‹ De l'incarnation de JésusChrist, écrit d'après une élucidation divine, en 1620Chapitre 32 sur 54 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

l'âme doit passer de la raison de ce monde dans la vie de Christ, dans sa cliair et son sang, alors elle reçoit la matière pour son enOammement. 11 faut du sérieux, car l'histoire n'atteint pas la chair et le sang de Christ; la mort doit être brisée, quoique Christ Fait brisée. Le sérieux désir doit être là de le faire de 11 on ^10, de pousser toujours en avant, comme un pèlerin ou un messager qui , ayant un périlleux et long voys^e à faire, marche toujours au but avec persévérance : bien qu'il lui arrive du mal, encore espére-t-il atteindre ce but et il en approche toujours plus; alors li a l'espoir d'une récompense et de se recréer, et il se réjouit de ce que son pénible voyage tire à sa fm.

2. C'est ainsi que doit se mettre en route l'homme qui veut aUer à Dieu ; il doit de phis en plus se dégager de la raison terrestre, de la volonté de la chair, du diable et du monde : il souffre souvent de devoir abandonner ce qui est à sa portée et au moyen de quoi il pourrait trôner dans les honneurs terrestres. Mais s'il veut vraiment suivre la voie étroite, il ne doit endosser que le vêtement du juste et se dépouiller de l'avarice et de la vanité de la vie; il doit partager son pain avec le nécessiteux et le couvrir de son habit, ne point opprimer le malheureux ni ne penser qu'à remplir son cofire, ne point exprimer la sueur du misérable et de l'homme simple , ni leur imposer des lois pour satisfaire son orgueil et sa volupté. Celui qui agit de la sorte n'est pas un chrétien, mais il chemine dans la voie de ce monde, sous l'influence des astres et des éléments, sous l'impulsion

de Satui, et quoiqu'il ait la foi historique en la miséricorde divine, en la satisfaction de Christ, cela ne

lui servira de rien ; car non pas tous ceux qui disent : Seigneur, Seigneur, j) entreront dans le royaume des cieux , mais ceux-là seulement qui font la volonté de mon Père qui est au ciel ; et cette volonté est : aime ton prochain comme toi-môme; ce que tu veux qu'on le fasse, fais-le aussi toi-même.

3. Ne dis pas en ton cœur: je suis établi dans cette charge et souveraineté par droit, je l'ai achetée et héritée» ce que mes si]yete me font, ils me le doivent. Vois et recherche d'où provient ce droit, s'il est d'ordre divin ou bien issu de fraude, d'orgueil personnel ou d'avarice? Trouves-tu qu'il est d'ordonnance divine, alor& considère la chose et comporte-toi dans ta charge selon les prescriptions de l'amour et de la justice ; pense que tu y es un serviteur et non un dominateur des enfants de Clhrist, et que ta n'es pas assis là uniquement pour exprimer leur sueur, mais que tu es leiu* juge et leur pasieur, que tu rendras compte de ta gestion. 11 t'est remis cinq talens dont tu es comptable avec usure envers ton midtre. Tu dois conduire tes inférieurs dans le bon chemin , leur donner de bons exemples, les enseigner et punir le méchant; car tu seras recherché si tu ne punis pas T homme pervers et si tu ne protèges pas l'opprimé. Tu n'es pas régent uniquement pour les dominer ; non toi, mais IHeu est leur souverain; tu dois être leur juge et acconiinoder leurs différends ; lu n'es pas leur juge pour cqnlenler ton avarice, mais pour donner satisfaction à leur conscience. Tu es en fonctions non pour

preséurer seulement Thomme simple, mais pour Tii»-

truire, le diriger et le conduire avec douceur ; ta charge est imporUiiite, c'est poiirqn ii fn en rendras un compte sévère. Les gémissements du malheureux, opprimé par toi» faccuseni devaai son maiUre et le tien ; tu seras tradoit en jugement avec lui , car la sentence est prononcée contre les âmes et nulle hypocrisie ne t'y soustraira.

4. Tout ce qui est semé avec larmes, très sérieusement» devient substance et appartient au uibunal de Die%. à moins que Thomme ne se convertisse et ne se concilie par des bienfaits Fopprimé : celui-ei le bénissant alors, la substance se brise. Grande est dès lors voti'e responsabilité, o supérieurs; réfléchissez bien à l'origine de votre qualité^ la source en sera recherchée de prés et chacun rendra compte, dans sa condition. Prenez garde à ce qu'elle ne vous conduise au feu infernal, comme il arrive au démon furieux lui-iiiéme, et que vous ne soyez trouvés ses serviteurs; car Tesprii des merveilles nous montre que vous êtes devenus raccomplissement de l'étemelle colère et de la fiireur. Ne dis pas en ton ccBur : telle a été aussi la conduite de mes parents et de mes ancêtres, je l'ai héritée d'eux; car lu ignores dans quelle demeure ils sont entrés. Si tu veux devenir un chrétien et un enfiint de Dieu» tu ne dois pas regarder à la voie des ancêtres, comme ils ont crécu dans la volupté ; mais t'en tenir à la parole de Dieu qui doit être la lumière de tes sentiers. Car beaucoup qui se sont Iburvoyés, sont allés, dans l'ahime et tu les y suivras, si t» mardies sor. leurs tr^s. Ne te laisse pas attirer -

