‹ De l'impuissance et de la stérilité, ou recherches sur l'anaphrodisie distinguée de l'agénésie. Ouvrage destiné aux personnes mariées qui ne peuvent avoir d'enfansChapitre 60 sur 90 · PROPOSITION XXX · texte numérisé non relu

PROPOSITION XXX

L'impuissance peut étre aussi déterminée par l'action spéciale de certaines substances, telles que le nénuphar, les semences froides, le nitrate de potasse, le camphre, etc., sur la sensibilité propre des dut génitaux. (Noy. $ LXXI.)

Causes mixtes secondaires et indirectes.

1° Action assoupissante des narcotiques (1), et

(x) Saint Jérôme, dans une de ses épîtres, rapporte que les prêtres égyptiens se réduisaient à l’inpuissance, en buvant -tous les jours un peu de ciguë, ou une préparation dans laquelle l’action vénéneuse de cette plante était mitigée. Ces opinions dés anciens semblent

confirmées par l'emploi qu'on a fait depuis de la ciguë

(184) des gaz pernicieux, tels que l'azote carbonique , etc.

Fodéré cite l'exemple d’un homme qui, apres une attaque d’apoplexie causée par la vapeur du charbon, fut insensible pendant six mois aux caresses de sa femme qu'il adorait.

2 L'usage prolongé du nénuphar (1), du campbre , du nitrate de potasse.

dans les névroses avec excitation des organes de la génération, comme dans le priapisme, la nymphomanie. Cependant, Stœrch a observé qu’elle produisait quelquefois un effet contraire, lorsqu'elle était donnée à forte dose, et Bergrus parle d'une impuissance guérie par la ciguë. (Nouveau Diction. des Scienc. médic. , Ciguë.)

(x) Les applications indiscrètes de stupéfians , :tels que l’opium, les plantes solanées ou vireuses sur les organes sexuels, apportent bientôt une inertie presque complète, produisent l'éviration et une sorte d’eunuchisme. M. Larrey (M émoires de chirurgie et campagnes , Paris, 1812, in-80, 2° vol.) cite des soldats habitués à des boissons enivrantes, et à l’abus de ces stupéfians, chez lesquels les testicules se sont peu à peu oblitérés avec le cordon spermatique ; l'estomac s’affaiblit, ainsi que le corps , et la barbe tombe ; l’effémination devient bientôt universelle !... et les malheureux :

Penem adrigentem aliorum virorum exsugunt ità ut

( &685 }) 3° L'abus du vin et des liqueurs enivrantes.

( F’oy.chap: des Excès.)..

L'ivresse (dit Virey, mot fécondité du nouveau Diction. des Sciences médic.), qui détend l'appareil musculaire et engourdit lé système nerveux, rend quelquefois ainsi le coït impossible, ou du moins imparfait, et les buveurs d’eau sont, en général, plus vaillans en amour que les suppôts de Bacchus.

4 Une température extrêmement chaude.

(For. le chap. de l'Aygiène, Circumfusa.) |

Si la puberté est très-précoce aux royaumes de Decan, dans les états du Mogol, dans l’Indoustan , dit M. de L...., puisqu'on y marie les filles dés l’âge de huit ans, et les garçons à dix ans, et qu'il naît fréquemment des fruits de ces mariages dès la première année , ils sont bientôt aussi, pour la plupart, frappés de cette anaphrodisie produite par l’anticipation des plaisirs de l'amour à un âge trop précoce.

5° Le froid excessif. (F’oy. $ des Propost-

sitions.

in ejaculatione , semen avidè deglutiant. Putant enim, per hanc spermatis absorptionem, robur virile, vigorem quesexüs quo privati sunt, recipere. (Virey,

mot Fécondité du nouveau Diction. des S'cienc. méd.)

Le même phénomène a lieu dans un pays où l'influence glaciale du climat devrait produire des effets opposés. «Les Samoyèdes, continue M. de L...., occupent la partie septentrionale de l'empire russe; on imagine aisément quel doit être ce pays: partout ce n’est que marais glacés, déserts affreux, montagnes couvertes de neiges et de glaces; c'est de tous les pays habités de notre continent, celui qui est le plus froid et le plus horrible. La nature semble même n’y avoir qu'ébauché les êtres animés , puisque, d’après les relations des voyageurs, les Samoyedes, hommes et femmes, sont très-laids, et qu’on n’observe aucune différence de physionomie entre les sexes. Quoi qu'il en soit, la puberté est précoce parmi ces individus ; les filles y sont, pour la plupart, mères à onze ou douze ans; ou pour mieux dire, une fille cesse de l'être dès qu’elle commence à marcher (1). »

(x) Les végétaux ont aussi leur stérilité. «Les animaux et les plantes, qui suivent mieux les lois de la na-

ture que l'espèce humaine, dit Virey, sont aussi plus rarement stériles. Cependant le grand froid, l'absence de la lumière, l'étiolement, rendent les végétaux stériles.

« Dans les animaux, le froid violent, la grande humi-

dité, la faiblesse du corps, l'extrême jeunesse, la cadu-

( 287 ) 6° Une nourriture végétale.

Que de éénobites seraient frappés d’anaphrodisie, s'ils tentaient d'obtenir quelques faveurs d’une belle!

cité de l’âge, sont des causes de stérilité. Une femme trop grasse, une vache dans le même cas; des poules et autres animaux engraissés, sont stériles. Il semble que la graisse se forme aux dépens du sperme. Ainsi, les eunuques sont très gras, non-seulement dans l’espèce hu-

maine , mais parmi les bœufs, les chapons, qui prennent

facilement trop d'embonpoint.

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