CHAPITRE IL
De la Fécondation.
Pour que la fécondation ait lieu , il faut que le couple soit doué des formes voulues, n'offre pas des proportions insolites, ni d’autres aberrations des organes génitaux. Les animaux s’imprègnent par un seul acte.
« Quant à la disposition mentale , dit M. Murat (1), il faut que les deux individus , n'étant nullement influencés par aucune affection morale, soient entraînés l’un vers l’autre par l’attrait puissant du plaisir. On connaît tout l’empire qu’exerce l'imagination dans le coit. »
(x) Au mot Conception, du nouveau Diction. des
Sciences meédic.
On reconnait généralement, d’après le summum de la volupté qu’elles éprouvent après une certaine action, que les femmes, indépendamment de l'humeur glaireuse des prostates qui s'écoule au moindre contact, en fournissent une plus essentielle dans le coit. Je citerai entre autres l’aveu d’une jeune dame fort aimable, qui avait le plus grand désir de devenir mère, et reprochait devant moi à son mari de n'être point assez prompt à fournir sa libation. Lorsqu'elle sentait arriver de son côté le véritable moment de l’effusion, elle pressait, conjurait son époux de lui prouver tout son amour par un commun accord en pareil cas; alors tous deux perdaient connaissance, et elle concevait. Une preuve que la volupté naît de l’éjaculation, c'est que l’eunuque n’éprouve, par le frottement, que des plaisirs imparfaits et impuissans comme lui. D'après cet exposé, il est donc à croire , 1° que la liqueur que répandent les femmes dans Je coït au moment du plaisir est nécessaire à la formation de l'embryon; 2° que les femmes qui semblent n'éprouver aucune volupté pendant l’action sont généralement les plus susceptibles d'être fécondées; 3° que les femmes lascives ne conçoivent que lorsqu'elles ne sont pas trop agacées par le désir ; 4° qu’il est nécessaire, pour la
( 246 ) fécondation, que l’émission séminale se fasse de part et d'autre au même moment.
Pourtant il n’est pas démontré, pour tous les observateurs, que ce soit la rétention du sperme dans le vagin, après le coit, qui détermine la fécondation. Il y à encore beaucoup d’incrédules qui admettent l'aura seminalis, et qui ne croient À la fécondation que par son expansion, et ils sont assez heureux pour appuyer leur système de l'expérience journalière; car on voit souvent des femmes devenir grosses, bien que la liqueur prolifique se soit écoulée en grande partie immédiatement aprés le coit.
Je concois cependant que le concours de l'orgasme de tous les tissus érectiles des parties sexuelles de la femme influe avantageusement dans l’acte de la reproduction; mais ici il y à concours de sensibilité organique , et la femme qui est prolifiquement imbue s'en aperçoit au moment où la fécondation a lieu, par une espèce de frissonnement qui est tout particulier, et duquel elle ne peut se rendre compte. Il est vrai que cette impression ressentie suppose déjà une espèce d'expérience de la part de la femme, car il est indubitable qu’une jeune novice ne fera attention, dans cette circonstance , qu'à la jouissance qu'elle éprouve.
Une femme peut concevoir sans l'introduction du pénis , comme je l’ai observé à Saint-Domingue, à l'égard d’une jeune négresse qui avait conservé la membrane de l’hymen. Ilsuffitque la semence pénètre dans le vagin, et qu’elle y soit lancée par le pénis, ou absorbée avec avidité par Ja contraction de la matrice. On ne croit plus généralement à la conception par l'aura semtnalis, c'est-à-dire par l'influence de la vapeur la plus subtile de la semence. Des expériences fidèles ont démenti ces assertions ; et quoique Âverroës, Amatus Lusitanus et Delrio racontent qu'une jeune femme devint grosse pour s'être baignée dans de l’eau où des hommes, en se polluant , avaient répandu de la liqueur séminale, et que Spallanzani certifie avoir répété cette expérience sur des têtards qu’il dit avoir fécondé avec de l’eau spermatisée ; est-il raisonable d’ajouter foi à de semblables expériences? Cependant on sait aujourd’hui. reconnaître les fécondations artificielles (1).
