OBS
a éteint le désir. Les facultés du corps, agissant alors uniquement, l’âme y est rarement pour quelque chose; le tempérament seul préside, évoque tranquillement et sans une effervescence nuisible, les puissances qui doivent satisfaire ses besoins, en tempérant leur irritabilité. Aussi, trop souvent l'époux, après la jouissance des sens, privé de cette illusion qui enivre l'amant, est-il confus, et sort-il comme d’un rêve qui se renouvelle trop fréquemment pour produire en lui une vive sensation, tandis que l’amant aime encore après le baiser; il rêve au bonheur trop court qu'il vient de goûter, se le retrace dans de nouvelles caresses, qui bientôt rapellent toute son énergie.
Les femmes elles-mêmes, par suite de l’imagination, éprouvent les effets de l'impuissance, et coopèrent froidement à la palestre conjugale, quand elles n'aiment pas l’homme qui les caresse, de même qu’elles l’abreuvent de volupté lorsqu'elles sont passionnées, ou qu’elles sont guidées par la salacité.
Les femmes sont aussi sous l'influence de la névrose de l'impuissance au moment d’un réveil qui les contrarie, ou par le MU Le qu'inspire une jalousie raisonnée.
L’impuissance a donc lieu dans l’un et l’autre
( 316 ) sexe; mais le défaut d'énergie nerveuse n'est pas apparent chez la femme, tandis qu'on le reconnaît chez l’homme quand le pénis ne peut entrer en érection.
Souvent après les délicieux préludes de l’amour, lorsque les désirs sont impérieusement excités, que l'imagination ardente ne peint que bonheur, que volupté, alors que l'écoulement des prostates a donné le premier signal du plaisir, par les avant-goûts de la jouissance et de. l'ivresse de l’âme , le charme tout à coup cesse, si ce prestige enchanteur est surpris par la froide défiance en ses forces, et l’incertitude d'un: triomphe complet. Tout a disparu en perdant confiance en ses facultés ; l’âme est troublée en ce moment ménagé par l’amour, et l'appareil génital, ne pouvant plus supporter cette impression désagréable, cette commotion désorganisatrice , il est momentanément paralysé.
Une autrefois, c’est le regret de tromper un ami (1), d'abuser d’une vierge innocente que l’on va déshonoïer. Toutes ces possibilités ont leur application.
Souvent c’est une femme en qui l'on recon-
(1) Un homme sentimental m'a avoué n'avoir jamais
pu consommer l'acte avec l'épouse de son ami.
(2827 ) nait soudainement un défaut physique, tel qu’une mauvaise haleine, de la malpropreté, de l'indifférence (1),*ou des passions insatiables ; les soupçons acquis de preuves quelquefois équivoques, ou la crainte d’un danger imprévu.
La jalousie vient aussi troubler les momens d'un bonheur prochain. On touchait au plaisir, qu'un soupir, mal interprété, un souvenir, un motéquivoque, suffisent pour détruire l'illusion, et changer en froideur la passion violente qui nous consumait.
On à vu un nouveau marié frappé d’anaphrodisie pour avoir rencontré, dans l'épouse qu'il croyait vierge, la rupture de la membrane de l'hymen. D’autres devenir impuissans par, un effet contraire, en doutant de leur valeur et de leur disposition pour entrer dans la lice amoureuse qui allait s'ouvrir pour eux.
M. R....., capitaine de vaisseau, . intrépide devant l'ennemi qu’il avait à combattre, tremblait aux pieds de sa maîtresse adorée ! Il ne
(1) On sait que, par suite de l'imagination , les femmes éprouvent les elfets de l’anaphrodisie quand elles n'aiment pas l’homme qui les caresse, de même qu'elles l’inondent de volupté quand elles sont passion-
nées, et que Île coït est guidé par la salacité.
