‹ De l'incendie du divin amourChapitre 47 sur 56 · CHAPITRE XXXVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVII

Hymne à la Divinité.

Seigneur, vous êtes le Dieu tout-puissant et le protecteur de tous ceux qui espèrent en vous; il n'est pas de sécurité ni de salut sans vous. Vous êtes Dieu, et il n'en est pas d'autre que vous , ni dans les cieux , ni sur la terre. Vous opérez des merveilles étonnantes et impénétrables , et leur nombre est infini. Oui , il est juste de vous adresser des louanges et des cantiques ; tous les Anges , les cieux et toutes les puissances vous répètent leurs hymnes , célèbrent vos grandeurs , et ils se tiennent devant vous comme des créatures devant leur Créateur, des serviteurs devant leur seigneur, et des soldats devant leur prince. Ils vous glorifient comme la Trinité sainte et indivisible.

Tout esprit chante vos louanges : les

Saints , les humbles de cœur , les âmes des justes, tous les habitants de la céleste cité, toutes les hiérarchies des bienheureux vous adorent , en répétant sans cesse leurs chants à votre gloire et à votre honneur, et en vous adressant le magnifique et merveilleux tribut de leurs louanges.

La plus noble de vos créatures , l'homme vous glorifie; pour moi, qui ne suis qu'un misérable pécheur, je désire du moins vivement vous louer et vous aimer d'un amour tout spécial. 0 mon Dieu, ma force, ma vie et ma louange, daignez me rendre digne de vous glorifier. Donnez la lumière à mon cœur et la parole à ma bouche, afin que je puisse méditer votre gloire et chanter incessamment vos louanges.

Mais parce qu'il n'est pas de louanges méritoires dans la bouche du pécheur, et que mes lèvres sont souillées, je vous en conjure, purifiez-moi de toutes mes souillures; sanctificateur souverain, sanc-

tifiez-moi et rendez-moi digne de célébrer vos louanges. Recevez favorablement de la main du cœur et de l'amour de l'esprit le sacrifice de mes lèvres ; qu'il devienne agréable en votre présence et qu'il monte vers vous comme une suave odeur. Que votre doux et sacré souvenir possède mon âme tout entière ; que des choses visibles relèvent jusqu'à l'amour des choses invisibles, des choses terrestres aux choses du ciel , et des choses temporelles aux choses de l'éternité , et qu'il se repose alors dans la contemplation merveilleuse. 0 charité , vérité , éternité chérie , vous êtes mon Dieu, nuit et jour je soupire vers vous , je brûle de vous posséder et d'arriver jusqu'à vous. Celui qui vous connaît , connaît par là même la vérité et l'éternité. Vérité souveraine, nous vous contemplerons telle que vous êtes lorsque nous aurons quitté celte vie ténébreuse et mortelle dont il est écrit : Où est donc votre Dieu ? et où moi aussi , Seigneur ,

je me demande où vous êtes. Je respire un peu en vous et je répands mon âme en moi-même au milieu des chants d'allégresse et des cris de joie de ceux qui sont en fête. Et cependant la tristesse afflige encore mon cœur , l'inquiétude le tourmente, un abîme s'ouvre devant moi, ou plutôt je suis moi-même comme un abîme. La foi que vous m'avez accordée pour n/éclairer dans les ténèbres me rassure et me dit : « Pourquoi es-tu triste , mon âme ? pourquoi le troublestu? Espère en Dieu (i). » Sa parole sera comme un flambeau pour éclairer tes pas. Espère et persévère jusqu'au terme de cette nuit qui enfante l'iniquité ; espère jusqu'à ce que soit apaisée la colère de ce Dieu dont nous avons été autrefois les enfants, jusqu'à ce que soit écoulé ce temps où le péché nous relient dans un corps de mort , jusqu'à ce que le jour s'élève et que les ombres soient

(I) Ps. 4L

dissipées. Espère donc dans le Seigneur. Je me lèverai dès le matin, je me livrerai à la contemplation et je glorifierai éternellement mon Dieu. Je me lèverai dès le matin et je verrai le salut de ma face, mon Seigneur , le Dieu qui vivifie nos corps mortels par son Esprit qu'il fait habiter en nous, afin qu'en nous sauvant nous devenions nous-mêmes la lumière, les enfants de la lumière et du jour et non pas les enfants des ténèbres et de la nuit. Nous étions autrefois plongés dans l'obscurité; maintenant. Seigneur, nous sommes la lumière en vous ; ce n'est encore que par la foi , il est vrai , ce n'est pas même en apparence, car l'apparence que nous voyons n'est pas réelle.

