, de mouvemens convulsifs qui lui ôtèrent le repos et le sommeil jusqu’à sa mort, et qui résistèrent aux antispasmodiques opiacés les plus actifs. Bientôt un écoulement sanieux et fétide, des lambeaux de chair putréfiée, des convulsions réitérces, l'absence de la raison, la perte de la parole , un coma vigil, le hocquet, la face hippocratique , donnèrent le dernier signal, et nous avertirent que nous aurions bientôt à pleurer l'être bon, mais trop sensible, qu'un spasme universel enleva. L’infortunée rendit le dernier soupir en tournant encore vers nous des yeux noyés de larmes, dont nous interprétâmes le langage, car depuis six jours elle avait perdu la parole. M°* M, D. mourut dans cet état horrible , regrettée de tous ceux qui la connurent, et pleurée des malheureux, dont elle était la mère. Ses yeux, naguère si doux, étaient devenus hagards; sa bouche, si jolie, s'était contractée et avait perdu la fraîcheur de son coloris. Elle resta pendant quelques instans dans cet ctat affreux à considérer; mais bientôt la mort nous laissa apercevoir le calme qui acompagne
(92) une âme bienheureuse en pénétrant dans l'Elysée : ses traits se reformérent et ses grâces reparurent.
L'hypocondrie est pour les hommes ce que l'hystérie est pour les femmes , et l’une et l’autre maladies s'opposent au succès de la copulation ; l’une et l’autre sont produites par l'influence des passions pénibles. L’abdomen , en état d’asthénie , est le siége de leur invasion , et c’est de l'abdomen que le trouble se porte à la poitrine, puis au cerveau. Nous ne rappellerons point ici tous les signes pathognomoniques qui caractérisent cette affreuse maladie : nous nous contenterons d'exposer ceux qui ont du rapport avec l’anaphrodisie, comme capabies de la provoquer ou de la maintenir. Nous saurons alors qu’un amant timide auprès de sa maîtresse, qu’un homme de lettres trop studieux, qu’un rival attristé, envieux ou jaloux, soit par amour, soit par ambition ou par amour-propre, etc., offrent les symptômes suivans, qui manifestent la présence de l’hypocondrie ; savoir :
« Trouble des fonctions digestives (1) , perte d'appétit, malaise sans cause connue , hocquet, éructations , borborygmes ou flatuosités intesti-
x) Debreuze , ouvrage cité.
(08) nales, goûts bizarres, voracité , ou plus souvent anorexie; plénitude après le repas; contrictions spasmodiques vers les hypocondres , gravité douleureuse vers l'estomac, aigreurs, mucosités ; vomissemens de sérosités, de bile noire ou de mucosités très-acides ; pulsations irrégulières dans l’abdomen, coliques errantes, diarrhées ou constipations alternatives, débilité des extrémités abdominales, marche vacillante et peu assurée, chute sur les genoux ; anxiété précordiale, palpitations fréquentes à la moindre émotion, frissons , etc... »
On voit, d’après ce qui précède , que les passions pénibles et débilitantes sont les causes les plus directes de l’hypocondrie.
« C’est dans les plexus nerveux (1) qui concourent à la formation du système glandulaire, c’est de là que les ganglions de l’épigastre irradient vers tous les points de la circonférence un rhythme de vibralité, qui, plus ou moins partagé par tous les organes, suivant la nature des causes et l’idiosincrasie du sujet , a bientôt boulversé l’ordre et l’enchaînement de toutes les fonctions. »
L'abus des plaisirs de la table, l'excès de
(1) Debreuze, même ouvrage.
l'amour , lés travaux littéraires, les vives affections de l’âme , et en général « toutes les circonstances propres à concentrer vers le cerveau là somme d'activité nécessaire à l'entretien des fonctions organiques.»
