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un abaisse-langue. M. Bæœckegz fait alors, avec le couteau moyen du thermo-cautère de PAQUELIN, une section transversale du voile du palais, un peu au-dessus de l’ancienne cicatrice et comprenant toute la portion droite du voile du palais, plus une partie des piliers antérieurs sur lesquels la section est encore prolongée.
Forte hémorragie en nappe dans les surfaces sectionnées.
M. Bœckez tamponne avec des bourrelets de charpie trempés dans de l’eau de Paczrart et les maintient pendant quelque temps, après quoi l’hémorragie s'arrête momentanément. Après avoir constaté, à l’aide de l'index, que le polype a une base d’implantation assez large, M. Bœcxer détache le polype de la base du crâne avec la cuiller tranchante introduite par le nez, et le retire avec une pince à travers l’ouverture du voile; un repli muqueux est coupé avec les ciseaux. Pour arrêter maintenant l’hémorragie devenue très forte, M. BœckEL tamponne avec des bourdonnets trempés dans de l’eau de PAGLIARI; après quelques minutes il les retire, mais l’hémorragie continue; on tamponne de nouveau et l’on remet le second temps de l'opération, à savoir l’extirpation radicale à l’aide de l’anse galvano-caustique, au surlendemain.
Température du soir : 38°,2.
1 novembre. — Température : matin 37°,3, soir 38°,4.
Les tampons sont restés en place; plus d’hémorragie; le malade va très bien, il ne se plaint de rien.
2 novembre. — Température: matin 37°,6, soir 38°,6.
Ce matin, les tampons sont tombés d’eux-mêmes, et le malade les a retirés de la bouche. Comme il exhalait un fœtor ex ore assez fort, provoqué par les tampons, on fait immédiatement une injection d'une solution de 2 p. 100 d’acide phénique. L'hémorragie est complètement arrêtée. Les injections sont répétées encore deux fois aujourd’hui.
3 novembre. — Température: matin 37,9, soir 38°,1.
Désirant passer aujourd’hui à la cautérisation de la base d'implantation avec l’anse galvano-caustique, M. Bæœcxez fait chloroformer le malade et essaye d'introduire l’anse et le fixateur de celle-ci par la narine; mais le fixateur est trop large et force est d’y renoncer.
M. BœckeL se contente de tamponner la base du polype avec de la charpie trempée dans une solution de chlorure de zinc.
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4 novembre. — Température: matin 38, soir 385. Les tampons sont retirés; 3 douches sont données. o novembre. — Température: matin 38,1, soir 37°,9.
Trois douches par jour. Le malade se lève.
6 novembre. — Bonnes granulations des plaies, les douches sont continuées.
8 novembre. — Cautérisation avec le crayon de nitrate d'argent d’un bourrelet de muqueuse du pharynx qui proémine dans l’ouverture artificielle.
10 novembre. — Le malade désire rentrer.
L'ouverture est encore assez grande; les plaies granulent bien. Le malade n’a aucune gêne dans la déglutition; on lui recommande de se faire des douches nasales journellement avec une solution de 4 p. 100 d'acide phénique.
Le 12 janvier 1882 le père ramène son fils; la plaie du voile est parfaitement cicatrisée, ne laissant qu’une mince ligne blanche; les narines sont libres; cependant l’air passe un peu moins vivement par la narine droite que par la gauche (rétrécissement cicatriciel). Les douches nasales ont été employées tous les jours, mais ne ramènent plus ni pus ni mucosités. On ne les pratiquera plus que trois fois par semaine. La voix est nette et normale, Le doigt introduit derrière le voile ne sent aucune grosseur.
Os. IX, — Polype naso-pharyngien à droite, extirpé par galvano-caustie et rugination après section transversale du voile. Par M. le professeur BœcxeL. Guérison incomplète.
(Observation recueillie par MM. ScHErFER et GARCIN, internes.)
Grasser, Pierre, de Hohatzenheim, âgé de 17 ans, entre à l’hôpital le 13 novembre 1882 dans le service de M. Bœcxer.
Il dit avoir eu de fréquents coryzas et épistaxis. C’est à partir du mois de décembre 1881 qu'il a remarqué une gêne de la respiration par la narine droite, qui depuis quelque temps est complètement obstruée.
Le jeune homme est bien charpenté, mais lymphatique. Le nez est élargi à sa base et le malade a continuellement la bouche ouverte. Le fait-on souffler par la narine droite, il se montre
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qu'il n’y passe pas d'air, par contre, la narine gauche laisse encore passer un peu d’air. En examinant la bouche, on voit que tout le voile du palais est refoulé en avant, et à l’aide de l'index introduit dans la bouche on constate la présence d’une tumeur arrondie, rénitente, occupant tout l’espace pharyngien tant transversalement que d'avant en arrière. La tumeur est unique, non lobulée, et ne se laisse aucunement déplacer.
L'examen de la narine droite laisse voir une tumeur blanchâtre.
14 novembre. — Introduction d’une éponge préparée dans la narine droite.
15 novembre. — Opération. — Le malade chloroformé,
M. le professeur Bœ&ckEL introduit une sonde en gomme par la narine droite dans l’arrière-bouche, y fixe les deux bouts d’une anse galvano-caustique et retire la sonde munie du fil de la narine. L’anse est maintenant fixée en arrière du polype et attachée au manche. Le fil se casse avant que le courant ait pu sectionner. On fixe une nouvelle anse, qui sectionne en peu d’instants la base d'implantation du polype; toutefois M. BœcxeLz constate qu’une bonne portion est restée et que le polype nasal est encore en place.
Le malade est maintenant opéré, la tête pendante, de la façon suivante: Le voile du palais est sectionné transversalement, et tout le polype est ruginé à sa base à l’aide d’une cuiller tranchante introduite par la narine. Une hémorragie très intense s'ensuit, et l’on est obligé d'interrompre l'opération pendant un moment pour tamponner la narine et le pharynx à l’aide d’éponges imbibées d’eau de PAGLIARI. Après quelques minutes, on parvient à retirer les restes du polype avec la pince à polypes coudée. La narine et la partie supérieure du pharynx sont de nouveau tamponnées à l’eau de PAGLrarI. Le malade, auquel on a fait une injection d’éther pendant l'opération à cause de la faiblesse du pouls, est maintenant nettoyé. Longueur du polype pharyngien 5 centimètres, largeur 5 centimètres, épaisseur 2,5 centimètres, longueur du polype nasal 3 centimètres. Les polypes sont fibreux, avec angiectasie. Température du soir: 37°,2
16 novembre. — Température: matin 37°,5, soir 39,7.
17 novembre. — Température: matin 37°,9, soir 39,2.
On retire les éponges qui tamponnaient; le malade se