AVANT-PROPOS
On sait quel est le débat qui sépare les chirurgiens sur la méthode de choix dans le traitement des collections pelviennes.
Depuis que la généralisation de la méthode antiseptique, méttant la chirurgie hors de page, a supprimé les entraves opératoires, chaque camp apporte périodiquement ses arguments et ses statistiques : des conversions retentissantes, des opiniâtretés célébres, des éclectismes prévoyants, ont lutté dans de fameux tournois ; et si peu à peu les indications se sont précisées, aucune méthode n’a pu raisonnablement affirmer son exclusivité, et un champ encore vaste reste à conquérir entre les domaines sûrs de chacune.
Il semble qu’en de telles discussions, les affirmations ne peuvent venir que de bouches compétentes, qu’elles doivent être étagées amplement par des faits, illustrées par des exemples, et l’on trouvera peut-être superflu qu’une voix nouvelle, et des moins autorisées, prenne part à la controverse. Cependant les maitres et leurs élèves, blanchis sous leur propre harnois ou celui des autres, doivent savoir qu'ils ne travaillent que pour la science, c’est-à-dire pour le public des savants et des praticiens ; et qu’il est du devoir de chaque chirurgien, appelé demain à l’action opératoire, de savoir d'avance et de déterminer sa conduite.
Quelles seront donc les raisons de décider pour l’un ou pour
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l’autre, puisque chaque doctrine réunit autant d'autorité, autant de bonnes raisons, et de bons exemples ?
De quelle manière agir, quelle doctrine choisir, lorsque l’on entre dans la vie médicale, que l’on n’a pour se faire une opinion personnelle que les lectures et les documents recueillis durant quelques années de scolarité hospitalière ? Il n’est pas raisonnable, s’il est beaucoup plus simple, de choisir au hasard ou de suivre complètement l'autorité d’un maitre quels que soient sa compétence et son talent. Les raisons personnelles, de tempérament et de milieu, qui ont décidé le mañre dans sa conviction, ne sont pas d’avoir philosophique et positif. Faudrat-il nous même nous faire une conviction, tout essayer, et demander au hasard, au temps, aux circonstances, une ligne de conduite ? On sait bien que les conditions de la clientèle, qui est le champ d'expérience du jeune praticien, ne sont pas le moins du monde convenables pour tels essais. Outre qu'il serait agréable d’avoir d’abord sa méthode déterminée, et d’être prêt pour l'éventualité prochaine, on sait qu’il est impossible de pratiquer dans la clientèle la rigueur et la profondeur d'observation qui pourrait remplacer le nombre, la qualité qui pourrait suppléer à là quantité.
Le problème qui se pose est un des plus délicats et des plus complexes de la critique scientifique. En chirurgie les méthodes sont à tels point liées aux hommes, et les hommes aux circonstances et aux milieux, qu'il faudrait faire un départ vigoureux entre les facteurs, une ventilation exacte dans les données d'ensemble, puis confronter les résultats avec son équation personnelle, pour reconnaitre enfin la vérité réelle, c’est-àdire objective, générale, superposable aux faits.
De telles recherches sortent absolument du cadre et des habitudes d’un travail tel que celui-ci. Il sera suffisant de résumer la discussion, de poser les termes objectifs du problème, dans le but de faciliter à chacun sa solution, en nous gardant
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bien d'indiquer même une préférence personnelle. Suivant ce programme, nous présentons ici quelques réflexions et quelques observations inédites à propos de l’incision directe du vagin, qui est, on le sait, l’une des méthodes en présence dans ce débat. E ARTIST | se