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OBs. VIIL — Polyge naso-pharyngien. Extraction par incision transversale du voile du palais. Sulure. Guérison en six jours. Par M. le docteur Jules BŒCkEL.
Martin Becker, 14 ans, d’Oberseebach, près Wissembourg, se présente à ma consultation dans le courant du mois de juin 1881. Il est affecté d’une tumeur naso-pharyngienne, qui révéla sa présence par un coryza bientôt chronique, datant de l’été dernier. En septembre 1880 les narines, complètement bouchées, ne laissaient pas passer le moindre filet d'air, la voix devint nasonnée, et depuis deux mois le jeune homme est sujet à de violents épistaxis.
État actuel. — Les narines sont oblitérées et ne permettent pas à la sonde de franchir l’orifice postérieur, qui se trouve bloqué, surtout à droite, par un corps arrondi, qui saigne au moindre contact.
L'examen de la gorge révèle, pendant les mouvements d’élévation du voile, une tumeur lisse, mobile, ovoïde, de la grosseur d’un petit œuf de poule, dont l’extrémité inférieure fait saillie au niveau du bord inférieur du voile. Par le toucher on constate que la tumeur est libre de toute adhérence; le doigt la circonscrit de toutes parts, sauf à son point d'insertion, qui paraît être le vomer.
L'opération est décidée et fixée au 13 juin. Le malade entre à la Maison de santé des Diaconesses pour s’y soumettre.
Sont présents : MM. les docteurs LENTz et Frey.
M. KALTENTHALER administre le chloroforme.
L'anesthésie obtenue, on attire le patient vers le bord de la table pour l’opérer, la tête pendante.
Un écarteur est placé entre les mâchoires, afin d’avoir le champ libre, et de pouvoir agir commodément.
Incision du voile avec le bistouri à ‘/, centimètre en avant de son insertion sur l’os, sur une étendue de 4 centimètres et plus rapprochée du côté droit.
L’extrémité externe de l’incision entame la palatine postérieure, et donne lieu à une hémorragie de moyenne intensité, que la compression avec des boulettes imbibées d’eau de PAGLrARt fait cesser après 5 minutes. Introduisant l’index dans l’ouverture
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ainsi créée, j'arrive facilement à l'insertion du pédicule, Je le détache avec les doigts et la rugine, et extrais le polype au bout de quelques secondes. Hémorragie facile à combattre par la compression à l’aide d’éponges montées sur des tiges de bois. Suture du voile avec trois points métalliques. Glace. Lait glacé. Compresses froides sur les parties latérales du cou.
L'examen de la tumeur, pratiqué par M. le professeur DE RECKLINGHAUSEN, montre qu’on à affaire à un fibrome ordinaire, sans éléments sarcomateux.
Le 16, enlèvement des sutures. Guérison parfaite, sauf au milieu, où les bords se disjoignent légèrement. Badigeonnage avec une solution de nitrate d'argent de ‘/,..
L’air passe facilement par la narine gauche; à droite, la même expérience ne réussit pas aussi bien; mais l'inflammation chronique de la muqueuse n’y est certes pas étrangère.
Le malade rentre guéri le 19 (6° jour).
Récidive. — Division transversale du voile du palais avec le thermo-cautère. Rugination du point d'insertion par M. le professeur BŒCKkEL.
Becker entre le 31 octobre 1881 à la salle 103 pour se faire traiter d’une récidive du polype opéré précédemment.
Depuis 4 à 5 semaines il ressent de nouveau une certaine gène respiratoire provoquée par un corps étranger dans la narine droite. Comme cet état s'aggrave, le malade vient à la consultation pour se faire examiner. M. BœcxEL ayant constaté la présence d’un polype, le malade se décide à se faire de nouveau opérer.
État actuel : Garçon fort, robuste, paraît jouir d’une très bonne santé; voix un peu nasillarde. Bouche-t-on la narine gauche et fait-on souffler le malade par la narine droite, on constate une complète obstruction. Avec l’index, introduit jusqu'au pharynx, on arrive facilement à reconnaître que l’obstruction est produite par un polype qui descend jusque derrière le voile du palais. À l’examen du palais on constate une cicatrice transversale de la moitié droite du voile du palais.
Opération : Le 31 octobre 1881 l'opération est pratiquée. Après chloroformisation complète du malade, dont la tête est laissée pendante et soutenue seulement par la main d’un des assistants, l’ouvre-bouche est appliqué et la langue retenue par