Les immortelles légions des Anges célèbrent vos louanges, Seigneur; les divines vertus qui connaissent votre sainte et indivisible Trinité sans le secours de nos livres sacrés vous glorifient. Elles contemplent sans cesse votre face, et c'est là qu'elles lisent , qu'elles se

déterminent et qu'elles aiment. Elles lisent continuellement, et le souvenir de ce qu'elles ont lu ne s'efface jamais.

Lorsqu'elles ont fixé sur votre immutabilité leur choix et leur amour, le livre de vos conseils qu'elles ont parcouru ne se ferme point, car c'est vous qui le tenez , et vous êtes éternel. Oh ! bienheureuses sont les vertus des cieux qui peuvent vous louer avec un cœur saint et pur et dans les douceurs d'une joie inexprimable ! Ce qui fait leur joie est aussi l'objet de leurs louanges, car elles voient sans cesse le sujet de leurs louanges et de leur joie.

Pour nous, Seigneur, accablés sous le poids de notre chair, fixés dans cette terre d'exil bien loin de vous, et distraits par le spectacle des vicissitudes mondaines, nous ne pouvons vous offrir des louanges dignes de vous , nous ne vous voyons que par la foi et non pas en figure. Mais, pour les esprits angéliques, ils vous contemplent vraiment en appa-

rence, et c'est là ce qui fait la différence de nos louanges avec celles qu'ils vous rendeni. Toutefois, Seigneur, quoique nos louanges soient différentes de celles des Anges, vous éles le seul Dieu créateur de tout ce qui existe, vous êtes celui à qui le ciel et la terre présentent le sacrifice de leurs hommages. Aussi bien votre miséricorde doit nous introduire dans la société de ces bienheureux dont nous envions la félicité ; nous vous contemplerons et nous vous glorifierons sans cesse avec eux.

Seigneur , tant que je serai condamné à demeurer dans ce corps fragile , permettez à mon cœur de vous glorifier ; que ma langue et mes os s'écrient tous ensemble : Seigneur , qjji est semblable à vous? Vous êtes le Dieu tout-puissant dans lequel nous adorons une seule substance en trois personues. Nous adorons le Père incréé , le Fils unique et l'Esprit saint procédant de l'un et de i'autre et demeurant en eux , enfin la

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sainte et indivisible Trinité, Dieu unique et tout-puissant.

Nous étions dans le néant, Seigneur, et vous nous avez créés ; nous étions perdus par nos péchés, et vous nous avez rachetés par votre miséricorde et par votre bonté. Je vous en conjure, ne permettez pas que nous soyons ingrats après tant de bienfaits et indignes de votre infinie clémence. Augmentez ma foi, mon espérance et ma chanté. Accordez-moi, par votre grâce, la stabilité et la droiture dans ma foi, l'efficacité et le mérite dans mes actions, afin que je puisse arriver ainsi à la vie éternelle.

C'est là que voyant voire gloire telle qu'elle est, nous adorerons votre majesté, et que nous nous écrierons tous ensemble, dans l'admiration de votre beauté : Gloire au Père qui nous a créés, gloire au Fils qui nous a rachetés , gloire au Saint-Esprit qui nous a glorifiés , gloire à la souveraine et indivisible Trinité dont les opérations sont inséparables et dont l'incehd. 4 5

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l'empire est éternel. Vous méritez de recevoir nos louanges et nos chants, ô mon Dieu , et c'est à vous que sont dues Fhonneur, la vertu et la force dans les siècles des siècles. Ainsi soit-il.

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