‹ De l'inconscient au conscientChapitre 44 sur 67 · LA PHILOSOPHIE DE LINC'ONSCIENT · texte numérisé non relu

LA PHILOSOPHIE DE LINC'ONSCIENT

taille, celle d'acquérir et de garder la conimissance de soi ?

Combien il est plus logique de supposer cette volonté réelle et éternelle, objectivée dans les personnalités factices et transitoires, gardant le souvenir intégral acquis dans ces obiectiualions et passant ainsi, par les expériences inlinies, de V Inconscient primilil au Conscient.

Certes, la « personnalité » humaine, celle qui s'étend de la naissance à la mort de l'organisme, est destinée à périr, à avoir une fin comme elle a eu un commencement ; mais « l'individualité » réelle, celle qui est l'essentiel de l'être, garde, gravés en elle, tous les états de conscience de la personnalité transitoire et se les assimile.

Quand, conformément au mystère palingénésique dont parle Schopenhauer, elle constitue une autre personnalité vivante, elle apporte à cette personnalité l'acquit antérieur et s'enrichit ensuite elle-même de nouveau, dans et par cette nouvelle objectivation.

C'est ainsi en un mot, que la volonté inconsciente originelle devient peu à peu la volonté consciente.

Chose curieuse : Schelling et Hegel, dont les systèmes avaient précédé ceux de Schopenhauer et de de Hartmann et sont infiniment moins précis, avaient cependant proclamé le passage de l'Inconscient au Conscient et en avaient tiré des conclusions idéalistes et optimistes.

La métaphysique des deux derniers philosophes, plus précise, plus documentée au point de vue scientifique, accuse ainsi un recul regrettable au point de vue idéaliste.

Pour Schelling, l'univers est le produit d'une a activité » essentielle inconsciente. Cette activité devient, en partie du moins, consciente d'elle-même chez l'homme.

Pour Hegel, cette activité essentielle inconsciente est cependant pourvue d'une sorte de raison : la création est rationnelle. Une finalité raisonnable se retrouve dans l'évolution et le progrès qu'elle comporte. Mais la raison

208 DE L"l\t.ONSCll£NT AU CONSClliNT

devient gradueilemcnl €onscienle. L'évolution n'est en somme que le moyen qu'emploie la raison universelle et créatrice pour arriver à prendre conscience d'elle-même.

Il n'y a pas d'objection positive à faire à cette conception. Mais cela ne suffit pas. Il importe de iélablir sur des laits.

Les lacmies, les erreurs et les contradictions, ainsi que les navrantes conclusions pessimistes, sont appelées à disparaître à la lumière des faits nouveaux.

A la philosophie de l'Inconscient, grandiose et géniale, certes, mais faussée par ces lacunes et ces erreurs, les faits nouveaux et les inductions qu'ils comportent permettent de substituer une philosophie identique comme essence et comme prémisses, mais totalement différente par son développement et par ses conclusions.

Par son développement : parce qu'elle embrasse la totalité des faits tout en restant "strictement rationnelle, en évitant tout dogmatisme et en sachant faire la part de ce qui peut être expliqué et de ce qui échappe encore forcément à nos capacités de savoir et de comprendre.

Par ses conclusions, diamétralement opposées au pessimisme désolant de Schopenhauer, par le seul fait que se trouve comblé l'abîme artificiel creusé par lui entre l'Inconscient et le Conscient.

Page 1