‹ De l'incarnation de JésusChrist, écrit d'après une élucidation divine, en 1620Chapitre 2 sur 54 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Comment le Verbe éleroel est deveno homme, et de la Vierge Marie; qui elle était de oaissanee, et quelle mère elle devint par la eeaceiition de son fils Jéstts-Glirat.

CHAPim I.

Que la personne de Christ, ainsi que son incarnation, ne peuvent pas être reconnues par la sagacité naturelle ou par la lettre de TEcriture-Sainte, sans iUnminatioii divine. Item, de Torigine de l'étemel Etre divin.

i . €hrist ayant diemandé à ses disciples : Que disent les gens que le fils de llmmflie est? Ils loi répondirent :

les uns disent que tu es Elie, les autres que lu es Jeaa^Baptiste ou Tun des. prophètes. Il leur demanda : et vùoSy, qui dites- vous que je suis? Pierre lui répon» dit : ttt es Christ, le fils du Dieu vivant £t*U lui répondit : Eir vérité, la chair et le sang ne t'ont point tnanifesié cela, mais bien mon Père qui est au ciel ;

et il leur annonça» là-dessus, ses souffrances^ sa mort ét 8sr résurrection (Hatih. XVI : Si), pour leur faire voir que la raison propre, dans la sagacité et sagesse mondaines, ne pouvait ni reconnaître ni comprendre la personne qui était Dieu et homme; mais que le plus souvent, il ne serait bien connu que de ceux-l& seulement qui s'abandontieraient entièrement à Lui, et qui, pour Tamour de Lui, endureraient la croix, raÛlicUon et la pQrsécuti(»i, et s'atti^heraient à Lui avec ardeur. Ce qui aussi est arrivé ; car lorsqu'il était encore -yisible parmi nous, dans le monde, il ft^ ra-p rement reconnu de la' sagace raison, et quoiqu'il fît des miracles, la raison extérieure fut tellement aveugle et inintelligente, que de si grandes merveilles furent attribuées par les plus sages de la subtile niiaoB au démon. Et comme au temps de son séjour en ce monde, il demeura incmma de la raison et de Tintelligence prupi es, de même est-il demeuré inconnu et méconnu de la raison extérieure.

2. De là sont nés tant de disputes et de combats au sujet de sa personne, que la raison extérieure a toujours cru pouvoir sonder ce que sont bleu et Thomme, comment Dieu et Thomme peuvent être une seule personne? lequel combat a rempli le monde, vu que toute raiflon propre a constamment cru avoir saisi la peiie sans réfléchir que le royaume de Dieu n'est pas de ce monde, et que la ebair et le> sang lie peuvent ni le reconnaître ni le comprendre, beaucoup moins encore le sonder.

3. n convient donc que tout homme qui veut parler dès mystères divins ou les easeigner, ail aussi Terril

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de Dieu, qu'il reconnaisse dans la lumière divine la chose qu'il veut annoncer comme une vérité, et ne reniante point de sa propre raiso^i qui, sans coniiAis* sauce divine, appuie son. opinion «ur la lettre morte, et tire TEcritore par les cheveux, comme la raison a coutume de le faire ; d'où sont nées quantité d'erreurs, parce qu'on a cherché la connaissance divine dans l'intelligence et la perspicacité propres, ce^qui a conduit de la vérité divine dans la raison propre ; on a tenu rtncamatîon de Christ pour une chose étrangère et éloignée, tandis que, cependant, nous devons tous naître de nouveau de Dieu, dans cette même incarnation, si nous voulons échapper à la foreur de la nature étemelle.

4. Puis donc que c'est poui*- les enfants de Dieu une œuvre irUime, inhérente, donc ils doivent s'occuper journellement, à toute heure, et entrer toujours dans rincamation de Christ, sortir de la raison terrestre, et ainsi naître, dans la naissance et Tincamation de Christ, pendant cette vie de misères, s'ils veulent être enfaals de Dieu en Glu ist, je me suis proposé d'écrire pour un mémorial, ce haut mystère, d'après ma connaiss^noe et mes dons, afin que j'aie ainsi un sujet de me r^ouir et de mé restaurer cordialement avec mon Immanuel, parce que je suis aussi avec d'autres enfants de Chiisl, dans cette naissance, et pour posséder un souvenir et un préservatif, dans le cas où la chair et le sang ténébreux et teiTCstres voudraient m'introduire le poison du diable et m'obscuroir mon image : je me le suis proposé pour un exercice de foi, afin que mon âme puisse ainsi, comme un rameau

