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16 janvier 1883. — Le malade vient se montrer aujourd’hui au service. Il a très bonne mine, la parole a perdu presque complètement son ton nasal, quoiqu'il existe encore une assez grande ouverture dans le voile, à travers laquelle on aperçoit la tumeur qui a manifestement augmenté de volume. Le malade, après avoir promis de rester au service, se sauve tout de même et se soustrait ainsi à toute intervention.
OBs. X. — Polype naso-pharyngien, détruit après l’incision transversale du voile du palais au moyen de la rugination, de la cautérisation avec une solution de chlorure de zinc, et de l'application de la pâte de CANQUOIN, au moyen d'un appareil imaginé par M. le professeur BœCKe.
(Observation recueillie par M. GArcIw, interne.)
Hübsch, Michel, de Riedseltz, âgé de 22 ans, cultivateur, entre à l’hôpital le 13 juin 1883, dans le service de M. le professeur BœcKker.
Ce malade, un jeune homme de taille moyenne, solidement bâti et à la mine florissante, se sentit gêné dans la respiration à partir de la fin du mois d’avril dernier. Vers la Pentecôte il se montra une petite tumeur ronde dans la narine droite que son médecin lui arracha avec une seconde de pareil volume dans la même séance. Cette opération fut suivie d’une forte hémorragie. Mais malgré cette intervention, les symptômes d’occlusion de la narine droite ne firent qu'augmenter, ce qui le décida à entrer à l’hôpital. À son entrée on constate une légère, mais très manifeste tuméfaction de la joue droite. En examinant par la narine droite, on aperçoit une tumeur assez volumineuse pour occuper tout le champ visuel. Par le toucher on constate derrière le voile du palais et à droite une tumeur grande, dure, et à base d'implantation très large, l'examen digital ne provoque qu’une hémorragie minime. On ne constate pas de tumeur dans l'antre d'HicamorE pouvant expliquer la tuméfaction, d’ailleurs très molle, de la joue droite. |
45 juin. — Après chloroformisation on essaye d’enlever le polype au moyen de l’anse galvano-caustique. À cet effet on introduit par la narine droite une sonde élastique, dont : on fait
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sortir le bout par la bouche pour engager par chaque œil de la sonde un bout du fil de platine, après quoi on retire la sonde et l’on essaye de saisir la base de la tumeur avec l’anse. Malgré plusieurs essais, cette manœuvre échoue, et comme on ne parvient à arracher le polype au moyen de pinces, on se décide à faire lincision transversale du voile du palais à l’aide du thermo-cautère de PAQUELIN, le malade ayant la tête pendante, opération qui est terminée sans la moindre hémorragie. Maintenant M. Bæœckez, ayant introduit l’index gauche par la fente du voile, et la cuiller tranchante par la narine droite, rugine la base d'implantation du polype. Pendant ce temps le sang coule à flots, malgré cela on ne cesse qu’après avoir enlevé et extrait la tumeur aussi complètement que possible. Tamponnement de l’implantation par l’incision avec des bourdonnets imbibés de solution de chlorure de zinc et tamponnement de la narine droite avec un bourdonnet simple. À la fin de l'opération, pendant laquelle le malade n’a été que très peu chloroformé, celui-ci est très pâle, sans que pour cela son pouls soit trop faible. Le changement dans la figure est d'autant plus frappant que lors de son entrée le malade avait les joues très rouges et une mine exubérante. On couche le malade dans une position presque horizontale. Léger suintement sanguinolent jusqu’au soir
sans trop de douleurs. Vessie de glace sur la tête. — Température du soir: 37°,1.
16 juin. — Température: matin 38°,4, soir 380,1. Comme
le suintement continue encore, on laisse les tampons en place. À l'intérieur glace, lait et bouillon froids. L'examen histologique de la tumeur montre que c'était un polype fibreux.
17 juin. — Température: matin 38,3, soir 380,7.
Enlèvement des tampons imbibés de chlorure de zinc. Hémorragie consécutive assez forte, pour nécessiter la mise en place de bourdonnets trempés dans l’eau de PAGLranr.
18 juin. — Température: matin 38,3, soir 380,2.
19 juin. — Température: matin 370,5, soir 38°.
Enlèvement définitif des bourdonnets de charpie et douche nasale deux fois par jour.
20 juin. — Température: matin 37,6, soir 380,6.
21 juin. — Température: matin 37, soir 38e.
22 juin. — Température: matin 37,1, soir 370,6.
ss. CT LEP
23 juin. — Température: matin 37°,9, soir 37,4.
Tous les matins on extrait avec les pinces des morceaux de tissus mortifiés.
24 juin. — Température: matin 37, soir 37°,6. La base d'implantation du polype étant toujours très molle, sans doute à cause d’un reste de tumeur, on se décide à la cautériser énergiquement. M. Bœcxez a fait faire une tige d’acier, munie d’une petite palette de la grandeur d’une pièce de deux francs à peu près, sur laquelle il place un morceau de pâte de CANQuoIN. Ainsi chargée, la palette est introduite à travers l’incision du voile et vient s’appliquer avec la pâte sur l'implantation du polype. L’extrémité de la tige sortant de la bouche est recourbée à angle droit et monte sur le front, où elle est fixée dans un petit écran attaché à une ceinture de cuir. Selon les cas on modifie légèrement la courbure de la tige, pour que le plateau s'applique exactement sur le point malade. Le soir, au bout de 4 ou 5 heures, on retire l'appareil, la cautérisation étant assez énergique pour exfolier la surface de l’os. Douche.
25 juin. — Température: matin 37°,2, soir 38°.
26 juin. — Température: matin 37°,4, soir 37,4.
27 juin. — Température: matin 37°,8, soir 38.
L’escarre produite par la cautérisation s’enlève presque d’une pièce.
28 juin. — Température: matin 37°, soir 370,2.
29 juin. — Température: matin 37°,5, soir 37,4.
30 juin. — Température: matin 37, soir 38°.
Cautérisation comme le 24 juin au moyen de l’appareil. 4% juillet. — Température: matin 38°,1, soir 382,1.
2 juillet. — Température: matin, 37°, soir 379,8.
11 juillet. — Le malade se plaint de douleurs aux amyg-
dales, qui sont extrêmement grandes. On profite de l’occasion de son séjour à l’hôpital pour les lui enlever à l’aide du bistouri boutonné.
44 juillet. — Le malade, qui avait demandé à rentrer, revient à la hâte de la gare à cause d’une hémorragie assez intense qu'il a eue au moment de quitter. Cette hémorragie part du côté droit du pharynx, siège de la tumeur enlevée. Une douche glacée arrête assez vite l’hémorragie. Mais le soir celle-ci s'étant répétée, on tamponne avec 3 bourdonnets trempés