( 518 | pouvait se rendre compte de cette timidité contrariante et inexcusable, de cet anéantissement importun qui le mettaient hors d'état de s’élancer victorieusement dans l'arène de Vénus, encore moins de pénétrer dans son temple; tant ilest vrai que, lorsque les nerfs sont irrités et frappés d’une contraction spasmodique , l'imagination est exaltée , la raison veut en vain COMmander à l’aberration du système sensitif. « Les commotions rapides renversent, brisent anéantissent les mouvemens ordonnés, les accélérations graduées; les changemens aménés par de longues séries de variations insensibles, sont les seuls qui produisent , développent, perfectionnent et fécondent (1). »
À mon retour de Saint-Domingue, où jai été témoin forcé des massacres auxquels jai
Cr
échappé, j'éprouvais un évanouissement à la vué d’une saignée, par le souvenir des flots de sang que jai vu répandre , et dont les brigands eurent plusieurs fois a barbarie de m’inonder. La vue de celiquide en repos ne Me faisait aucun mal; son jet seul tné troublait, et provoquait
aussitôt une sueur abondante, un tintement
(1) Lacépède, Hist. nat. des Poissons , Discours
préliminaire ;
(319 ) d'oreilles, et enfin une syncope. Certes, en ces momens pénibles on est frappé d’anaphrodisie!
Qui ne connaît l'influence de l'imagination dans les maladies? On sait apprécier les suites funestes d'une imagination frappée de la crainte de la mort dans les maladies aiguës, et on a vu presque toujours les sinistres présages se réaliser.….
Je citerai pour premier exemple celui d’une jeune demoiselle, Annette Pommier, de Puiseaux en Gâtinais, âgée de douze ans, qui, peu de jours avant sa mort inattendue, s’écriait souvent au milieu de son sommieil : « Adieu, maman ; Je vais bientôt te quitter. » Il mourut en effet, cet ange de douceur, doué de toutes les grâces naturelles, emportant le regret de tous ceux qui, .la connaissant, s’y étaient inté-
ressés. à Il y à peu de mois aussi qu’une jeune femme de la campagne, à passions exaltées, à vapeurs hystériques, extrêmement irrascible, et d’un intérêt sordide, éprouva en veillant, suivant l’usage du pays, dans un local éloigné de chez elle, une transpiration interceptée, suivie d’une toux violente. Bientôt la douleur pungitive du côté caractérisa une péripneumonie, pour laquelle -elle ne me fit appeler qu’à la dernière extrémité,
lorsqu’enfin elle fut accablée par une métastase qui avait déclaré une fièvre ataxo-adynamique avec phlogose de matrice. On vint me réveiller au milicu de la nuit, parce que la malade, atteinte de strangulation etde spasme , ne pouvait plus respirer qu'avec de pénibles’ efforts. Elle était enceinte de six mois, ettous les symptômes qui se manifestèrent me firent reconnaître une fausse-couche prochaine qui eut lieu le lendemain.
L'enfant, mort au bout d’une heure, a mère trois jours après, paraissant avoir échappé au danger inséparable d’une pareille complication, était sans fièvre, le pouls bien développé; Ja langue et les lèvres, naguère fuligineuses, ayant repris leur couleur et leur humidité; le cours des lochies subsistant, tout rassurait sur l'état présent. La malade avait passé la meilleure des nuits dans un sommeil réparateur, et le lendemain elle demandait un peu de nourriture, lorsqu'elle vit entrer une matrone du pays qui à coutume d’y ensevélir les morts!-À cette vue, la malade , frappée de terreur, jette un cri, se trouble, ses yeux deviennent hagards, et elle lui reproche sa visite prématurée. En vain on veut lui persuader que cette visite n’est point intéressée ; le curé du lieu entre sur ces entre-
(iSsn )
faites, nouveau combat, nouvelle révolution.
La femme s'écrie : « Ah! je suis perdue... il faut donc mourir... et quitter mes pauvres enfans :.... » Les parens, au lieu de la consoler, la firent sur-le-champ administrer. Les lochies bientôt se supprimerent ; j'employai vainement tous les secours de l’art pour les rétablir. À deux heures de l’après-midi, on vint m’annoncer des envies de vomir qui présageaient une phlogose de matrice dont l’infortunée mourut au milieu de convulsions et de grincemens de dents.
Autre eflet du pouvoir de l'imagination. On voit, danse Journalde Paris du mercredi 4 mars 1812, l’article suivant : « Madame Garnier-Deschènes est morte il y à quatre jours, à Paris. M. Nardot, père de madame Deschènes, et beau père de S. E. le ministre secrétaire d'état, est mort quelques heures après, du chagrin d’avoir perdu sa fille.»