fin iésus^ChrisI; son arbre, se restaurer de sa séve et de sa force; et cela, non avec de hauts et apprêtés discours Âe Fart ou de la raison de ce itionde, mais

d'après la connaissance que j'ai de GhrisL mon arbre, afin que mon rameau verdisse et croisse aussi, à côté d'autres, dans l'arlure et la vie de Dieu. Ët bien que je fonde hautement et profondément, et que cela soit exposé très clairement ci-après, que le lecteur sache néanmoins que sans l'esprit de Dieu, cela lui demeurera un mystère insaisissable. C'est pourquoi, que chacun prenne garde au jugement qu'il portera, de peur qu'il ne tombe dans le jugement de Dieu et ne soit saisi par sa propre turba, et que sa propre raison ne le précipite ; je dis cela à bonne intention et donne au lecteur à y réfléchir.

ô. Si nous voulons écrire de l'incarnation et de. la naissance de Jésus^Chfist le fils de Dieu, et en parier sciemment, nous devons réfléchir aux causée qui' ont déteraimé Dieu à devenir homme, attendu que cela n'était pas nécessaire à son être, et que rien ne nous dit que son être propre ait subi un changement dans rincamation, car Dieu est invariable, et cependant, il est devenu ce qu'il n'était pas ; mais sa propriété est néanmoins demeurée invariable. Ce fut uniquement pour le salut de l'homme déchu, que par ce moyen il introduisit de nouveau dans le paradis, et ici il noue &utconsidérer le premier homme, ce qull était avant sa chute, fait pour lequel la divinité s'est mue, «hoses hautement à méditer pour nous autres hommes.

6. Nous savons ce que dit Moïse, que Dieu a créé rhomme à son image, en une ressemblance sehm Loi

(Gen. I : %7). GompreDds donc que Diea, qui est esprit, s'est considéré dans une ressemblance, comme

dans une image : De même a-t-il aussi créé ce monde, pour manifester ainsi en substance de même qu'en créatures et figures vivantes la nature éternelle, afin qne le tout fût une image et une génération de la nature étemeDe du premier principe, laquelle image a existé dans la sagesse divine, avant les temps du monde, comme une luagie cachée, et a été vue par Fesprit de Dieu dans la sagesse ; lequel esprit a mu, an commencement de ce monde, la nature étemelle, mis en évidence et manifesté Timage du monde divin caché. Car le monde de feu était comme englouti et caché dans la lumière divine, attendu que la lumière de la msgesté avait seule le régime en elle-même, et nous ne devons pas penser néanmoins que le monde de feu n'eiistât pas, il existait ; mais 11 se séparait dans son propre principe et n'était pas manifeste dans la lumière de la majesté divine, comme nous pouvons le voir au feu et à la lumière, que le feu est bien une cause de la lumière, maïs que néanmoins la lumière demeure dans le feu sans être saisie par celui-ei, car elle a une autre source que le feu : le feu est fureur et dévorant; la lumière, douceur et de sa force s'engendre la subslanlialité, comme l'eau ou^le soufre d'une chose (sulphur), ce que le feu attire à lui poor sa force et sa vie, et c'est ainsi une union étemelle.

7. Ce feu et cette lumière divins sont à la vérité demeurés dès l'éternité en repos en eux-mêmes, chacun d'eux est demeuré dans sa sphère, dans son principe et n'a ni fond ni commencement; car le feu a

m soi sa propre forme pour source , savoir le désir^ duquel et dans lequel toutes les formes de la nature s'engendrent, chacune étant la cause de l'autre, comme

cela est amplement exposé dans les autres écrits. Et nous trouvons dans la luinière de la nature que le feu dans sa propre essence , comme un tommeni (source) d'âpre désir ^n soi-même, était un ténèbre; qu'il était comme englouti dans la douceur de Dieu^ non inqualifiant, mais essentiel en soi-même, non inflammable; el quoiqu'il brùlàt, cela n'était sensible, ça tani que principe propre, qu'en soi-méo^ : Car il n'y a eu dés Tétemité que deux principés ; savoir : l'un renfermé en lui-même, le monde' de feu; el l'autre, aussi renfermé en lui-même, le monde de lumière flaiiibuyarite; toutefois, non séparés l'un de l'autie; de même que le feu et la lumière ne sont . pas séparés, la lumière demeurant dans le feu, sans êti*e saisie par lui.

