PROPOSITION VI
L’impuissance est relative lorsqu'elle dépend d’un. défaut de proportion dans les parties qui, dans le congrès , doivent concourir à l’acte générateur; tels sont : la grosseur excessive du pénis, l'étroitesse
relative du vagin, etc.
SI
Dans l’Homme.
1° Par grosseur démesurée du pénis.
Fabrice de Hilden parle d’un homme dont le pénis avait la grosseur d’un enfant.
Les verges trop longues et trop grosses paraissent également inhabiles à la génération , parce qu’elles pénètrent trop avant dans le vagin. J’ai vu et visité à Saint-Domingue un nègre, grand: de stature, nommé Pierre Hattier, de l’habitation Rossignol des dunes, où je résidais, conformé si monstrueusement, qu'il ne put jamais, malgré les ressources de l’art ou les ruses d’un
ardent désir , parvenir à une érection complète, Son pénis avait onze pouces et demi de longueur sur deux et demi de largeur , garni de testicules moyens. Il eût fallu pour mettre en mouvement un leviér si prodigieusement énorme, des muscles d’une ampleur telle, que la nature les lui avait refusés (1).
Les hommes de grande stature ne sont pas toujours les mieux favorisés à cet égard; on trouve quelquefois de petits individus envers qui la nature a été prodigue de ces dimensions. J'ai vu à Saint-Marc, ville de Saint-Domingue, un jeune blanc à cheveux d’un blond roux et de la taille de quatre pieds neuf pouces , avoir un pénis de treize pouces de longueur.
Claudius (Venette, p. 38) qui viola Pompéia, femme de César, dans le temple de la déesse Bona, avait un membre d’une taille démesurée et plus gros que deux ensemble
(1) Avec les proportions démesurées de son pénis, Pierre Hattier ne fut jamais favorisé de l'amour, pour l'avoir trop été de la nature. En vain il voulait réunir tous les efforts de sa vigueur pour frayer la route du plaisir, ses tentatives étaient vaines, et son pénis monstrueux incapable de se roidir. On en a vu de ce FU dans le cabinet de M. Bertrand Rival.
2 Par petitesse extréme du pérus.
Ce n’est pas un cas de stérilité ni d’anaphrodisie, si la femme est étroite ; car, dans le premier cas, la conception, selon Valentini, peut se faire, pourvu que la semence soit déposée dans le vagin. (Mahon, Méd. lég.)
Je citerai plus bas, à cet égard , une observation quin’est personnelle. —Venette (7'om. Z, p- 36) rapporte que Platerus a reconnu l'impuissance d’un homme qui, au lieu d’un membre viril complet, n'avait que le gland couvert de son prépuce. J’ai connu, en Espagne, un général français ainsi disgracié, et dans le cas d’agénésie et d’anaphrodisie, quoiqu'il fût trèsardent à poursuivre ses conquêtes en amour.
Sulpice a trouvé dans Saint-Martin un autre exemple d’impuissance par suite d’austérités et de chasteté, qui avait tellement diminué chez lui l'appareil génital, qu’à sa mort la verge était à peine apparente.
Les trop gros ou trop petits pénis ne sont pas les seuls défauts essentiels qui s'opposent au succès du coït et de la copulation ; ceux mal conformés, tels que par direction courbe, par étranglement , suite d’une gonorrhée virulente par ulcères ou porreaux de l’urêtre ; par un prépuce trop long; par un gland mal perforé, etc.,
(145 ) comme nous l'avons dit plus haut, mettent aux
embrassemens amoureux un obstacle insurmontable.
Dans la Femme.
\° La trop grande dimension du vagin.
On devine les inconvéniens de cette proportion contre nature, pour les hommes mal partagés..
Il est cependant de ces femmes qui conçoivent et accouchent sans s’en apercevoir.
2° La longueur excessive du clitoris, ou son ossification.
On a vu à Venise une fille publique dont le clitoris était osseux. Elle était répudiée par les hommes, à cause des douleurs qu’elle leur fais sait éprouver. (cas RARES du Nouv. Dict. des Sciences médicales.)
La longueur excessive du clitoris, soit par vice de conformation , comme les lacives négresses d’Arada, etc., soit par abus de la masturbation , proportions démesurées qui ont fait croire pendant un temps à l’existence. fréquente des hermaphrodites humains, rencontres bizarres qu'on ne doit cependant pas révoquer absolu-
(144) ment en doute. (/’oyez cas RARES du Nouv.
Dict. des Sciences médicales. )
Venette dit à tort (tom. II, p. 251) « qu'il est impossible qu’un homme puisse caresser sa femme, si son clitoris est trop long, et que cette maladie étant incurable, on doit croire qu'un juge est bien fondé, quand, sur le rapport de quelques personnes savantes dans ces sortes de matières, il ordonne la dissolution du mariage.»
Je ne suis pas de cet avis, et pour prouver que la grandeur du clitoris, s'il n’est pas calleux, ne s’oppose point à la génération, je citerai l’exemple des négresses d’Arada, qui toutes en sont pourvues de très-longs ; elles sont très-lascives , aiment passionnément les hommes, etelles engendrent avec fécondité. J'en ai visité une dont le clitoris avait six pouces et demi de longueur et était susceptible d’une érection masculine.
Sapho, Lesbienne, avait le clitoris si long, qu’elle passait pour tribade. Je concçois que le frottement, quelquefois trop rude , qu'y éprouvent les femmes de ce genre, occasionant de la douleur , leur ôte, pour quelques instans, le désir de continuer leurs ébats amoureux, et les livre , en ce cas, à l’anaphrodisie, qui n'est que passagère et cesse avec la souffrance qu'elles ont endurée. Le clitoris de dimension ordinaire est
(145 ) souvent à peine apparent après la mort, et se contracte, par le froid , d’une manière évidente. 5° La longueur excessive des nymphes.
Ce vice de conformation pouvant gêner l’acte vénérien , leur résection est indispensable pour rétablir la sensibilité exquise des parties amoureuses. À cet effet, on pratique la nymphotomie en Arabie, en Perse et en Afrique , où cette difformité est commune.
Par étroitesse du Pag'in.
Une femme trop étroite ou trop large peut difficilement concevoir avec un homme peu membru; car, outre que la conjonction est imparfaite, elle n'est pas agréable pour la femme, aiguillonnée et tourmentée par l’espoir vain d’un plaisir qu’elle ne peut faire goûter ni recevoir.
Jeanne d’Arc (Venette, t. II, p. 45), appelée la Pucelle d'Orléans, était du nombre de ces filles si étroites, que, d’après le rapport de Guillaume de Cauda et de Guillaume des Jardins, docteurs en médecine , Qui furent chargés de la visiter par ordre du cardinal d'Angleterre
et du comte de Warvick, elle fut trouvée si TouE [ 10
( 146) étroite, qu'elle n'aurait pu supporter les embrassemens d’un homme.
Il est de ces sujets chez lesquels on ne peut pas même introduire une plume.