‹ De l'incarnation de JésusChrist, écrit d'après une élucidation divine, en 1620Chapitre 36 sur 54 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Be l*iiiiag6 é» Bien âana ThoBime, on ât U riMem-

blance entre Dieu et l'homme.

1 . Nous ne pouvons voir notre substantialité ou nouveau corps en ce monde, parce que nous sommes dans la vie terrestre ; Thomme extérieur ne' eonnait pôiat ce nouveau corps, mais bien Tesprit qui s'engendra et sort du nouvel homme, celui-là connaît son corps.

2. Mais comme nous en avons néaamuins connaissance et que nous voulons savoir si nous sommes dans b nouvelle naissittce» il n'en existe f9B d6 ffleitte^re

is

épreuvo que par la ressemblance divine, qui consiste dans le désir, les sens et la base alïective : ces trois choses renferment le centre de Tesprit, d'où s'engen* dre la forte volonté , dans laquelle gît la vraie, parfaite ressemblance et l'image de Dieu en chair et sang que l'homme extérieur ne connaît pas; car cette image n'est pas dans ce monde, elle a un autre principe y savoir le monde angélique ; pendant cette vie elle réside dans le mystère, elle demeure cachée comme Tor dans la pierre ; For ayant une autre teinture, une autre essence, un autre éclat et brillant, la grossièreté de la pierre ne peut le saisir; de même, l'or n'attouche pas non plus la grossièreté, et cependanty celle-ci, comme centre d'angoisse, engendre For, car elle est mère et le soleil père. Ainsi s'engendre de notre vieil Adam et vieui corps le nouveau corps, car le vieux est la mère : de l'ancienne substance naît le nouveau corps, et l'esprit de Dieu en Christ est le père : comme le soleil est père de l'or, ainsi le cœur de Dieu est-il père du nouvel homme. . 8. Or, nous ne pouvons mieux coanaiti^ le nouvel homme que par le centre, c'est-à-dire par le désir, les sens et la base affective. Trouvons-nous que notre désir tende foncièrement à Dieu , que nos sens se portent constamment dans la volonté de Dieu, que la base affective soit entièrement disposée à obéir à cette même volonté et que Tlmagination saisisse la vertu divine, alors soyons certains que le noble rameau de Ivs est né, que l'image de Dieu se forme et que Dieu est devenu homme dans la ressemblance. Ici, il est de toute importance de préserver la noble

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imapfe, de ne pas donner carrière aux passions du vieil Adam, mais de le luer sans cesse, afin que le nouvel homme croisse, grandisse et soil orné des mei^ veilles de la sagesse.

4. Mais, demande maintenant la raison, en qaoi consiste donc la ressemblance divine? — Vois : Dieu est esprit , et la hase afîeclive , avec les sens el les désirs, aussi : la base affective est la roue de la nature, le désir est le centre, en tant que cause première de la nature, et les sens sont les essences, car les sens procèdent des essences , ils proviennent de l'aiguillon du désir ardi ni nu do rApiclé, ils sont l'amertume el courent toujours dans la hase affective, soit dans la roue d'ang^oisse, et cherchent le repos ou à atteindre la liberté divine. Ce sont eux qui, dans la roue d'angoisse ou dans la base affective, allument le feu, puis^ dans Teffroi de l'allumement, se livrent à la mort, et passent ainsi, au travers du tourment du feu, dans la liberté ou dans les bras de Dieu ; ils enti*ent dans la liberté comme une vie s'épanouit de la mort : ils sont les racines du nouveau goût qni pénè* trefit dans la sagesse et les merveil les divines ; ils délivrent le désir de l'angoisse de la mort ; ils reniiilissent leur mère, la hase affective, et liansmettenl leur force de l'essence divine.

5. Ainsi, la base affective est la roue ou vraie chambre de la vie, la propre habitation de l*âme, dont elle fait en môme temps partie si Ton y comprend l'essenlialité (entends l'cssenlialité de la teinture) ou la vie de feu, car de celte vie provient la base affective, et la vie de feu habite dans la base affective;

irraîs îa base affective est plus noble que le feu, car elle est la mobililc do la vie de feu et produit l'intelligence. Les sens sont les serviteurs de la base affec* tive, ]es plus subtiles messagers; ils entrent en Dieu et repassent de lui dans le péril, et où qu'ils s'allument, soit en Dieu soit dans le péril, comme dans la fausseté, ils ;ij)|»orl»'nt cela à la hase aflectivo ; dès lors, cette noble base doit souvent résister à la méchanceté et Tétouffer dans son angoisse, quand les sens ont introduit une fausse imagination dans le désir.

6. Entendez donc, enfin, la chose comme suit : Dieu est lui-même tout et en tout; mais il sort de la fureur et trouve le monde de lumière et de puissance en soi-même; il l'engendre lui-même, en sorte que la fureur sous toutes ses formes ne soit qu'une cause de la vie (et un trouver de soi-môme en do giandcs merveilles). 11 est le fond et le sans-fond , la liberté et aussi la nature, en lumière et en ténèbres; et rhoinme est tout cela aussi, si seulement il se cherche et se trouve ainsi lui-même, comme Dieu.