(1) On a remarqué qu'un bilieux uni à une femme sanguine peuvent avoir une nombreuse postérité. Si les époux sont tous les deux bilieux, ils n’auront pas beau-
coup d’enfans, parce que tous les deux sont trop ardens
« En général, dit Venette, les années ne font pas les âges, c’est la force et le tempérament qui les distinguent. Il y a des hommes qui ont été pères à dix ans, et des femmes à huit, mais ces phénomènes n'arrivent qu'au détriment du tempérament de l'individu , la conformation de la mère n'étant point assez développée. »
C’est à tort que certains auteurs prétendent que la femme est plus amoureuse que l’homme, parce qu'elle est moins sensible au froid, car rien de plus frileux qu’un nègre, puisqu'aux colonies, où la chaleur est constante , on les voit toujours accroupis sur les tisons, et cependant
en amour. Deux époux de tempérament sanguin seront féconds, tandis que deux époux phlegmatiques seront stériles; mais un sanguin fécondera une phlegmatique. Les bilieux et les sanguins éviteront le travail d’imagination et les alimens échauffans qui deviennent utiles, au contraire, aux tempéramens phlegmatiques.
Il y a des superfétations : on a vu une jeune femme mettre au monde un enfant blanc et un nègre. L'épouse du fameux nègre Toussaint Louverture accoucha Île même jour , à son désespoir, d'un nègre ct d'un mulâtre. Parmi les animaux, les chiens offrent tous les jours ces
exemples.
( 249 ) quel animal est plus lascif que le négre (1)? Venette (page 122, t. 1) approuve cette hypothèse, et la désapprouve dans la page suivante. En fixant (page 127) l’âge propre au mariage
(1) Les anatomistes démontrent que par la structure des parties nécessaires pour la génération, les hommes sont favorisés dans l'acte dont elle est le résultat. En effet, ces longs vaisseaux, repliés tant de fois sur euxmêmes, et que la liqueur séminale est obligée de parcourir pour chercher à s'échapper, présentent des avantages qui ne se trouvent pas dans les femmes. La qualité de cette humeur séminale, beaucoup plus spiritueuse, doit affecter plus voluptueusement ces mêmes vaisseaux qu'elle est obligée de suivre ; la structure délicate de l'organe nécessaire à la transmission de cette liqueur doit encore augmenter la sensibilité dans ces momens d'ivresse ; voilà nos avantages. Les femmes, comme on le voit, en ont moins que nous; mais la délicatesse de leur constitution, leur faiblesse même, leur en procurent quelques-uns dont les hommes sont privés. Les parties qui concourent à émouvoir la volupté sont plus nombreuses que chez les hommes, et l'agitation de celles-ci suffit pour exciter les autres. Une partie surtout d’une sensibilité exquise est le siége du plaisir dans les femmes, parce que leur genre nerveux est d’une susceptibilité
extrême. » (M. de L....., t. IL, p. 140.)
à vingt-cinq ans, Venette dit: «Enfin, cet homme doit plutôt se marier, qu'il est d'un tempérament chaud et humide, d'un sang houillant, bilieux et mélancolique , qu'il à la taille médiocre , la tête grosse, les yeux étincelans, le nez gros, la bouche bien fendue , les joues teintes de sang , ei le menton arrondi. »
Le même docteur se contredit encore en prétendant (vol. II, p. 216) que les femmes qui recoivent rarement, et tous les mois seulement après leurs règles leur mari, mettent au monde des enfans infiniment plus sains et plus spirituels que ceux habitués à un commerce plus journalier, et moins souvent interrompu.
Les paysans fournissent l'exemple du contraire dans l’un et l’autre cas, puisqu'en général leur génie n’annonce pas de développement surnaturel, et qu’ils sont infectés de maladies chroniques, d’affections cutanées et de la lymphe, infiniment plus communes dans les campagnes que dans les villes, par le genre de leur vie et de leurs travaux, le peu de soins qu'ils prennent d'eux, et la mauvaise qualité de leurs alimens.
« L'incompétence de l’âge, dit Devaux (1):
(1) Ouvrage cité, p- 459:
n'est jamais une juste cause de la dissolution du mariage; car, si le sujet est trop jeune , la femme peut aitendre qu'il ait acquis l’âge convenable ; et, s'il est trop vieux, il lui a été libre de ne pas l'épouser; ce qui fait voir le ridicule des sentences de différens juges officieux, par lesquelles ils ont soumis au congrès des hommes septuagénaires.
Les anciens, dit Virey (MM. Millot et Morel de Rubempré à leur exemple), croyaient à l’art de procréer les sexes à volonté, et prétendaient qu'en liant le testicule gauche d’un belier, il ne produisait plus que des mâles. Mais depuis, Ambroise Paré, et beaucoup d’autres médecins célébres, ont prouvé, par expérience, que des hommes auxquels un testicule avait été emporté procréaient des enfans des deux sexes. Ils ont aussi trouvé des fœtus mâles dans le côté gauche de la matrice, et des femelles à droite ; enfin, que la trompe de fallope ayant été détruite, une femme engendra un garçon et une fille.
(352: ) RAA SALSA AAA LUS VUS RAA URSS AAL AURA VSA LR LES /LS/L/R//RRE