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CHAPITRE PREMIER

Historique.

L'historique de l’incision vaginale directe comprend une première période pour ainsi dire héroïque, où les chirurgiens, selon le précepte d'Hippocrate, ouvraient l’abcès là où il proéminait. Comme ils ignoraient l’incision sous-péritonéale abdominale, ils avaient recours à l’incision du vagin, pour évacuer les collections pelviennes.

Mais dans une période plus moderne, les indications et les méthodes se précisent, on cherche les voies les meilleures pour atteindre les collections pelviennes, les traiter chirurgicalement.

H. Bourdon, dans son remarquable mémoire sur les tumeurs

fluctuantes du bassin, travail dont on ne saurait trop louer les pages originales et hardies, avait exposé la pratique de son maître Récamier, et s'était posé en champion décidé de lintervention. [Ilen donnait d'excellentes raisons : la présence du pus en facilite la formation ; la tumeur peut prendre un grand développement, fuser au loin et produire des désordres irréparables ; l’abcès peut s’ouvrir dans le péritoine ; enfin, le plus souvent, le sujet, considérablement affaibli, n’est plus en état de faire les frais de la guérison après l'ouverture artificielle. Bourdon rapporte un grand nombre de collections fluctuantes guéries ainsi par l’incision large.

__ En 1859, Atlee ouvrit, par le cul-de-sac de Douglas, une collection pelvienne bombant dans le vagin. Quelques jours plus tard, il agrandit son incision et détacha des adhérences avec les doigts, aussi haut qu'il put atteindre. Dix jours plus tard, il reconnut qu'il s'agissait d’un kyste dermoïde ; il rompit les adhérences qui le fixait et P’attira dans le vagin.

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En 1869, Robert Battey enlève, par une incision pratiquée dans le cul-de-sac de Douglas, un kyste de l'ovaire gros comme une orange. Plus tard, frappé de la simplicité de lopération, il l’étendit à presque tous les cas et lui donna le nom d’ovariotomie normale.

Gaillard-Thomas (77 aité des maladies des femmes, p. 680), enleva, en 1870, un petit kyste de l’ovaire.

R. Davis, de Wilkesbare, Ma., extirpa, en 1872, un énorme kyste de 9 livres anglaises. Il fut obligé de faire une incision de 10 centimèétres à la paroi vaginale ; le kyste remontait au-dessus de lombilic, et il fut obligé, pour détruire les adhérences, d'introduire la main dans la cavité abdominale jusqu’au dessus de l’ombilic. Sans vouloir recommander une pareille technique, on ne sait qu'admirer du bonheur ou de la hardiesse de l'opérateur.

Pendant ce temps, en Europe, les gynécologistes s’en tenaient en général au traitement médical ; de Sinéty, Siredey et Danlos (Dict. Jaccoud). Cependant Gaillard demande l'intervention dés qu’il y à fluctuation. Coutry, Spencer - Wells, Schrader sont également interventionnistes.

Hegar et Kaltenbach donnent ainsi leur pratique : « Il est indiqué d'ouvrir un épanchement inflammatoire ou kyste, dés que la fièvre devient intense, dès qu’apparaissent des signes d'intoxication septique... Dans tous les autres cas, on ferait mieux d'attendre la résorption ou l’ouverture spontanée au dehors ou dans le rectum. »

« Pour peu qu’on ait des doutes sur la nature, la quantité, le siège exact de l’exsudat, on devra recourir à une ponction avec letrocartexplorateur ; l’instrument sera d’un calibre médiocre. Si la piqûre n’est passuffisante, 1l sera toujours possible de l'agrandir surla sonde cannelée, ouavec un bistouriboutonné à lameétroite.»

Quant aux abcès sous-péritonéaux, on ne les incisera que si la collection purulente est considérable.

ET EINERTS

Emmet veut qu'on ouvre largement toute collection purulente, aussitôt que la fluctuation pourra être découverte ; il ne croit plus d’une saine pratique d'attendre que le pus se soit trouvé une ouverture.

Chassaignac, comme l’a rappelé Terrier, ouvrait et drainait les collections accessibles par le vagin.

Enfin, dans les temps modernes, nous avons vu s'élever le conflit passionné entre les hystérectomistes et les laparotomistes. L’incision vaginale fut mise de côté, du moins réservée pour quelques cas rares, en présence du succès que donnaient les deux autres opérations.

Les travaux de Laroyenne et de ses élèves (1889), ceux de Bouilly, Picqué, Tuflier, Rodigues, Boisleux, tant d’autres dont les noms seront cités à leur place, redonnérent à cette intervention un regain d'actualité.

Tous les chirurgiens qu'effrayent les grandes opérations, à cause de la durée et de la hardiesse nécessaires, ont cherché dans le débridement vaginal qui n’est ni plus conservateur que la laparotomie, ni beaucoup plus facile et moins dangereux que l’hystérectomie, un moyen curatif plus simple et plus naturel.

Nous n’analyserons pas ici, bien que plusieurs déjà relèvent de l’histoire, les travaux modernes. On les trouvera à leur rang, non pas chronologique, mais logique.

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