• 7. Tous nos éci ils et nos enseignements ne tendent qu'à établir comment nous devons nous-mêmes nous chercher, nous consliluer et enfin nous trouver; comment nous devons nous engendrer en un seul esprit &veo Dieu, pour que Dieu soit en nous et nous en Dieu, que son esprit d'amour soit en nous le. vouloir et aussi le faire, et que nous échappions à la source d'angoisse; pour que nous nous introduisions dans la vraie ressemblance en trois mondes, où chacun demeure dans son harmonie, que 4e monde de lumière

soit souverain en nous et comme tiel gouverne; qu'aÎDsi le monde d'angoisse demeure caché dans le monde de lumière, comme il Test çn Dieu, et ne soU

dés lors qu'une cause de la vie et des merveilles divines. AuUeiiient, si nous n'atteignons pas le monde de lumière, le monde aogoisseux domine en nous, nous vivrons éternellement dans un tourment hostile. Ce combat dure tout le temps de la, vie terrestre, après quoi la vie se rend dans l'éternel éther,- dans la lumière ou dans les lénèhrcs, et il n'y a plus de délivrance, ce dont l'esprit de Dieu nous avertit, tout en nous enseignant le vrai chemin. Amen.

Conclusion,

8. Ainsi, lecteur aimant Dieu, sache que l'homme est la vraie ressemblance divine» que Dieu aime, ten-» drement et dans laquelle il se manifeste comme étant son propre éti*e. Dieu est dans Thomme le milieu, ce

qu'il y a de plus central, mais il n'iiabite qu'en soimême, à muiiis (pie l'esprit de riiomme ne devienne un esprit avec lui; alors il se maui[esle dans l'humanité ou dans la base alfeclive, les sens et le désir, en sorte que la base affective le perçoit; hors- de là, il est, dans ce monde , beaucoup trop subtil pour notre vue, mais les sens le contemplent en esprit, entends, dans l'esprit de la volonté, car la volonté envoie les sens en Dieu et il se livre à eux, il devient un avec eux; alors les sens apportent à la volonté la vertu divine, et la volonté la reçoit avec joie , mais aussi avec tremblement, car elle se recoaaail indigne, vu

sa sauvage origine qui est Tiiiconstante base affective; c'est pourquoi elle reçoit la vertu dans rabaissement

devant Dieu. Ainsi, son irioniphe se chanpfe en douce huiiiilité qui est la viaie essence de la divinité, que la volonté saisit; et celle essence saisie est dans la volonté le corps céleste qui s'appelle la vraie et parfaite foi, que la volonté a puisée dans la vertu divine; celte foi s'abîme dans la base affective et demeure dans le feu de l'àme.

9. Ici, riiuage de Dieu est complète, et il se voit ou se trouve dans une telle ressemblance. Nous ne devons nullement penser que Dieu soit un êti*e étranger. Il est étranger au pervers, car celui-ci ne le saisit pas : Dieu est bien en lui, mais non manifeste selon sa lumière d'amour dans la volonté et la base affective du pervers ; sa fureur seule est manifeste en lui; il ne peut atteindre la lumière, elle est en lui, mais elle ne lui sert de rien ; son essence ne la saisit pas, il en a peur; elle est son tourment, son mailxic et il lui est lioslile, tout comme le démon hait le soleil et la lumière de Dieu. Le démon serait encore plus content s'il pouvait rester éternellement dans les ténèbres et s'il savait que Dieu fût loin de lui, il n'é* prouverait alors aucune honte et ne serait pas un objet de risée; mais savoir Dieu si prés de lui, sans pouvoir néanmoins Talteindre, tait son tourment, qui le pousse à se haïr lui-même, c'est pour lui un éternel sujet d'aversion, d'angoisse et de désespoir que de sentir qu'il ne peut voir la face gracieuse de Dieu; sa propre fausseté le consume, mais il ne peut trouver aucune consolation poux* rentier en grâce, car il

n'atteint pas Dieo» mais le centre sealement, dans Tangoisse, la furenr; if demeure dans la mort et dans

la source mourante; il ne peut percer outre, car rien ne lui vient en aide à quoi il [)uisse se cramponner pour s'établir dans le royaume de Dieu : il voyagerait pendant mille ans dans les profondeurs de Tabime, qu'il serait tout de même dans les ténèbres hors de Dieu, et cependant, Dieu est en lui, mais cela ne lui sert de rien ; il ne le connaît pas non plus, mais il sait qu il existe et ne ressent que sa fureur.

