‹ De l'incarnation de JésusChrist, écrit d'après une élucidation divine, en 1620Chapitre 39 sur 54 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

De l'origine de la foi, et pourquoi la foi et le doute habitent ensemble.

1 . Puis donc que la foi est un esprit avec Dieu, nous avons à considérer son oiigine ; car nous ne pouvons pas dire qu'elle soit une figure ou une image de la raison, attendu qu'elle est l'image, la ressemblance de Dieu, une ligure éternelle, qui peut ucuii-

moins se briser pendant la vie da corps ou se transformer en source d'angoisse. Car son être propre n*est originairement qu'une simple volonté, et cette volonté est une semence que l'esprit de feu ou Tàme doit semer dans la liberté divine; alors il en croit un arbre dont l'âme mange et adoucit par là sa vie de feu, ce qui la rend forte, et cette force, elle la liansmet h 1m racine de Tarbre qui croît ainsi dans l'esprit de Dieu, jusque dans les merveilles de sa majesté, et verdit dans le paradis céleste.

â. Ët bien que notre description puisse n*étre ni saisie ni comprise, attendu que la raison veuf tout voir et tout toucher, nous voulons exposer au grand jour pourquoi la foi ol le doute se trouvent ensemble et comme liés par une chaine, d'où résulte un violent combat dans l'homme pendant toute fai durée de son séjour dans cette hutte terrestre, à moins qu'il ne s'abime totalement en lui-même , (|u'il ne puisse introduire le feu de sa vie dans la liberté divine, car dans cet état, il est comme mort à la vie de la raison, ^en qu'il vive, c'est en Dieu, ce qui est certes une bien précieuse vie d'homme et se voit rarement, puisque c'est le portrait de la première image que Dieu créa ! Quoique le njorlel soit encore suspendu à lui, il est comme mort, comme une image sans vie appendue à lui, sujette à la destruction, et qui n'est pas le vrai homme vivant; car la vraie vie se trouve à Topposite, dans un autre monde, dans un autre principe, une autre source.

3. Comprenez-nous maintenant comme suit : Vous voyez et reconnaissez l'origine de la vie humaine.

comme elle nat( dans lé torps dé la mère; pa» vous voyez dans quoi elle tnqûalifie ei se meut, savoir

dans quatre Ibrmes, qui sont le feu, l'air, Teau et la chair ; et bien qu'elle réside ainsi là-dedans, elle n'est pourtant en cela rien de plus qu'une vie animale, car sa raison lui vient des astres, et il se trouve que le soleil et les étoiles produisent dans les quatre éléments une teinture d'oii proviennent la raison et Finqualificalion, ainsi que l'atti-ail et la répugnance. 'Mais il s'en la ut de beaucoup que ce soit la vraie vie humaine, car cette raison ne cherche nen de plus élevé que soi-même en ses merveilles. Or il existe chez l'homme un ardent désir d*une vie plus élevée, meilleure et éternelle, exemple d'un pareil tourment; et quoique la raison ne saibisse (coiiipienne) ni ne voie ce désir, un mystère repose en elle, qui sent et connait cela, d'où natt Tattrait; à quoi nous recon-' naissons que ce mystère a feit partie intégrante de la première création et est la propriété de l'homme. fSous Uuuvons donc qu'il réside dans un désir ou vif attrait, savoir dans un attrait magique. Nous trouvons, en outre, qo*avec ce mystère nous sommes en pays étranger et que le mystère dont il s'agit ne se trouve pas dans l'esprit de oe monde ; car il ne le comprend ni ne le trouve, ce qui nous démontie la lourde chute d'Adam, attendu que nous trouvons le mystère en question dans la volonté de la base aiiectîve, où il est une source cachée qui jaillit dans un autre principe. Nous comprenons aussi que le dit mystère se trouve caché dans le feu, dans la source d'angoisse, et se manifeste pai^ l'angoisse de la volonté.

Troisiémemeni enfin, nous trouvons que ce mystère est retenu captif par l'esprit de ce monde et comment la raison externe de la vie a puissance de pénétrer làdedans, de le corrompre, pour que ce ru y 1ère ne voie pas le jour, dans quel but elle le couvre, afin que l'engendreuse ne puisse pas engendrer et demeure cachée dans le mystère. Si alors le corps rompt» la volonté n'en a plus pour manifester le mystère, l'esprit de feu ou de l'àme demeure ainsi dans les ténèbres et le mystère élernellemenl caché en lui, comme dans un autre principe.

4. Ainsi nous voyons le mystère pour le royaume de Dieu caché dans l'âme et la rendant désireuse» en sorte qu'elle porte son imagination dans ce mystère et est alors magiquement engrossée dans ce même mystère, d'où lui nait la volonté de passer de la vie de l'eu dans le mystère divin. Et s'il lui arrive alors d'élever sa volonté et de la jeter dans le mystère, cette volonté est engrossée dans le mystère, car elle désire ardemment et reçoit le corps du mystère, son être, qui est Tétre divin , incompréhensible à la nature. C'est ainsi que la volonté revêt la ressemblance ou l'image de Dieu.

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