« Dans l'antiquité (1), toutes les maladies étaient attribuées aux génies ou esprits. Pythagore, qui croyait que l’air était rempli d’esprits, disait, suivant Diogène Laërce, que c’étaient eux qui envoyaient les maladies aux hommes. Homère, dans l'Odyssée, attribue à un génie l'état
(1) Encyclopédiana.
Tous L 2]
(Ga)
d’un homme qui est accablé d’une grande maladie. Celse observe qu’on attribuait les maladies à la colère des dieux immortels, et qu'on avait coutume d'’implorer leur assistance pour en obtenir la guérison: L'opinion d’attribuer la maladie aux mauvais génies s’est répandue partout depuis ; encore aujourd’hui, presque tous les peuples de l'Amérique croient qu'il n'y à que Dieu ou le diable qui les rendent malades, et qui puissent les guérir. »
J'ai parlé de ces préjugés dans le troisième volume de mes J’oyages, comme ayant été témoin de la superstition des nègres relativement à la prédestination. Ils affrontaient avec le plus grand calme , et le sang-froid le plus étonnant, la fureur des crocodiles qu'ils allaient harponner ou enmuseler, selon le besoin que j'en avais pour” mes dissections, croyant fermement qu'ils ne. courraient aucun risque si leur heure n'était pas venue. On a vu des nègres, pendant la guerre du Cap. endoctrinés par leurs makendals (1), se croire invulnérables en portant une queue de vache à la main , et aller au-devant des bouches
(x) Espèces de magiciens auxquels les nègres, trèssuperstitieux, ont la faiblesse d'ajouter la plus grande
foi.
à feu en manœuvrement ; d’autres contracter, sans inquiétude, des maladies contagieuses en bravant leur pestilence ; et cependant, dans tous ces cas divers, ils étaient témoins de fréquens accidens, que leurs makendals attribuaient à leur défaut de foi, et parce qu'ils n'étaient pas en état de grâce.
Les nègres ne sont pas les seuls partisans de ces erreurs grossières ; il est des esprits faibles, parmi les peuples civilisés, qui ont attribué de grandes vertus aux amulettes. « Serenus Sammomicus (1), dit M. Chaumeton, prétendit que le mot Abracadabra , écrit d’une certaine manière, et pendu au cou avec un fil de lin, possédait la vertu de dissiper la fièvre hémitritée. Boyle à cru que la poudre de crâne humain, appliquée sur la peau jusqu’à ce qu'elle fût échauffée, l'avait guéri d’un saignement de nez auquel il était fort sujet, et qui avait résisté à beaucoup d’autres remèdes. Van - Helmont, homme supérieur aux lumières de son siècle en quelques points, dit Fourcroy, faisait appliquer sur la peau des trochisques de crapaud, et Zwelfer a soutenu que ces trochisques avaient préservé de la peste, lui, ses amis et ses domes-
(1) Nouveau Dictionnaire des Sciences médicales.
tiques, et qu'ils avaient soulagé et même guéri des pestiférés. Tel affirme qu ‘un sachet de ciré à cacheter préserve de la dyssenterie ; tel autre prétend qu'une tranche de racine d’angélique ou de colchique, mise sur la poitrine, garantit contre les maladies contagieuses (1). J'ai vu des médecins, je me trompe, des docteurs, conseil- “ler de porter des marrons dans la poche, pour éviter les hémorroïdes ; faire attacher aü cou des morceaux de liége ou de persil, pour chasser le jait; suspendre à l’épigastre des racines de verveine , pour guérir des scrofules ; partager, en un mot, la profonde ignorance et laveugle supérstition du vulgaire. »
« Si les amulettes, continue M. Chaumeton, sont profitables aux charlatans qui les débitent, elles sont absolument inutiles aux personnes crédules qui les emploient. Encore si ces sortes de talismans n'étaient que superflus, on se bornerait à vouer au mépris ceux qui les ordonnent et ceux qui les portent ; mais leur usage inconsidéré peut avoir des suites funestes : le malade, pénétré d’une confiance stupide pour son amu-
(1) On peut, pour de plus amples détails, consulter l'intéressant ouvrage de M. Salgues sur les Erreurs
el les Préjugés répandus dans la société.