8. Il nous feut ainsi comprendre deux sortes d'esprits l'un dans l'autre, savoir un esprit de feu, confoniiô à l'essence de Tâpre et sévère nature, sortant du feu essentiel, ai'dent et aussi froid, en outre sévère, qui est reconnu pour l'esprit de colère et de tounnent de Dieu, et appartient à la qualité du père, d'après laquelle il se noinnie un Dieu colérique et jaloux et un feu dévovmii ce qu'on entend par le premier principe. Puis \tn esprit doux de lumière flamboyante, qui dés l'é* terâilé est transformé dans le centre de la lumière; car. dans- le premier principe, dans la qualité du père, c'est un esprit de feu, et dans l'autre principe, dans la lumière, un esprit doux de lumière flamboyante.

qui dès Télernité s'ociginise ainsi, et il est un, non deux; mm il est compris en deux aources, savoir en feu et lumière selon la qualité de chaque source, comme nous pouvons suffisamn^snt considérer dans

tout feu extérieur, que la source du feu produit un esprit de fureur dévorant, et la source de la lumière un doux et aimable esprit d'air, bien quCi dans l'ori^ gine, il n'y ait pourtant qu'un esprit

9. Ainsi il nous faut comprendre de la même msh nière l'Etre de l'éternité, ou la Ste-Trinité, que dans la lumière et la majesté nous recouaaissons pour la divinité, et dans le feu pour la nature éternelle, ce qui a été amplement exposé dans les autres écrits; car le puissant esprit de Dieu, en deux principes, a dès l'éternilé tout renfermé; il n'y a rien avant lui, il est lui-même le fond et le sans-fond, et cependant, le saint Etre divin est principalement reconnu comme un être unique en soi-même, et demeure hors de la nature de feu et de sa propriété, dans la propriété clc la lumière, et est appelé Dieu; non pas de la propriété du leu, mais de celle de la lumière, bien que les deux propriétés ne soient point séparées, comme nous voyons dans ce monde qu'un feu caché dans la profondeur de la nature, gît caohé en toutes choses., ' sans quoi il ne se produirait aucun feu extéiieur ; et nous voyons comment la douceur de l'eau retient en elle captif ce feu caché, de façon qu'il ne puisse pas se manifester; car il est comme englouti dans Tean^ et il existe pourtant, non substantiellement^ mais essentielleinont, il se manifeste quand on l'excite et devient inquaiiûant, et tout serait comme un néant et un abîme sans le feu.

40. Ainsi, nous (X)mprenons de même que le troisième principe, comme la source et Tesprit de ce moade^ est dès rétemitè demeuré caché dans la nature étemelle de la qualité du Père, ét a été va dans la teinture divine par l'esprit de la lumière flamboyante dans la sainte magie, comme dans la sagesse divine, à quelle fin la divinité s'est mue selon la nature de Tengendreuse et a produit le grand mystère qui alors a renfermé tout ce que peut la nature étemelle; et j ce ne fut qu'un mystère, sans ressemblance avec aucune créature, comme un chaus l'un dans l'autre, attendu que la natme furieuse a engendré un chaos • ténébreux et la nature de lumière flamboyante, dans sa qualité, les flammes dans la majesté et la douceur, ce qui, dès l'éternité, a été la source de l'eau et la cause de la sainte essentialité divine ; ce n'était que puissance et esprit hors de comparaison, et il n'y avait non plus là rien de sensible que l'esprit de Dieu en deux sources et formes ; savoir en chaude et froide, une sévère source de feu et une douce source d'amour, selon le mode du feu et de la lumière.

il. Gela est allé (entré) comme un mystère l'un dans l'autre, et pourtant, l'un n'a pas saisi l'autre; mais cela est également demeuré en deux principes, et alors l'àpreté, comme le p^e de la nature a tovgours saisi l'essence dans le mystère, où cela s'est formé comme en une image; et néanmoins ce n'était point une image, mais comme l'ombre d'une image. Tout cela dans le mystère, a bien ainsi à la vérité toujours eu un comm^cement éteraél, attendu qu'on ne peut pas dire qu'il y ait eu quelque chose qui n'ait pas

ea sa figure, eomme une ombre, dans la grande»

