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LE MONISME

Le monisme, qui n'est que l'adaptation du panthéisme aux sciences naturelles et à la théorie évolutionniste, présente une grande force de séduction :

D'une part, il simplifie la haute philosophie en ramenant tout à une hypothèse unique, ce qui est conforme à l'esprit et à la méthode scientifiques.

D'autre part, il est en concordance évidente avec la synthèse évolutionniste, considérée dans l'ensemble et dans les parties, dans l'univers et dans l'individu.

La philosophie panthéistique s'offre ainsi à nous avec un caractère de probabilité indiscutable.

Nous verrons, dans la suite de ce travail, ce caractère de probabilité s'affirmer davantage encore par les nouvelles conceptions de la psychologie.

Sans sortir du domaine des sciences nalurelles, il est permis d'affirmer que les conceptions mécanistes, déterministes ou finalistes, sujet des séculaires controverses philosophiques, sont facilement conciliables dans la synthèse panthéistique ; tandis qu'elles sont, en dehors d'elle, dépourvues de toute base positive et condamnées à demeurer de vaines et stériles spéculations.

En dehors de la philosophie panthéistique, les conceptions dites scientifiques de l'univers se ramènent à cette formule :

« L'univers évoluant est déterminé par l'adjonction, la •superposition mécanique aux éléments primitifs d'éléments

l'Ui Di: [.'inconscient ai conscient

nouveaux, créant ainsi une construction graduelle de plus en i)Ius complexe et perfectionnée. »

Or, les faits démentent cette hypothèse : Comme le fait rcmanjner Bergson : « Un simple coup d'œil, jeté sur le développement d'mi embryon, montre que la vie procède non par association et addition d'éléments, mais par dissociation et dédoublement. »

Enfin, nous l'avons vu, le plus ne peut sortir du moins que s'il est contenu en puissance dans le moins.

Ouan[ aux conceptions finalistes, elles aboutissent fatalement, si elles ne prennent pas pour base et point de départ la philosophie panthéiste, à ces théories vulgaires et enfantines, qu'il est si facile de ridiculiser, d'après lesquelles tous les éléments de la structure universelle ont été faits l'un pour l'autre. Il suffit, pour ruiner cette conception, de faire remarquer, avec R. Wallace, que toute adaptation a nécessairement l'apparence d'un arrangement intentionnel.

Au contraire, en partant du panthéisme, le mécanisme et le finalisme sont tout autre chose ; parce qu'ils se fondent dans une seule hypothèse métaphysique.

Ils impliquent l'idée que notre conception du temps et de l'espace est chose relative à notre entendement ; qu'en s'élevant au-dessus de ces conceptions relatives, on ne doit \oir ni commencement, ni fin, iii point de départ, ai but, ni arrivée, ni passé, ni présent, ni avenir, mais simplement un tout harmonieux. Il ne faut pas dire : « L'univers a été construit dans un but donné par des moyens donnés >% ni « les moyens ont déterminé nécessairement le but. )'

Ces disliiution^ mécanistes ou finalistes sont vaine>. Elles s'évanouissent dans l'absolu. On arrive ainsi, comme dit Bergson, à « une métaphysique où la totalité du réel est posée en bloc, dans l'éternité et où la durée apparente des choses exprime simplement l'infirmité d'un esprit <[ui ne peut pas connaîtrt> tout à In f-<>is. »

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