( 525 } lette, néglige un traitement méthodique, etreste dans une sécurité trompeuse ; les symptômes s'aggravent, et l’infortuné reconnaît son erreur lorsque les vrais secours de l’art sont devenus impuissans. Quelquefois mêmeilexpire sans que l'illusion soit détruite. Sous ce rapport, les amulettes rentrent dans le domaine de la police médicale, et les magistrats qui réunissent le savoir à la philantropie, doivent sévérement les interdire. » |
Ïl serait à souhaiter, pour l'humanité, que la police médicale fût mieux observée. Il est de l'honneur du corps de la médecine de punir ces abus. Tous les jours, nous recevons de crédules habitans de la campagne, venant réclamer des secours tardifs. pour des maladies que ces sortes de charlatans n’ont pu guérir de parole ! Les uns, par cette coupable négligence, ont. empiré leur situation ; et j'en connais qui, d’une ophtalmie que les moyens les plus simples eussent pu résoudre, ont eu des taies à la cornée.
Un autre individu, en se confiant à un charron qui, par le simulacre d’un coup de hache, aprés avoir fait étendre mystérieusement par terre le patient, doit lui faire disparaître l’abcès axillaire appelé vulgairement , dans le Gâtinais, l’en-
(20206 ) charpe, à trouvé la mort dans une métastase occasionée par la frayeur.
Celui-ci a péri, victime de l'ignorance , au milieu d’une hémorragie de la crurale, ouverte d’un coup de rasoir par un rusire de mes voisins, qui ne croyait avoir qu’un abcès à percer.
Plus loin, ce sont des femmes qui déshonorent l'art de guérir en croyant avoir hérité du talent de leurs maris, et qui ont l’impudence de porter une main téméraire sur des fractures dont elles aggravent les accidens.
Dans un autre pays, c’est un empyrique non moins barbaresque qui, étant consulté sur le nom d’une parotide , ose gravement annoncer aux consultans ébahis, que la maladie dont il est question est une esbinancie, cousine germaine de l'estropilésie!!!
Au milieu de chirurgiens reçus et expérimentés, un charlatan plus audacieux, et très-consulté, sabotier il y a six ans, ayant trouvé un vieux bouquin , consulte les urines, et y découvre, à la première inspection, la quantité d’échelons d’où un homme est tombé!!
«Le célèbre Tissot déclare nettement que quiconque prescrit un médicament sur la seule inspection des urines, est un fripon ; et que qui-
Gr)
conque en fait usage est un sot. Zimmermann dit qu’un médecin sage et éclairé doit négliger létude des urines, quand il peut faire usage des autres signes. Boerhave prétend qu'il faut être dans le délire, pour juger d’une maladie sur les urines ; et Frédéric Hoffmann regarde l’usage de consulter les urines comme un préjugé fortifié par l'habitude et la routine, mais indigne de tout homme judicieux. ».
« Il y à quelques années qu’un prophête en urines avait acquis une grande vogue à Paris ; un malin lui présenta deux fioles sur lesquelles il le pria de vouloir bien lui donner son avis: l’une contenait l’urine d’un ânon, l’autre celle d’un homme fort, robuste et bien portant. Le docteur jugea que la première était celle d’une femme grosse, l’autre celle d’une pulmonique. J'ai moi-même été témoin d’une expérience semblable. On vantait beaucoup, dans ua château, le savoir et la perspicacité d’un médecin des urines. On proposa de mettre sa science à l'épreuve. On renferma, dans la même fiole, de l'urine d’une brebis, d’un cheval et d’une génisse ; on soumit le tout à l'examen du docteur, qui déclara que la jeune dame dont on lui présentait l’urine avait des affections nerveuses, des maux de tête, et des dispositions prochaines à
(328. ) la fièvre. On a répété mille fois ces épreuves, et mille fois on s’est convaincu que tous les savans en urines n'étaient que des charlatans qui vivaient de l'ignorance et des bontés du public. » ( Salgues, des Erreurs et des Préjugés répandus dans la société , tome IT, pag. 343 et suiv.)