10. Gomprenes-nons ainsi : De même que le feu se trouve dans une pierre qui ne le connaît pas, ne le sent pas, mais seulement éprouve la cause furieuse du feu qui resserre en corps l'àpre pierre ; ainsi Salan ne resscnt-il non plus que la cause de la lumière, le centre furieux qui le tient captif, et c'est celui-ci qu'il abhorre, quoiqu'il n'ait rien de meilleur. 11 n'est donc que méchanceté empoisonnée, furieuse, qu'une source mourante qui, sans mourir, toutefois, est un poison détaillant, une taiiii et une soif sans rafraîchissement. Tout ce qui est mauvais, envieux, âpre et amer, qui repousse l'humilité, comme il a fait, cela est sa force et son désir hostile : cé qui est ennemi de Dièu et le fuit ou le maudit, lui sert; ce qui tourne la vérité en menson^^es, constitue sa volonté, sa sphère d'activité, dans laquelle il se coinplait. Tel est aussi l'homme pervers : quand il perd Dieu, il entre dans la source d'angoisse, il a la volonté de Satan; mais sachez ceci :

11. Dieu a hrisé dans l'àme humaine l'àpreté dr la mort et est enlié dans la limite où la mort est bnsée ;

0 a rompu la limite ^banière), dans le ceoitre des âmes , et placé sa lumière en regard de la lumière

vitale de l'hornine; la lumière lui est libéralement accordée aussi longtemps qu'il jouit de la vertu du $ûkU. S'il se convertit et pénètre dans la lumière divine, il est reçu : il n'y a point de prédestination (de sort arrêté) à son égard ; mais quand la vie solaire s'éteint pour lui , s'il n*a rien non plas de la vie divine, c'en est fait de lui, il est et demeure un démon. Mais Dieu connaît les siens, il sait qui ira à lui, la prédestination 4onl parle l'Ecriture Sainte existe pour ceux-GÎ; et cerne qui ne veulent pas, encourent le retrait de la lumière ou l'endurcissement. L'homme a les deux centres en soi : si, par conséquent, il ne veut être qu'un démon, Dieu doit-il donc jeter les perles sur la voie de Satan et répandre son esprit dans la volonté du pervers? Qui plus est, l'esprit de Dieu doit être engendré de la volonté de l'homme, l'homme doit devenir lui-même Dieu dans l'esprit de la volonté, sans quoi il n'obtient pas la substantialité ^ivine ou la sagesse.

. lâ. Recueillez-vous donc, chers enfants, et entrez par la vrpie porte. : il ne s',agit pas seulement d'obtenir le pardon, mais de naitre de nouveau ; alors on

est pardonné, c'est-à-dire, que le péché n'est plus qu'une dépouille; le nouvel hon^inie s'élève hors de celte dépouille et la rejette : tel est le paidoo de Dieu. .— Dieu dégage le nouvel, homme du , mal, il Fôte de lui : rien n'est écondnit du corps, mais le péché est envoyé au centre, comme on met le bois au fçu, pour être ainsi une cause 4u principe du feu,

d'oîi jaillH k lainière, «i oaniribiier au plus grand avantage de rhomme saint, comme le dit St-Paul : Toutes cboses, même le péché, doivent servir au plus grand bien de ceux qui aiment Dieu (Roui. VUI : iS), .13. Que disons -nous donc : davons-nous pécher pour fonder notre salut,? Loin de moi cette pensée : comment pourrais-je vouloir rentrer dans ce à quoi je siiis mort? devrais-je, de la lumière, repasser dans

les Icnèhros?

14. Mais il faut qu'il en soit ainsi, que les saints de Dieu ne perdent rien, que tout leur profite ; Ce qui est au pécheur un aiguillon pour la mort, est à l'homme saint une puissance pour la vie.

15. La raison dit ici : Je dois donc pécher pour aup:menter mon salul? — Mais nous savons que celui qui sort de la lumière va dans les ténèbres; qu'il prenne garde de n'y pas rester, car il pèche de propos délibéré contre le St-Ësprit. Ne vous fourvoyés pas, Dieu ne se laisse point jouer. Du fait de son amour, nous sommes, après notre chute, redevenus justes par son entrée dans notre chair ; mais qui pèche à dessein, méprise, foule aux pieds l'incarnation de Christ et charge sa conscience ; qu'il y réfléchisse bien : il aura plus de peine à se dégager de nouveau du péché prémédité que celui auquel la voie divine n'a pas encore été manifestée.

16. C'est pourquoi il est bon de s'abstenir du mal, de le fuir, de détourner ses yeux de la fausseté, de peur que les sens n*y mordent et n'apportent cela au cœur, d'où naît la convoitise, puis l'imagination du désir qui introduit son fruil dans la base affective,

ce qui altère la noble image et en fait un monstre devant Dieu.

17. Tel est notre fidèle avertissement, de notre don et de notre profonde connaissance, au lecteur et à l'auditeur aimant Dieu : nous vous avons exposé très sérieusement et fidèlement la voie de la vérité et de la lumière; maintenant, nous vous exhortons tous, chrétiennement, à y réfléchir et à lire avec attention ; le Siqet porte son fruit. Alieiuia, Amen !

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