‹ De l'incendie du divin amourChapitre 42 sur 56 · CHAPITRE XXXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXII

De la nature de l'Ame.

Au milieu des théories obscures que plusieurs philosophes ont établies sur l'origine de l'âme, nous trouvons comme généralement admis que l'âme est une substance intellectuelle , et douée, par la puissance de son Créateur , d'une

immortalité qui lui est propre. Nous savons aussi qu'elle vivifie le corps qui lui est uni, qu'elle est sujette aux vicissitudes, à l'oubli, à la crainte et à la joie. 0 substance merveilleuse et vraiment digne de toute notre admiration ! Nous lisons, nous disons et nous écrivons des choses sublimes, étonnantes et certaines sur la nature de Dieu, créateur de toutes choses ; mais quand nous voulons parler des Anges et des âmes, l'obscurité se présente et l'évidence disparaît.

Que mon esprit affranchisse donc les limites de ces pensées , qu'il s'élève audessus de toutes choses créées ; qu'il coure, qu'il monte, qu'il vole, qu'il se dirige , autant que le permet le regard de la foi , vers celui qui a tout créé. Je placerai plusieurs degrés dans mon âme, et c'est par eux que je m'élèverai jusqu'à mon Dieu. Éloignons de nous toutes les choses visibles , ainsi que tous les fantômes de l'imagination; que l'intelligence paraisse seule, pure et simple, et qu'elle

s'élance d'un vol rapide vers le Créateur des Anges , des âmes et de tout ce qui existe.

Heureux Pesprit qui abandonne ainsi les parties inférieures pour s'élever aux plus sublimes régions ! qui se fixe sur le sommet des rochers, et qui, de là f contemple le soleil avec le regard de l'aigle ! Il n'est rien de plus beau ni de plus agréable que de fixer ainsi Dieu seul des yeux de l'esprit et avec l'avidité du cœur, que de voir invisiblement l'invisible, et d'admirer un autre soleil que celui qui brille sur la terre.

Cette lumière qui éclaire le monde est fixée dans un cercle qui lui est tracé , limitée par le temps , sujette aux interruptions de la nuit ; enfin , elle nous est commune avec les animaux sans raison ; or, cette lumière, quand on la compare à celle qui réjouit les cieux , n'est plus une véritable lumière, c'est la nuit.

Quoique cette suprême et inépuisable lumière , qui brille sur les Anges , ne

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puisse être contemplée sur la terre et qu'elle soit la récompense exclusive des bienheureux qui jouissent de la gloire des cieux , cependant lorsque nous y croyons, que nous la comprenons, que nous la sentons et que nous soupirons ardemment après elle, nous la voyons et nous la possédons en quelque sorte.

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