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LE MONISME

C'est ce que Laplace avait exprimé dans la phrase célèbre :

(( Une intelligence qui, pour un instant donné, connaîtrait toutes les forces dont la nature est animée et la situation respective des êtres qui la composent ; si, d'ailleurs elle était assez vaste pour soumettre ces données à l'analyse, embrasserait dans la même formule les mouvements des plus grands corps de l'univers et ceux du plus léger atome ; rien ne serait incertain pour elle : et l'avenir,comme le passé, serait présent à ses yeux. »

Qu'objecte à cela M. Bergson ? Qu'on ne saurait faire abstraction du temps. « La durée, dit-il, est ce qu'il y a de plus indiscutable dans notre expérience. Nous percevons la durée comme un courant qu'on ne saurait remonter. Elle est le fond de noire être et nous le sentons bien, la substance même des choses avec lesquelles nous sommes en communication. »

Cette objection est sûrement insuffisante. Si le temps et l'espace ne sont que des illusions relatives à notre entendement limité, il est évident que ces illusions peuvent s'imposer à cet entendement comme une réalité sans cesser pour cela d'être des illusions.

Ce qui semble vrai, c'est que la métaphysique mécaniste ou finaliste n'est ni démontrable ni réiulable ; parce qu'elle se place en dehors et au-dessus de nos procédés de raisonnement et de nos méthodes.-

Elle semble cependant trouver un appui inattendu dans les faits de lucidité dans l'avenir ; faits dont un certain nombre sont aujourd'hui bien établis.

Mais, même en admettant sa possibilité métaphysique abstraite, elle n'apporte rien de concret à ajouter à la doctrine de l'évolution.

La question du mécanisme ou fmalisme transcendant se confond avec la question de l'absolu. Elle est au-dessus de notre intelligence et ne peut être discutée avec fruit.

Nous devons nous contenter d'admettre la nécessité d'un

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principe unique renjermant en lui toutes les potentialités évolutives et d'essayer simplement de comprendre comment se réalisent ces potentialités.

Or, il est bien certain que le panthéisme naturaliste classique, ou monisme, ne permet pas cette compréhension.

Quand Haeckel écrit au sujet de la loi d'évolution : (( Cette loi suprême de la nature étant posée et toutes les autres lois lui étant subordonnées, nous nous sommes convaincus de l'universelle Unité de la nature et de l'éternelle valeur des lois naturelles. De l'obscur problème de la substance est issue la claire loi de substance .. . » il ne fait qu'énoncer une formule très incomplète sinon sans valeur :

La claire loi de substance n'a rien de clair en réalité, sinon dans son affirmation de l'Unité.

Elle est parfaitement obscure en tout ce qui concerne les facteurs essentiels et le sens de l'évolution.

^1) Hamckbt. : Les énigmes de Vunirers.

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