«Toutefois, paruneréaction sympathique, l’on voit souvent la mélancolie suivre et compliquer l’hypocondrie, et l’on conçoit facilement ce phénomène, lorsqu'on connaît l'influence que les ganglions , les plexus abdominaux, et tout l'appareil digestif, exercent sur l'association des idées, la nature des sensations et les déterminations de la volonté. » À
Par suite de combinaisons des différens systèmes, « les vertiges, les extases, les visions fantastiques que produisent les narcotiques pris à trop haute dose, dit M. Pinel (1), ne prouventils pas que les désordres de l’entendement peuvent avoir un siége entièrement étranger au cerveau, et que ce dernier n’est alors affecté que comme centre d’une sorte de réaction sympa-
thique? »
(1) Nosographie philosophique, première édition , tome ÎT, page 4.
Rapport entre les Organes de la génération et
l' Appareil de la voix.
« Leseunuques (1) ontun extérieurefféminé:
ils n’ont point de barbe, et leur voix aiguë ne peut plus parvenir à filer des sons graves. Souvent aussi les maladies que la pudeur et la honte prennent tant de soin dé cacher se manifestent à la gorge. |
« Il y à dans les femmes, dit M. de Buffon, uné grande correspondance entre la matrice, les mamelles et la tête. Combien n’en trouverait-on pas d’autres, si de grands médecins tournaient leurs vues de ce côté-là? »
Cette analogie de la voix et de l'organe sexuel ne se remarque pas seulement chez les eunuques. L'homme, à l’âge de puberté, dans ce beau moment où la nature déploie ses moyens et agace les désirs, change de voix, ét les femmés qui, à cette époque critique, acquièrent une voix plus forte, sont jugées avec raison plus lascives que les autres.
Le chant, dit Valmont Bomare, paraît donc physiquement subordonné à la sympathie ou à
(1) Valmont Bomare, Dictionnaire d'Histoire naturelle, art. Hommes.
la correspondance qui existe, dans tous les animaux, entre les organes de la voix et ceux de la génération. Ces derniers, plus particulièrement dans les oiseaux, sont pleins de vigueur au printemps, et ceux de la voix s’en ressentent par sympathie; après la ponte, en automne , les organes de la génération sont dans un épuisement dont la réaction agit sur ceux de la voix : aussi les oiseaux, ceux même non accouplés , chantent-ils au printemps et en été, et la plupart se taisent en automne et au commencement de l'hiver.
Quel contraste de voix entre un coq et un chapon (1)!
Connexion de l A ppareil génital et des Organes de la respiration.
« Le diaphragme , dit Daubenton , qui sépare la cavité du thorax d’avec l’abdomen, est un des principaux organes de la respiration , puisqu’en
(x) Le bégaiement > #7xvopovei se dissipe lorsqu'il survient une varice à l’un ou à l’autre testicule : sans cela, la voix reste grêle et embarrassée. (Hippocrate, Traité
des Airs et des Eaux, trad. de Coray, no 33, 6 V.)
L’excès dans les plaisirs de l'amour cause aussi l'aphonie.
(97 ) s’abaissant il dilate, et qu’en relevant il rétrécit la cavité de la poitrine.
« Les mouvemens du diaphragme sont soumis à notre volonté dans les grandes inspirations; il n'en est pas de même du hocquet, qui est l’effet d’une convulsion du diaphragme.
« Le diaphragme reçoit deux nerfs provenans de la moelle de l’épine, et qui appartiennent par conséquent à ceux qu dépendent de notre volonté ; mais, comme il est nécessaire que la respiration continue pendant le sommeil, il se rend au diaphragme des nerfs qui naissent du nerf intercostal et viennent du cervelet, et qui en continuent le mouvement indépendamment de notre volonté : ce qui supposerait que la respiration est plutôt une action mécanique que volontaire. Cependant on a vu des criminels se donner la mort à l'approche de leur supplice, en retenant long-temps l’air dans leur poumon, et le privant de son oxigène. »
On voit par-là que la crainte, qui suspend la respiration, peut causer l’anaphrodisie par le spasme des capillaires, et en concentrant dans l'intérieur la circulation et la vie. Les palpitations qu'éprouve un amant passionné près de sa maîtresse proviennent d’une névrose de la circulation.