Enfin. un dernier, puisse-t-il l'être! qui donne ses consultations paraboliques le verre à la main, et qui, possédant un de ces onguens de famille trop vantés pour le bonheur de l'humanité, croit voir partout des pustules malignes, ou charbons, qu'il caractérise effrontément de charbon, charboniaux, charbon jaune, selon le degré d’ébriété où il se trouve, et l’état du prisme oculaire qui lui cause sûrement des aberrations de lumière. Nous voyons tous ces abus, et nous ne pouvons les réprimer!! Pauvre humanité?!
Ïl est des cas, cependant, où ces sortes de talismans peuvent être employés, quoique d'une vertu imaginaire , lorsqu'il y va de la vie du ma- Jade qui a en eux la confiance la plus absolue (1).
(1) «Un comte de très-bon lieu, dit M. Nacquart, n'était pas en état de jouir, le premier jour de son mariage , de la plénitude de ses droits : il l'avait craint, et s’en était ouvert à Montaigne. Celui-ci lui remet, avec
mystère, une simple médaille d'argent sur laquelle 1!
Amuleta contra pestem præstantissima esse remedia non novum , sed invulgus notum est.
Non vero alio modo operantur quam quod magné, fiduciä prædit non timeant pestem , unde ub 1ps& immunes degunt. (Hoffmann, de Origine et naturd pestis.)
Tant il est vrai que la crainte absorbe les miasmes de la peste. Aussi est-il prudent de tranquilliser les malades, pour s'opposer à la propagation des maladies pestilentielles. M. Le baron Desgenettes, dans l’histoire médicale qu'il donne de l’armée de l'Orient, a judicieusement senti cette importante nécessité. « Sachant, dit ee médecin, combien le prestige des dénomipations influe vicieusement sur les têtes humaines, je me refusai à jamais prononcer le mot peste. Je crus devoir, dans cette circonstance, traiter l’armée entière comme un malade, qu'il est presque toujours inutile, et souvent dangereux, d'éclairer sur sa maladie, quand elle est CRU ENT: POST NES PEN. car Ole Dis Ce fut pour rassurer l’imagination et le courage ébranlé de l’armée, qu’au milieu de l'hôpital je
bâtit une histoire, et l'ami du philosophe est relevé de son enchantement. » ( Mot Charme du Dictionnaire des
Sciences médicales.)
trempai une lancette dans le pus d’un bubon appartenant à un convalescent , et que je me fis une légère piqûre dans l’aine, et au voisinage de l’aisselle, sans prendre d’autre précaution que celle de me laver avec de l'eau et du savon qui me furent offerts. J’eus, pendant plus de trois semaines, deux petits points d’inflammation correspondant aux deux piqûres, et ils étaient encore très-sensibles, lorsqu'au retour d’Acre, je me baignai, en présence d’une partie de l’armée, dans la baie de Césarée. »
Un magistrat éclairé de la ville de Puiseaux, en Gâtinais , me cita dernièrement l’exemple de deux de ses vignerons guéris d’'épilepsie pour avoir porté en amulette sur la région gastrique une noisette trouée contenant du mercure, et renfermée dans du drap rouge. Certes, l'espoir seul de la guérison par cette application sympathique a pu opérer’ cette merveille, en détruisant les spasmes convulsifs du cerveau, et en rétablissant le jeu de ses fonctions interrompues. |
On ne croit plus qu’un serpent, mis sous le seuil d’une porte, puisse rendre stérile une femme qui y passe : que la rue et le millepertuis, cueillis la nuit en disant quelques paroles, cousus ensuite dans du linge avec une aiguille qui à
( 354 }) servi à ensevelir les morts, et puis pendus au cou d’une fille avec une aiguillette de nerf de loup , l’'empêchent d'être déflorée ;
Que les caractères éphésiens, tracés avec du sang de chauve-souris (1), la peau de chat, de chien enragé, les rubans noués de différentes manières, en crachant trois fois sur la poussière “pendant le Ego vos conjungo; que de graisser la porte de la chambre de la mariée avec de l'axonge de loup; que d’attacher à son lit des testicules de coq, que de jeter dans la chambre des fèves coupées par moitié, et autres symagrées absurdes, aient le pouvoir de nouer l’aisuillette.