éternelle magie ; mais ce n*étail pas un être, seulement un jeu spirituel l'an dans l'autre, et c'est la magie des grandes mei-veiUes divines, qui a toiyours créé où il n'y avait rien qa^un abUne seulement; ce rien est devenu quelque chose dans la nature du feu et de la lumière, et n'est pourtant rien non plus qu'une émanation de l'esprit de la source, qui n'est pas un être non plus, mais une source qui s'engendre en elle-même en deux ivropriélés et se sépare aussi elle* même en deux principes. JSXÏe ii*a point de séparateur ni d'auteur, ni aucune cause de son propre -faire; mais elle est elle-même la cause, comme cela a été amplement exposé dans d'autres écrits, savoir comment l'abime se pose et s'engendre lui-même un fond, i2« Ainsi, nous pouvons maintenant reconnaître la création de ce monde ; tant la création des anges que celle de l'homme et de toutes les créatures : tout a été créé du grand mystère, car le troisième principe était devant Dieu comme une magie et n'était pas complètement manifesté ; ainsi Dieu n'avait non plus aucune image dans laquelle il pût contempler son propre être, que la sagesse seulement qui constituait son désir, lequel était mami'este dans sa volonté avec son esprit, comme une grande merveille, dans la magie divine de la lumière flamboyante de l'esprit de Dieu; car c'était la demeure de l'Esprit de Dieu, et elle n'était point une en^erulreuse, mais la manifestation de Dieu, une vierge et une cause de i'essen-» tialité divine, car en eOe résidait la teinture divine de lumière flandboyante pour le cotnr de Dieu, comme

pour la parole de vie de la divinité» elle était la manifestation de la Ste-Trinité; non qu'elle manifestât

Dieu de son pouvoir el engendieinnnl , mais le centre divin, comme le cœur ou l'être de Dieu, se manileste en eUe : elle est comme un miroir de la divinité ; oar tout miroir demeure cot et ne produit auoiiiie imagé; mais il reçoit Fimage. Ainsi cette vierge de la sagesse est un miroir de la divinité, dans lequel l'esprit de Dieu se voit lui-même, ainsi que toutes les merveilles de U ; m^igie qui ont pris naissance avec la création du troisième principe ; tout a été créé du grand mys* tère» et cette vierge de la sagesse divine était dans le mystère, et en elle Tesppit de Dieu a vu la formation des créatures; car elle est le prononcé, ce que Dieu le père prononce par son saint esprit de son centre de la propriété divine de lumière flamboyante, du centre de son cœur^ du verbe divin. Elle demeure devant la divinité comme une splendeur ou miroir de la divinité, dans laquelle la divinité se contemple, et en elle réside le divin royaume de joie de la volonté divine, les grandes merveilles de rétemité qui n'ont ni commencement ni fin ni nombre; mais le tout est un commencement étemel et une fin éternelle : et le tout ressemble à un œil qui voit là où pourtant il n'y a rien à voir, et cependant le voir nait de Tessence du feu et de la lumière. *

18. Ainsi, entendez par l'essence du feu la propriété du Père et le premier principe, et dans la source et propriété de la lumière la nature du Fils, comme Tautre principe : et par Tesprit émanant des deux pro^iétéSy entendez l'esprit de Dieu qm dans le pre-

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mier principe est fureur, sévérité, âpreté, amertume, froid et igné, et est l'esprit excitant dans la colère ; c'est pourquoi il ne deo^eore poîni; dmis b colère el la fureur, mais il en. sort et souiBe le £eu essentiel, . en s'unissant de nouveau à l'essence du feu ; car les essences furieuses l'attirent de nouveau à elles, attendu qu'il est leur source et leur vie, et sort du Père et du Fils dans le iéu allumé dayns la, lumière, puis ouvre les essences de feu éans la' source de la lumière, et alors les essences de feu brûlent dans un grand désir d'amour : la sévère et rigoureuse source • n'est plus reconnue dans la soui^ce de la lumière; mais la sévérité du feu est ainsi seulement une eause de la msqeeté en lumière flamboyante ét de Tamour désirant.

d4. C'est ainsi que nous devons entendre l'être de la divinité et celui de l'éternelle nature, et nous re^ présenter toujours l'être de la divinité dans la lumière de la majesté : car la douce lumière rend la sévère nature du Père douce, aimable et miséricordieuse, et il est nommé Père des miséricordes selon son cœur ou son 1 ils ; car la qualité du Père demeure dans le feu et daiu» la lumière, et il est lui-même l'être de tous les êtres : il est Fablme' et la base et se divise dans l'engendrement en trois propriétés ou en trois personnes et aussi en trois principes, bien que dans l'éternité il n'y en ait que deu^L en être, et le troisième comme un miroir des deuk^ premiers, duquel ce monde est créé comme un être saisissable en com* mencement et fin.

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