CHAPITRE PREMIER
Ce qu'est la Foi, et comment elle est un esprit
avec Dieu.
1. Christ dit: cherchez premièrement le royaume de Dieu et sa justice, tout le reste vous sera donné
par dessus (Mallh. VI : 33). De plus : mon père donnera le St-Esprit à ceux qui le Jui demandent ^Luc.
XI, 13). Et quand celui-là sera venu, il vous conduira en tottle vérité et vous rappellera tout ce que je vous ai dit; car il prendra du mien ét vous l'annoncera (Jean XVI : 1:3-15). Ilem : je vous donnerai buuche el saij;evsse pour ce que vous aurez ;\ dire (Luc XXI : 15). Et St'Paul dit : nous ne savons ce que nous devons demander en priant ni comment nous devons parler, mais Fesprit saint intercède puissamment en notre faveur, selon qu*il plaît à Dieu (Rom. VÏII : 26). • 2. La foi n'est donc ppînt une science historique telle qu'un dogme que Vhommù m crée el auquel il se tient collé, tout, en conti^ignant sa base affective à faire l'œuvre de sa raison;' mais la foi est un esprit avec Dieu, car le St-Esprit entre dans Tesprit de la foi.
3. La vraie foi est une puissance divine, un esprit avec Dieu : elle opère en Dieu el avec Dieu ; elle est Ubre.et sans atta^e qftelconquè qu'au vrai amour, dans lequel elle puise sa vie et sa force ; aucune présomption humaine n'y fait rien.
4. Car de même (]ue Dieu est libre de toute attache, qu'il fait ce qu'il veut et n'en a aucun compte à rendre, ainsi est libre dans Tesprit de Dieu la pure, vraie foi ; elle n*a d'attrait qu'à Tamour et à la miséricorde divine, en sorte qu'elle jette sa volonté dans la Volonté de Dieu et sort de la raison sidériqiie (astrale) el élémentaire; elle ne se chcrciie pumt dans la raison charnelle,, mais dans Tamour de Dieu. Ët lorsqu'elle se trouve de cette manière, elle se trouve en Dieu et opère avec lui ; non d'après la raison, selon ce que veut celle-ci, mais en Djeu, ce que veut
Tesprit divin; car la foi tient la vie terrestre pour
rien, afin de vivre en Dieu, et que son esprit soit en elle le vouloir el le faire. Elle s'abandunne humblement à la volonté de Dieu el tombe, au travers de la raison, dans la moit; mais elle verdit par l'esprit de Dieu dans la vie divine; elle est comme n'étant rién, et pourtant elle est en Dieu tout; elle est un ornement et une couronne de la divinité, une merveille dans la magie divine. Elle crée où il n*y a rien et prend oix rien n'existe; elle agit et personne ne la voit; elle s'élève et n*a pourtant nul besoin d'ascension ; toute puissante, elle est néanmoins la plus pro^ fonde humilité; elle possède tout et ne saisit cependant rien de pins que la douceur. Dès lois, elle est libre de toute méchanceté et n'a aucune loi, car la fureur de la nature ne l'atteint point; elle demeure en éternité, car elle est sans fond ; elle n*est renfermée en rien, tout comme l'abîme est libre de l'éternité et ne repose en rien qu'en soi-même où réside une éternelle douceur.
5. Ainsi repose la pure vi'aie foi dans i'abime; elle est en soi-même Tétre; elle vit, mais ne cherche point sa vie ; elle cherche celle de l'éternel, paisible repos; elle sort de son esprit de vie et se possède soi-même ; dès lors elle est libre du tourment, à l'égal de Dieu, et demeure de cette façon dans l'éternelle liberté en Dieu. Elle est par Téternelle liberté divine comme un néant et se trouve pourtant en fout. De même est son partage tout ce que Dieu et l'èternitc peuvent et sont; elle n'est saisie par î'ien et cependant eUe est une belle habitation dans la grande
puissance divine; Elle est un être et n'esl cependant saisie par aucun être. Elle est une compag^ne et une amie de la viergfe divine, de la sagesse de Dieu ; en
elle résident les grandes merveilles divines et néanmoins, elle est libre de tout, comme la lumière l'est du feu, laquelle bien que constamment engendrée par lui, n'est cependant ni saisie ni atteinte par le tourment du feu.
6. Par comparaison, nous vous donnons ainsi à entendre que la foi est engendrée de l'esprit de vie comme d'un feu toujours brûlant, et qu elle brille dans ce feu ; elle remplit le feu de la vie et n'est ce-> pendant jamais saisie. Mais si elle l'est ; c'est parce qu'elle est de soi-même passée dans la raison comme dans une prison, et ne se trouve plus en Dieu, dans sa liberté, mais dans le tourment; elle se tourmente elle-même, quoique pouvant bien être libre. Dans la raÏBon, elle opère les merveilles dans le feu de la nature, et dans la liberté, les merveilles divines dans l'amour.