dans la trompeuse voie où Satan te convie ; ses dehors sont brillants, mais son essence est poison.

5. Ah qu'elle est pourtant dangereuse la voie que nous avons à parcourir au travers de ce monde et combien il serait à désirer qu'il n'y eût rien d'éternel chez le pervers! 11 n'aurait pas alors à souffrir un tourment sans lin, à être un objet de dnisÎDn éternelle. De même que dans cette vie il est ennemi des enfants de Dieu» ainsi demeure-t-il : c'est un étemel ennemi de Dieu et Âe ses enfents. C'est pourquoi les enfants de Dieu doivent charger la croix sur eux , se laisser déchirer par les chardons et les épines, renaître dans l'angoisse et marcher dans la voie étroite, où la raison leur dit sans cesse : tu es un fou , ta pourrais vivre * dans la joie et être tout de même sauvé. 0 comme la raison externe frappe souveht ia noble imap:e qui croît dans les épines et la tribulation ! Combien de branches sont arrachées de Tarbre de perles par le doute et l'incrédulité q^i entraînent l'homme dans la fausse voiel Le malheureux soupire après la nourriture temporelle , maudit son oppresseur et pense qu'il agit bien en cela, tandis qu'il ne fait par là que se perdre lui-même et agit aussi méchamment que celui qui Fopprime. S'il prenait patience, réfléchissant qu'il est en pélérinage, mettant son espérance dans son hnt et pensant qu'au milieu de celte croix, de celle misère, de cette affliction, il travaille dans la vigne de Chi'ist, ô que bienheureuse serait sa voie, car il serait ainsi porté à rechercher ulie autre et meilleure vie, puisqu'ici-has il doit flotter dans l'angoisse et la misère ! S'il comprenait seu-

lement bien les intentions paternelles de Dieu envers lui, alors qu'il l'attire et le cherche de celle façon» pour qu'il ne s'attache pas à la vie terrestre! Voyant qu'elle o'esl qu'une Tallée de misères, de tourments ; qu'ici ses jours se passent dans la dure contrainte, le malheur, de pures misères, il doit pourtant bien penser que Dieu ne laisse pas en vain les choses se passer ainsi, mais dans le but de le porter à la recher* che du vrai repos qui ne se trouTe pas dans ce monde. En outre , il doit attendre la mort à toute heure et laisser son œuvre à d'autres. Pourquoi donc l'homme met-il son espoir dans ce monde^ où il n'est cependant qu'un hôte et un pèlerin dont la route est tracée par sa constellation? Béni serait son travail à l'œuvre de Dieu s'il admettait la constellation interne et laissait la vie extérieure aller comme elle pourrait.

6. Dans ce monde, un homme qui tend à posséder le royaume de Dieu ne peut suivre de meilleure voie, et nul ne peut lui conseiller mieux, que de se souvenir constamment qu'il est dans la vigne du Seigneur, que toutes ses actions et son existence doivent tendre à le servir. Son ame doit se porter à Dieu, dans une continuelle espérance de recevoir de lui le salaire de son travail et qu'il opère dans ses merveilles. En conséquence, il doit être laborieux dans son travail, et bien que, souvent, il doive servir son oppresseur péniblement et sans rélrihution, il n'a qu'à penser qu'il ne travaille que pour le Seigneur, à patienter dans l'espérance que Dieu lui donnera bien son salaire, en son temps. Car le propriétaire de la vigne ne paie pas ses ouvriers pendant la journée, mais le soir,

quand le travail est achevé. Quand nous délogerons de nos huttes temporelles pour aller chez nous, &

notre Père , alors chacun recevi a son salaire ; celui qui aura beaucoup el longlemps travaillé pourra s'attendre à un fort salaire » mais celui qui n'aura été qu'un dormeur» un murmurateur, un paresseux et un mauvais ouvrier, impatient, aura peu gagné et pourra même s'attendre à une punition de son maître, car il n'aura fait que débaucher d'autres ouvriers et il aura été un ouvrier inutile, ne laisant que de mauvais ouvrage, pour Truster son mattre : celui-là recevra équitablement punition en lieu de salaire.

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