CHAPITRE XXXIV
Éloge de l'indivisible Trinité.
L'immensité de votre divine majesté est telle, ô mon Dieu, qu'elle est tout à la fois à Tintérieur et à l'extérieur de toutes les créatures. Vous les pénétrez intérieurement pour les maintenir, vous les enveloppez extérieurement pour les renfermer dans l'immensité de votre grandeur. Par cela même que vous remplissez l'intérieur, vous manifestez votre Providence, car toutes les créatures sont renfermées en vous , non pas dans un espace déterminé, mais dans la présence de votre toute-puissance. L'unité de votre nature est donc inséparable, et les personnes distinctes qu'elle renferme ne peuvent non plus se séparer , car par là même que vous êtes Trinité dans l'unité et unité dans la Trinité, il ne peut plus exister de séparation entre les personnes.
Chacune de ces trois personnes, il est
vrai, porte un nom qui lui est propre; mais, ô mon Dieu, vous avez voulu tellement manifester en cela l'inséparabilité des personnes divines , qu'il n'en est pas une seule dont le nom ne soit en relation avec les deux autres. Ainsi, de même que le nom de Père suppose une relation avec le Fils, et réciproquement, de même le nom de l'Esprit suppose une relation réelle avec le Père et le Fils.
Tous les noms qui expriment l'idée de puissance , de substance et d'essence , ou bien encore tout ce qui est dit proprement Dieu, convient également à toutes les personnes; ainsi, par exemple : Dieu, grand , tout-puissant , éternel , enfin tous les attributs naturels de la Divinité. Il n'est donc pas un nom propre à Dieu le Père qui ne puisse s'appliquer en même temps au Fils et au Saint-Esprit.
Nous disons que le Père est naturellement Dieu , mais le Fils possède aussi cette qualité aussi bien que le Saint-Esprit.
Vous êtes donc inséparable dans vos,
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personnes, ô Trinité, quoiqu'elles aient différents noms, car la pluralité ne s'applique pas aux attributs naturels de la Divinité. Une autre preuve que les personnes ne peuvent être divisées dans la Trinité qui consiste en un seul vrai Dieu, c'est que le nom d'une personne implique toujours l'idée d'une autre personne. Si , par exemple , je dis le Père, j'indique par là même le Fils, et réciproquement; et si j'invoque le Saint-Esprit, je suppose ainsi qu'il est l'esprit de quelque autre , c'est-à-dire du Père et du Fils.
Voilà, sur la Trinité, la véritable foi que nous puisons dans la pure doctrine; voilà la foi certaine, catholique et orthodoxe que Dieu, par sa grâce, m'a enseignée dans le sein de l'Église , ma mère. Cette foi qui est en moi vous invoque, Seigneur : celte foi que votre bonté a daigné m'accorder pour mon salut.
L'âme fidèle vit de la foi, et elle possède déjà par l'espérance ce qu'elle doit voir en vous.