ORDRE IV
Anaphrodisie par exces ou défaut d'action.
SI
Le priarisMe, affection aiguë des tissus érectiles de la verge participitant singulièrement de l'état inflammatoire, peut conduire à l’anaphrodisie, en ce que cette érection violente et incommode du pénis ayant lieu sans volupté, à des suites funestes, et cause toujours l'impuissance par défaut d'émission séminale, qui est le plus souvent l'effet de la réaction de l’imagination. Ce priapisme est ordinairement un sYmptome d’un calcul dans la vessie, d’une maladie siphilitique, de l’usage interne des cantharides comme aphrodisiaques.
L'éréthisme trop violent et l’état de flaccidité des organes copulateurs nuisent à l'œuvre de la génération. « Cabanis (Rapports du physique et du moral de l'homme, t. Il, p. 563) cite un étudiant en médecine qui, dans un violent ac-
ès de jalousie, épouva pendant plusieurs heures le priapisme le plus invincible et le plus douloureux, accompagné tour à tour de l'émission de la semence et d’un sang presque pur (1).
L'anaphrodisie a lieu par le trouble de l’ordre dans les fonctions successives qui précèdent l'éjaculation : par exemple :
1° Dansle priapisme, l’action des parties accessoires a lieu sans celle des parties essentielles, où l’âme n’est pas disposée à concourir, et où les testicules ne sont pas destinés à agir ;
2° Dans l'écoulement séminal, en ce que les vaisseaux spermatiques versent la semence dans l’urètre trop tôt pour la verge, qui n’est pas entirée en érection. |
Le sATyRIASIS, névrose génitale avec excès d'acüon, (LXXIX , 5°. Pinel) «est un désir insatiable de jouir des plaisirs de l'amour. Symptômes : Rougeur de la face avec sueur, disposition à se tenir courbé, à se serrer le ventretristesse , abattement, quand le mal est extrême; propos obscènes, agitations, inquiétudes , soif ardente, écume à la bouche comme les cerfs qui sont en rut.
(1) Debreuze, ouvr. cité.
«2 Il y à aussi le satyriase, où tombent quelquefois les hommes usés et affaiblis.
« 3 Le satyriase par excès contraire. Exemple d’un cénobite d’un tempérament fougueux, cherchant à combattre ses passions par les macérations, le jeûne, la prière, avec écoulement de la liqueur spermatique. Reméède : guéri par un exercice soutenu du jardinage. »
Le satyriasis diffère seulement du priapisme par des désirs immodérés de la jouissance, qui provoquent l'éjaculation quelquefois avant l’introduction du pénis (1). De plus, souvent la verge est siirritée qu’elle se courbe et devient contraire à l’émission. Le priapisme diffère du satyriase, en ce que, dans le priapisme, il y a érection avec douleur, et que dans le satyriase l'érection est accompagnée de sensations voluptueuses.
: Cockburn (2) cite un jeune homme qui, éperdüment amoureux de sa femme, se tourmentait inutilement auprès d’elle sans pouvoir éjaculer; cependant il éprouvait des pollutions nocturnes, ce qui donna lieu au médecin de
(1) Aliquia, antequam ad opus perveniant, polluuntur. Lacchias, p. 135.
(2) Mestivier, hèses sur la stérilité.
penser que l'érection trop forte et la trop grande ardeur du jeune homme étaient la cause de sa stérilité. »
« Il vaut mieux, dit Montaigne, faillir indécemment à étrenner la couche nuptiale pleine d’agitation et de fièvre, en attendant une com modité moins alarmée (1). »