CHAPITRE XXXV
Louanges à la nature divine.
Trinité souveraine, puissance unique, impénétrable majesté de mon Dieu, Dieu tout-puissant, recevez les hommages du dernier de vos serviteurs et des membres de votre Église. Je vous honore, je vous glorifie et je vous offre le tribut de mes louanges avec toute la sagesse et la puissance que vous m'avez accordées. Je n'ai point de riches offrandes à vous présenter , mais je possède en moi-même les vœux et les louanges que je tiens de votre miséricorde , et voilà le sacrifice que vous offrent avec joie une foi sincère et un cœur pur.
Je crois en vous de tout mon cœur, ô Roi du ciel et de la terre; je confesse le Père , le Fils et le Saint-Esprit , Dieu en trois personnes, dont la substance est unique, Seigneur Dieu tout-puissant,
d'une nature simple et incorporelle, invisible et infinie. Je crois qu'il n'est rien d'incomplet en vous, mais que vous êtes la perfection absolue et sans difformité , la grandeur sans mesure, la bonté sans qualité, l'éternité sans espace de temps, la vie sans la mort, la force sans l'infirmité et la vérité sans mensonge. Je crois que vous remplissez tout , que vous êtes présent partout sans vous fixer dans aucun lieu déterminé, que vous embrassez tout sans extension , que vous allez au devant de tout sans opposition , que vous vous élevez au-dessus de tout sans mouvement, que vous demeurez en tout sans position , que vous créez sans indigence, que vous dirigez tout sans peine, et que vous opérez toutes les merveilles sans commencer jamais.
Je crois que vous êtes infini dans votre grandeur, tout-puissant dans votre force, souverain dans votre bonté , inappréciable dans votre sagesse, terrible dans vos conseils, juste dans vos jugements, sin-
cère dans vos pensées , vrai dans vos paroles, saint dans vos œuvres et libéral dans vos miséricordes.
Je crois que vous êtes patient à l'égard des pécheurs, miséricordieux envers les repentants, toujours le même, toujours immortel , éternel et immuable. Je crois que vous ne vous dilatez pas dans l'étendue, que les limites ne peuvent vous restreindre ni vous retenir; que votre volonté est invariable , que la nécessité ne peut vous contraindre, la tristesse vous abattre et la joie vous enivrer.
Je crois que vous n'êtes pas sujet à l'oubli, que votre mémoire est fixe, que le passé est encore présent à vos yeux et qu'il n'y a point de futur pour vous. Je crois que vous n'avez point eu de commencement ni de progrès et que vous ne pouvez avoir de fin , mais que vous vivez avant tous les siècles, dans les siècles et après les siècles , que vos loaunges n'ont point de fin,que votre gloire est éternelle , votre puissance sonve-
raine , votre honneur exclusif , voire royaume et votre empire impérissables , au milieu des siècles infinis, incessants et immortels des siècles. Ainsi soit-il.